mardi 12 octobre 2010

mercredi 29 septembre 2010

l'Amazone et du Rallye des Iles du Soleil

Le départ vers l'Espagne

https://picasaweb.google.com/edithperron/DEPARTPOURLERIDS#slideshow/
Récit par Denis

 Nos amis viennent nous dire aurevoir

Enfin nous voila partis. Depuis notre retour en France début juin, l’été a été actif : nous avons réalisés le déménagement d’Edith qui habite désormais avec moi au quai des Indes à Lorient, nous avons préparé le bateau pour notre projet de navigation vers le Brésil, et nous avons fait appel à des spécialistes pour réparer les pannes électriques d’Harmonie. Elles ont souvent pollué nos navigations. Les mois de juillet et août n’ont pas ressemblé à des vacances.

Heureusement le festival Inter Celtique de Lorient nous a offert quelques bons moments avec son cabaret littéraire qui programme des musiciens de qualité, notamment le trio de jazz d’Ahmed Guilbay que nous avons écouté souvent tard le soir en buvant des Guinness.

Par ailleurs quelques WE de voile avec des amis aux Îles de Glénan, à Belle Île et sur le Golfe du Morbihan nous ont rappelé la beauté de la Bretagne quand elle daigne offrir son soleil, sa mer étale, ses lumières éclatantes. Mais voici l’automne qui arrive et il est temps de quitter Lorient, son temps maussade, son ciel gris, son crachin pour repartir vers le soleil, vers le sud.



Nous sommes le 27 août 2009 et la fenêtre météo est correcte. Le vent est portant sur le trajet qui sépare Lorient de la Corogne. Nous décidons de larguer les amarres. Le groupe électrogène nous pose encore des soucis mais nous ne pouvons pas attendre indéfiniment que tout fonctionne parfaitement sur le bateau avant de prendre la mer sinon nous ne serons jamais prêts pour le rendez-vous avec le Rallye des îles du soleil début octobre à Madère.



Après des au revoir émouvants avec la famille d’Edith et nos amis que nous quittons sur le quai du port de Lorient centre, Harmonie descend la rade pour faire une première escale rapide à Kernevel, le temps de faire le plein de gasoil et de nettoyer le pont avant d’affronter la haute mer. En début d’après midi nous passons les Pierres noires pour faire cap vers Groix que nous laissons à tribord.
Les premières heures de navigation sont tranquilles. Nous ne naviguons pas sur la route directe de La Corogne car le vent de sud ouest nous fait dévier vers Belle Ile mais je sais qu’il va passer au nord ouest et nous emmener rapidement vers l’Espagne.


En fin de journée le vent de nord ouest s’établit comme prévu et nous progressons à plus de 6 nœuds au vent de travers vers le cap Finisterre. La houle d’ouest est bien entendu présente et malmène nos corps qui ne sont pas encore amarinés. Nous ne sommes bien que dans nos couchettes pendant qu’Harmonie nous emmène en toute tranquillité sous pilote automatique en surveillant notre sécurité avec ses systèmes d’alarme anticollision : radar et AIS.



Les bulletins météo qui tombent sur le Navtex confirment les prévisions du départ : vent poussant tout le long du trajet avec renforcement à l’arrivée des côtes espagnoles. Le premier jour de navigation se déroule sereinement. La première nuit aussi jusqu’à l’arrivée d’un chalutier qui vient me casser les pieds au milieu de l’Atlantique. Quand j’en rencontre un en mer il est rare que le croisement se passe normalement. Le pécheur s’arrange toujours pour me créer des difficultés. Celui-ci change soudainement de cap pour venir sur moi. Je suis obligé de réenclencher le moteur et de virer de bord pour l’éviter. D’accord il est en pêche mais ce n’est pas une raison pour ne pas respecter les règles de sécurité en mer. La mer n’appartient pas exclusivement aux pécheurs. D’ailleurs, compte tenu de la façon dont ils l’exploitent on peut dire que leur métier n’a plus rien à voir avec le noble métier de pécheur du passé. Rien à voir avec la vie difficile, au siècle passé, des Terre Neuvas de Fécamp ou Paimpol montrés par le film « Entre Terre et mer » Ils partaient 6 mois sur des goélettes pour pécher la morue à la ligne sur les grands bancs à bord de Doris. Aujourd’hui les pécheurs raclent tout ce qui traîne. Les poissons nobles sont consommés et les autres finissent en farine pour nourrir les poissons d’élevage.

Voila c’était mon billet d’humeur. Et tant que j’y suis, si des éleveurs bretons de cochons me lisent, qu’ils sachent que je les mets dans le même sac que les pécheurs avec leurs nitrates qui polluent nos plages. On vit dans le siècle de l'écologie non mais!!! Encore que les verts sont bien énervants!!! Bon j'arrête.


La deuxième journée de mer sous deux ris et trinquette se déroule à toute vitesse. Pas encore vraiment amarinés nous passons la plupart du temps dans les deux couchettes antiroulis établies dans le carré. Elles permettent d’accéder rapidement aux commandes du bateau. Nous n’utilisons le grand lit de la cabine avant qu’aux escales.


Le renforcement des vents sur l’Espagne se confirme, tous les bulletins indiquent du vent de nord-est force 9 sur le cap Finisterre. Cela veut dire des vagues pouvant dépasser 10 mètres et des lames déferlantes grosses à énormes. Je n’ai pas du tout envie de nous mettre dans une telle galère. Un moment je songe à obliquer ma route vers les rias qui se trouvent à l’Est du cap Ortegal, mais un dernier bulletin de Météo France qui prévoit des vents plus raisonnables de 5 à 7 Beaufort tombe sur le Navtex. Je décide de continuer sur la route directe.


Le renforcement du vent arrive comme prévu à l’approche du cap Ortegal. Il atteint force 7. J’enroule la trinquette et reste sous grand voile à 2 ris, allure portante. Les vagues autour de nous sont impressionnantes. La mer bouillonne. Nous filons à 8 nœuds jusqu’au cap Prior situé à 25 milles plus au sud. Harmonie se comporte parfaitement. Nous nous sentons en sécurité au milieu du bordel ambiant. La mer se calme ensuite, protégée du vent par la côte. Nous larguons un ris et déroulons la trinquette. Edith est remarquable dans les manœuvres. Elle est de plus en plus autonome et n’hésite pas devant les gestes à faire. Elle prend les ris toute seule pendant que je barre.

Il ne reste que quelques milles avant d’arriver à La Corogne. Nous y sommes avant la tombée du jour. Un petit apéro, un petit repas, une petite douche, une grande nuit nous requinquent. Les 324 milles parcourus depuis Lorient ont été avalés en 55 heures à la vitesse moyenne de 5,89 nœuds. Tous comptes faits ce n’est pas une moyenne extraordinaire, la vitesse affichée au loch tout au long du trajet avoisinait plutôt les 7 ou 8 nœuds. La différence vient des zigs zags et de la route qui n pas toujours suivie en ligne droite. Les milles en trop ne sont pas enregistrés par le GPS. Je suis un peu déçu mais content du comportement d’Harmonie et aussi de mon équipière bien sûr.


Après deux jours de repos à La Corogne nous reprenons notre chemin vers le sud pour mouiller au cap Finisterre puis à Baiona la Real.


En chemin nous rencontrons un sous marin en panne au cap Finisterre.

Je me lance dans l'apprentissage du diatonique en suivant les conseils de ma copine Annaïg



Récit par Denis:

Jeudi 3 septembre 2009

Après 2 jours d’escale nous quittons Baiona en direction du sud. Le vent est nul et nous longeons les côtes au moteur en roulant beaucoup avec la houle de nord ouest qui ne s’assagit pas. Nous ne tardons pas à passer devant l’embouchure du Rio Minho. Ce fleuve sépare l’Espagne du Portugal.

Quelques milles plus loin c’est la jolie ville de Viana do Castelo que nous laissons à bâbord. Cette fois nous n’y faisons pas escale. Notre destination est le grand port de commerce de Lexoes qui ne présente aucun intérêt sauf celui d’être proche de la ville de Porto.

En route, Edith poursuit ses leçons d’accordéon. Je compose des paroles sur les musiques qu’elle joue. L’humeur est joyeuse. Nous chantons sans crainte de laisser échapper les fausses notes.

Nous atteignons Lexoes au bout de huit heures de mer. J’y suis venu en 2001 et rien n’a changé depuis, ni l’environnement industriel, ni les vieux bâtiments de la marina.

J’ai hâte de revoir Porto. Lors de mon précédent passage la ville était éventrée pour cause de construction de son métro. Aujourd’hui le métro est opérationnel, modern e, pratique. Nous l’empruntons pour rejoindre le centre de Porto depuis Lexoes. Nous visitons d’abord la rive droite et ses multiples bâtiments religieux : églises, couvents, palais épiscopal, etc.

Nous déjeunons ensuite au bord du Douro avant de passer sur la rive gauche pour visiter une des grandes caves de vin de Porto. Nous choisissons la Maison Sandeman et entrons dans ses galeries remplies de chais et de tonneaux empilés. Nous apprenons que le Porto est un vin naturel dont le processus de fermentation est volontairement interrompu pour lui ajouter de l’alcool ce qui explique son titrage élevé. Sandeman commercialise un Porto blanc issu de raisins blancs et des Portos rouges issus de raisins rouges. Parmi ceux là le Porto Rubis est vieilli lentement dans des fûts de plusieurs milliers de litres et le Porto Tawny est vieilli plus rapidement dans des fûts de 150 litres où l’oxydation se fait plus facilement. Ces produits sont le résultat d’assemblages de vins de différentes années qui donnent au produit final toujours la même saveur.

Les années où la récolte est exceptionnelle en qualité, le vin est vieilli en bouteille. Ces bouteilles qui se gardent plusieurs décennies sont millésimées. Ce sont les Vintage. Voila, je note tout cela pour m’en rappeler, du coup vous avez profité de la leçon !


Notre visite des caves Sandeman se termine par une dégustation de différents Porto à bonne température. Un délice !


Ah oui, j’oublie de noter une chose : le logo de Sandeman ne représente pas Zorro mais l’Espagne et le Portugal : le chapeau à larges bords des gentilshommes espagnols fait référence aux vins de Xérès et la cape noire des étudiants portugais rappelle l’origine du Porto. Sandeman, le créateur de la marque, était négociant écossais et commercialisait les vins de ces deux pays.


Samedi 5 septembre 2009

Nous reprenons la route de Nazaré vers 10h du matin. Un petit vent faible nous entraîne vers le sud. La côte est infestée de bouée de pécheurs que nous ne découvrons qu’à la dernière minute et je bloque ma quille à deux reprises dans ces engins. J’arrive à me dégager en faisant des marches en arrière au moteur. Je suis obligé de naviguer plus au large au-delà de la ligne des 100m de profondeur pour espérer en rencontrer moins. Ah, les foutus pécheurs !

Edith poursuit ses leçons d’accordéon. La navigation est rythmée par les valses, les Polkas. Nous avons des auditeurs inattendus, des dauphins qui accompagnent Harmonie un long moment. Ce sont les premiers dauphins aperçus depuis notre départ de Lorient.


L’entrée dans Nazaré de nuit, vers 4h du matin, se fait aisément. Sitôt arrimés à couple d’un bateau français nous sombrons dans le sommeil, mais tôt le matin, le célèbre Captain Mike Hadley, Harbourmaster de Nazaré dont j’ai fait le portrait dans un récit précédent vient nous réveiller pour accomplir les formalités administratives. La nuit a été courte.

Récit d'Edith


Le soir tombe sur la mer, je veux profiter de ce spectacle. A tribord le soleil a disparu en laissant son rayonnement embraser l’horizon tout entier de ses couleurs magnifiques orange, rouge et rose. A bâbord la lune toute ronde monte lentement et me regarde en souriant.

Je prend mon accordéon et je joue notre valse. Aussitôt les premières notes émises, une famille de dauphins frôle l’étrave du bateau et danse au rythme de cette musique. Le bonheur m’envahit, c’est l’harmonie parfaite, un don du ciel.


J’arrête un moment, les dauphins disparaissent, je joue à nouveau et les voilà qui reviennent, je n’en crois pas mes yeux. Ce petit manège dure un long moment, mon cœur est rempli de joie.


Nous arrivons à 3h30 au port de Nazaré après une nuit blanche, ma première entrée dans un port de nuit. Il y a beaucoup de première fois pour une novice comme moi. Nous nous mettons à couple d'un bateau français le Tengivag, le capitaine que nous avons réveillé, vient nous donner un coup de main très gentiment pour nous amarrer.


Nous faisons plus ample connaissance avec cette famille le lendemain matin. Bruno, Sylvie et leurs deux filles,Emma et Lucille à notre grande surprise, participent comme nous au RIDS .Voilà, le grand voyage commence enfin à se concrétiser !

Lundi 7 septembre 2009

Nous ne pouvons pas passer par Nazaré sans visiter les monastères de la région. Selon les conseils de Bruno, nous décidons de nous rendre à Alcobaça puis à Batalha.

Le bus est le moyen de transport le plus facile, les lignes sont régulières, nous commençons donc notre journée à 10h30.

Le bus nous conduit au centre d’Alcobaça et nous nous rendons directement au Monastère de Santa Maria.


Je vais vous conter leur histoire:

Inès, dame d’honneur de Constance de Castille épouse de Pierre 1 , devient la maitresse de ce dernier mais le roi Alphonse IV , père de Pierre, l’exile pour l’éloigner de son fils.

A la mort de Constance, Inès rejoint son amour. Alphonse qui ne supporte pas cette liaison fait assassiner Inès. Pierre fait alors la guerre à son père et lorsqu'il lui succède, il révèle avoir épouser Inès en secret et fait exhumer son corps.

Il vêt Inès d’un manteau pourpre et d’une couronne et contraint les nobles du royaume à baiser la main décomposée de la « reine morte »

Montherlant en fera une pièce de théâtre : La Reine morte.

La visite continue par le monastère grandiose. Denis n’est pas enchanté, il me dit qu’il prèfère nettement celui de Batalha. Moi je suis éblouie par cette architecture et par la sobriété des lieux.

Après cette visite nous reprenons un bus qui nous conduit à Batalha ou Denis m’emmène dans un restaurant de sa connaissance avec vue sur ce magnifique monastère. Un vrai régal !! La vue et le repas!
Ce monastère est un vrai chef-d’œuvre de l’art gothique et de l’art manuélin. Il est également inscrit au patrimoine de l’Unesco.

Je suis ébahie par la finesse des sculptures. On dirait de la dentelle ! Les tailleurs de pierre ont fait un travail admirable, on s’imagine le temps qu’ ils ont du passer pour créer ces joyaux.

Malheureusement, il est inachevé. La construction des chapelles a été interrompu au profit du monastère des Hiéronymites ( Mosteiro dos Jeronimos) de Lisbonne.

Nous rentrons sur Nazaré avec, encore une fois, plein d’images dans la tête, en nous arrêtant boire une bière chez Luis, le patron du seul petit bar -épicerie de cette marina isolée.
 
Nazaré à Porto Santo

Récit par Edith

Que faisons nous ? Allons nous comme Bruno et Sylvie vers le sud du Portugal, Cascais, ou partons nous directement sur Madère ?

Nous sommes indécis mais la fenêtre météo est bonne pour une traversée et nous ne savons pas quand une telle opportunité se représentera.

A l’unanimité nous partons !Hihi !

Mercredi 8 septembre 2009:


11h45 nous mettons les voiles pour joindre Porto Santo, île voisine de Madère où nous espérons trouver le soleil et surtout pouvoir profiter de son immense plage de sable blanc.

Le vent commence par nous faire défaut, ce n’était pas ce qui était annoncé sur le site météo Ugrib.

Denis en profite pour mettre notre mitraillette à l’eau au cas ou ces messieurs les poissons auraient la bonne idée de venir y mordre mais les casiers des pêchous sont encore nombreux et malheureusement notre ligne accroche une bouée et ne lui résiste pas.

La houle est de plus en plus forte, nous sommes secoués et ballottés dans tous les sens, le vent forcit et nous volons sur les vagues. Nous sommes obligés de prendre un ris et de tangonner le solent pour stabiliser le bateau


Je passe mon temps entre l’accordéon et la lecture lorsque les conditions météo me le permettent.

Le deuxième jour, le vent passe de nord à nord-est, Il est maintenant complètement arrière pile dans l’axe du bateau. Nous sommes sur le qui-vive ! La voile claque et la bôme empanne parfois, la casse est prévisible et elle arrive.

Les vagues de 3m nous détournent parfois du cap et en faisant une manœuvre pour nous remettre dans la bonne direction, l'empannage se déroule un peu trop rapidement, la bôme passe d’un bord à l’autre sans être suffisamment freinée et c’est la casse ! En passant l’écoute de bôme arrache le support du pilote automatique. Dans notre déveine nous avons la chance que la connectique ait tenu le coup, le pilote fonctionne toujours.

La liste des choses à revoir à l’escale s’allonge. Nous constatons en cours de route que de l’eau douce circule dans les fonds. Nous avons trop remplis les réservoirs avant de partir et avec la gîte ils fuient par la bouche de vidange qui n'est pas assez étanche ou pas assez serrée.


Par ailleurs le groupe électrogène qui fournit le 220v est capricieux au niveau du démarrage.

Nous avons aussi une déperdition électrique intermittente sur le circuit 12v et donc un risque d’électrolyse avec la coque ce qui est gênant pour un bateau en aluminium comme le nôtre. Mais bon, nous ne nous laissons pas démoraliser par ces petits soucis techniques.


C’est l’anniversaire de mon fils, je suis toute émue, il fête ses 21 ans, Denis l’appelle en mer par iridium, il n’est pas là, tant pis, je l’appellerai ce soir.


Joyeux anniversaire mon Titou d’amour !

Malgré ses ennuis, Harmonie progresse à toute vitesse vers l’archipel de Madère.


Nous arrivons enfin en vue de Porto Santo, en ayant parcouru 525 milles, après trois jours et demi sur cet océan atlantique agité et houleux qui nous a malmenés depuis notre départ de Lorient. La traversée a été hyper rapide à 6,7 nœuds de moyenne avec des périodes à 9 – 10 nœuds.

Le temps est couvert au moment de notre arrivée mais cela ne dure pas.

Nous faisons rapidement la connaissance de français participants du RIDS et nous retrouvons aussi Georges une vieille connaissance rencontrée à Cascais lors de notre remontée au printemps dernier.

Nous sommes invités sur le « Retour de Galbord » par Annick et Josic. Qu’il est agréable de se retrouver entre personnes ayant les mêmes objectifs autour d’un verre de l’amitié.

Samedi et Dimanche, internet, écritures, accordéon et plage. L’eau est à 25° et nous en profitons un maximum. Denis en bon plongeur m’emmène voir les poissons sur un petit rocher en bordure de plage.

Bien entendu, il faut que je me singularise, une vague un peu plus forte me plaque les fesses sur des coraux et je ressens une vive brulure sur le haut de ma jambe. Certainement des coraux urticants, cela fait un mal de chien mais passe assez rapidement.


Lundi : Nous attendons la réparation du support de pilote, le mécano fait des vas et viens du bateau à son atelier, il n’a pas les outils nécessaires à cette réparation et il est obligé de fabriquer une clé spéciale pour démonter la console.

Vers 18h il nous quitte car c’est l’heure dit-il.

Bon, alors la réparation sera pour demain.

J’ai profité d’être tout l’après-midi sur le bateau pour me lancer dans la confection du pain, les dernières tentatives n’avaient pas été probantes mais cette fois le résultat est plus que satisfaisant, un vrai régal !

Nous sommes invités à diner par Elisabeth etYves sur leur bateau, un Ovni 365 nommé Alazaro. Ce nom correspond à une couleur, une variété de bleu nous explique le skipper. Nous ne sommes pas les seuls convives, deux autres couples viennent se joindre à nous. Jean-Paul et Françoise ainsi que Jean-Michel et Annette. Ils voyagent sur le même bateau et participent au RIDS. Yves s’est décarcassé aux fourneaux, très bonne soirée entre le repas, les récits de marins et le vin.

Mardi 15 septembre 2009

Récit par Denis :

En passant le long de la jetée de Porto Santo je regarde les centaines dessins et logos peints sur le mur par les marins de passage. Je ne manque pas de rechercher celui laissé en 2002 par mes amis Gaétan de la Goublaye de Nantois et Denis Guilmin disparus en mer cette année. En 2002 ils avaient convoyé Actuel, le bateau de Gaétan, un Sunrise 35, du Havre à La Martinique en passant par Porto Santo et cette année ils le ramenaient en France. Le bateau a été retrouvé vide à proximité des Açores en juin de cette année. Gaétan, Denis, Je pense souvent à vous et je me souviens des moments passés ensemble au club du SNH (Sport Nautique du Havre) et aussi de mes visites en Martinique aux Trois Ilets chez Gaétan et sa femme Sylviane. Tristesse.


Récit d'Edith :


Le mécano a enfin terminé sa réparation, Harmonie reprend son bel aspect.


Nous partons demain alors il est temps de faire un petit tour dans la ville pour faire quelques provisions.

Denis m’invite au resto pour ma fête et nous régalons encore une fois avec ces merveilleuses brochettes, spécialité de Madère.

Mercredi 16 Septembre 2009


Nous reprenons la mer pour Quinta do Lorde, port de rassemblement du RIDS.

La houle nous poursuit, nous ne sommes plus amarinés.

Après 5 heures de navigation nous passons devant la pointe Est de Madère et aussitôt après nous apercevons notre port.

Denis est étonné, la ville a poussé comme un champignon. La dernière fois qu’il est passé ici, en 2007, il n’y avait que quelques bâtiments le long du port, maintenant c’est un gros village avec même une église qui surgit de la falaise.



Cela fait vraiment bizarre ! pas une âme ! Les constructions ne sont pas terminées et pour le moment personne n'habite ici. Le soir on dirait un village fantôme lorsque l’activité du port cesse. Quand tout sera aménagé la marina constituera un ensemble luxueux.

Les marineros sont exceptionnels de gentillesse, quel accueil ! Tout pour nous rendre service, il faut dire qu’ils ont besoin des voileux pour amortir une si grosse installation.


Récit par Edith avec l’apport de Denis pour les cotés techniques.

Dés notre arrivée à la marina, Denis fait appel à un électricien pour réparer les pannes électriques du bateau qui nous pourrissent l’existence et notamment le groupe électrogène qui ne démarre pas à tous les coups.

L’électricien arrive rapidement avec un traducteur qui parle le portugais et l’anglais mais pas le français. Ce n’est pas super pour traduire tous les termes techniques.

A notre grand étonnement le technicien voit immédiatement d’où viennent les pannes. Et oui, il n’y a pas qu’une panne mais un ensemble de causes qui créent des problèmes.

Une cosse desserrée sur la carte électronique du groupe électrogène se traduit par un affichage intermittent des informations sur le panneau de commande.

Une déperdition électrique de 1,5 v sur le coupe circuit d’alimentation du groupe électrogène fait que ce dernier peine à démarrer, d’autant que la batterie qui lui est dédiée n’est pas neuve et que ses câbles d’alimentation sont de section insuffisante.

Denis décide de changer la batterie et les câbles. Pour le coupe circuit la réparation doit être faite sur place, on ne trouve pas ce type d’appareil à Madère et s’il faut en faire venir un du continent, le délai d’acheminement risque d'être très long.

L’électricien qui est aussi un bricoleur de génie dessertit le coupe circuit pour accéder à son mécanisme interne, le répare et le remonte en recréant un système de fermeture de la pièce avec des boulons. Il revient le lendemain après-midi pour tout remettre en état. Le groupe fonctionne enfin normalement.


Denis lui signale également un problème de déperdition de charge de la batterie dédiée au démarrage du moteur Nannidiesel. Ce problème n’est pas résolu depuis la construction du bateau il y a 3 ans. L’électricien constate rapidement qu’un fil non mentionné sur les schémas électriques du bateau relie l’alternateur au parc des batteries de service. C’est lui qui cause le vidage de la batterie moteur dans les batteries de servitude. Il suffit de le déconnecter pour que le circuit entre les 3 parcs de batteries redeviennent indépendant.

Toutes les angoissent s’envolent d’un coup, nous pourrons être autonomes en énergie sur le RIDS, ce qui n’est pas rien.

Vendredi 18 septembre 2009
https://picasaweb.google.com/edithperron/SURMADEREAVANTLEDEPARTDURIDS#slideshow/
La Marina met gentiment une navette et un chauffeur à disposition des voiliers de passage.

Nous en profitons pour faire nos courses dans la ville voisine de Machico. La navette nous dépose devant le supermarché de Machico et nous attend jusqu’à ce que nos courses soient terminées. Jamais vu cela !!

Tout le personnel de cette marina est exceptionnel de gentillesse et de disponibilité, est-ce que cela sera toujours pareil lorsque le complexe touristique sera entièrement achevé ?

Nous décidons de faire une promenade en fin d’après-midi vers la pointe est de l’île. Nous croisons Patrick qui est au mouillage à Machico. Il nous emmène avec sa voiture de location vers un Mirador d’où le panorama sur tout le coté Est de l’île est superbe. Quelle vue !! Nous y retrouvons Janic et Josic qui nous proposent de nous conduire à leur tour jusqu’au point de départ du chemin de randonnée qui mène à la pointe de Sâo Lourenço.

Nous faisons cette longue ballade jusqu’à la tombée de la nuit, en escaladant des rochers volcaniques aux tons ocre, rouge et noir. Elle est éprouvante pour nos articulations déshabituées d’exercice.

Les sensations reviennent, les falaises nous donnent le vertige mais le simple bonheur d’être là vaut tous les maux du corps.

Samedi 19 septembre 2009

Nous prenons le bus en milieu de matinée pour nous rendre à Funchal. Il nous fait passer par les routes de corniche de la côte sud. La vue est belle et le bus roulant à toute allure, la trouille est garantie. Nous retrouvons Funchal et ses fleurs.

Nous assistons à l'arrivée de la Mini-Transat La Rochelle - Funchal - Bahia. C'est Bertrand Delesne (754) qui gagne l'étape apès 5 jours de mer en solitaire. La foule n'est pas nombreuse à l'arrivée.


Le second Francisco Lobato (607) arrive quelques heures après Bertrand Delesne. Il court en bateau de série : pas de quille pendulaire, ni de ballasts ni de mât carbone. Il s'est maintenu pendant toute la course à la hauteur des prototypes. C'est un bel exploit.


Nous reprenons notre bus pour nous rendre à Caniçal où se déroule la fête de Notre-Dame de la Miséricorde protectrice des pêcheurs (Nossa Senhora da Piedade) Nous participons à la kermesse mais arrivons trop tard pour admirer les bateaux colorés qui naviguent en procession vers la petite chapelle de la Nossa Senhora da Piedade, située sur une colline appelée Monte Gordo, près de Ponta de São Lorenço ou se trouve notre marina.

Cette procession de la statue de Notre-Dame de la Miséricorde a lieu le samedi. Les bateaux partent du port de Caniçal jusqu’au port de Quinta do Lorde et les participants continuent la procession à pied jusqu’à la chapelle. Le jour suivant, le dimanche, une autre procession a lieu, durant laquelle Notre-Dame de la Miséricorde est ramenée à Caniçal en bateau.

Comme dans toutes les fêtes de l’île de Madère, le divertissement est garanti. On déguste les espetadas (viande à la broche - on fait cuire soi même les grandes brochettes sur des barbecues) et le bolo do caco (pain pétri à la main sur place et cuit sur des plaques chauffées au feu de bois puis fourré de beurre et d'ail).

Après le repas sur la plage nous admirons le spectacle de chants et de danses folkloriques offert par des groupes locaux.

Nous visitons aussi le cimetière de Caniçal. Toutes les tombes montrent des photos réalistes du défunt. Etonnant.


Mercredi 23 septembre 2009


A côté d'Harmonie, un pêcheur part tous les matins en mer. Hier je lui ai demandé s'il était possible de lui acheter du poisson. Il m'a répondu "amanha"

J'ai pensé que cela voulait peut être dire demain.

A ma grande joie ce matin il me pose 4 magnifiques poissons sur le pont du bateau. Wouahhh! J'en rêvais! Impossible de le payer, gratis!

Quelle gentillesse ces portugais.Nous allons faire un festin de roi, j'invite donc pour le soir Yves, Elisabeth, Janic et Josic. Il y aura du poisson pour tout le monde.


Nous louons une voiture car l'appel des levadas est trop fort. Denis nous conduit vers la levada Portela qu'il ne connait pas.


Nous reprenons nos habitudes, pique-nique obligatoire.


La levada mesure 11kms de long, de Portela jusqu'à Ribeiro Frio.


Le début est difficile, sur un itinéraire trés pentu, je commence à me demander si je vais pouvoir y arriver en sachant tout le chemin qu'il nous reste à parcourir.


Cette levada est donnée pour un temps de 5h, aussi nous ne trainons pas en chemin.

Je suis toujours éblouie par la nature luxuriante.

Les passages sont parfois très glissants et escarpés, la levada est située sur la côte nord de l'île et nous n'appercevons pas le soleil. Dommage! Cela aurait été plus plaisant.


Denis est dégouté de voir que même en pleine montagne les algues vertes polluent les retenues d'eau crées par les cascades. Nous nous demandons si les nitrates en sont la cause comme en Bretagne!


Après 3h30 de marche nous arrivons à Ribeiro Frio, ce qui est satisfaisant pour une remise en forme.

Il est déjà tard et nos corps sont fatigués aussi nous faisons appel à un taxi pour nous reconduire vers notre voiture laissée à Portela.

A notre retour sur Harmonie nous invitons également Didier et Marie-Pascale à dîner. Ils n'aviguent sur un Atlantis 43. Yves se propose de découper les filets de nos poissons et nous fait même une petite sauce d'accompagnement à base de maracuja, un vrai régal.

Nous sommes un peu serré dans notre carré avec tout ce monde, mais la soirée est très joyeuse.


Jeudi 24 septembre 2009

Le gentil pêcheur nous apporte à nouveaux ses poissons. Aujourd'hui des Sars.

Et les invitations sur les bateaux amis se pousuivent.

Récit par Denis

Samedi 26 septembre 2009

Il y a deux levadas magnifiques que je n’ai jamais parcourues en entier : la Janela qui part de Porto Moniz et la Norte qui chemine dans les vallées montagneuses du centre de Madère depuis Encumeada. A chaque fois j’ai été empêché d’aller au bout de ces levadas à cause du manque de temps ou à cause d’accompagnatrices sympathiques mais claustrophobes qui ne voulaient pas traverser les tunnels. Je n’ai jamais compris si elles avaient vraiment peur du noir ou si elles craignaient de tremper leurs souliers dans la boue.

Aujourd’hui avec Edith nous sommes décidés à faire le Norte en entier. Je loue une voiture le vendredi soir pour pouvoir l’utiliser rapidement dès le samedi matin.

Nous arrivons à Encumeada à 11h et partons aussitôt sur la Norte avec le sac sur les épaules et le bâton à la main. Nos bâtons que nous trimballons sur le bateau depuis des mois nous accompagnent dans toutes les randonnées et rythment notre marche.

Nous avançons d’un bon pas sur la première partie de la levada qui est large, facile et magnifique. La végétation à cette époque de l’année est encore luxuriante, la plupart des agapanthes ont perdu leurs fleurs bleues ou blanches mais elles ont toujours leurs feuilles vertes et leurs tiges qui supportent maintenant des rameaux de graines. Les fuchsias et les hortensias apportent aussi au chemin de belles couleurs rouges et mauves. Toutes ces fleurs bordent la levada sur des kilomètres. Nous tombons aussi en admiration devant de grosses plantes grasses qui arrivent à pousser sur la roche verticale.

La levada devient rapidement plus étroite et vertigineuse. Nous marchons sur la margelle d’un pas plus ou moins assuré selon la profondeur des précipices qui la bordent et selon l’existence ou pas de barrières de sécurité. Il faut dire que ces barrières sont souvent emportées par des rochers qui dévalent la pente quand il pleut. Elles ne sont pas toujours remises en place immédiatement. Les passages deviennent alors dangereux particulièrement pour quelqu’un sujet au vertige comme moi.


Au milieu de la levada il faut traverser un grand tunnel de plusieurs kilomètres. Le travail pour le construire en haute montagne, sans route d’accès, a constitué un exploit. La traversée se fait en une demi heure. Le puissant projecteur du bateau qui fait partie de notre équipement de randonnée est d’une aide indispensable. La première partie du tunnel est boueuse puis le sol devient plus ferme et notre marche dans l'obscurité reprend sa vitesse de croisière. Nous chantons en choeur "Jean François de Nantes" pour avancer en rythme.

Nous débouchons dans une vallée magnifique où nous pique niquons à la française : entrée de poissons (une boîte de saumon) plat de viande (rondelles de chorizo) chips en accompagnement, camembert, vin rouge et café en bouteille thermos. Les randonneurs que nous rencontrons se contentent souvent d’un repas plus frugal. Celui de personnes croisées aujourd’hui se compose d’une banane et d’une bouteille d’eau. Les plus organisés bénéficient parfois d’une barre de céréales en supplément !

Nous avançons tranquillement dans cette vallée que je ne connaissais pas et qui nous offre des points de vue grandioses. Nous prenons beaucoup de photos mais nos appareils n’arrivent pas à rendre le coté exceptionnel des paysages.

A la fin de la levada, après 3 heures de marche, nous abordons un chemin qui grimpe méchamment pour rejoindre le plateau Campo Grande. Nos jambes et notre souffle sont mis à mal. Il est temps de retourner et de prendre la levada en sens contraire. Une levada ne donne jamais la même vision ni les mêmes impression selon le sens dans le quel on la prend. On n’a pas vraiment l’impression du déjà vu. C’est reparti pour trois heures de marche avant de retrouver la voiture de location.

Nous repassons le tunnel de plusieurs kilomètres de long. Edith apprend que dans un tunnel noir il ne faut pas seulement surveiller le sol pour voir où on met les pieds mais également le plafond qui quelquefois n’a pas la hauteur nécessaire pour laisser passer les grandes personnes. Cela se traduit par une bosse et une chute. « Même pas mal dit-elle en se frottant le crâne »

Après 6 heures de marche nous retrouvons la Clio et rentrons en empruntant les routes en corniches du sud de l’île. Superbe journée.
Le chemin qui rejoint le plateau à la fin de la levada passe aussi sous un tunnel. Il ne pose pas de problème de hauteur mais il grimpe méchamment !

Dimanche 27 septembre 2009

Soirée sympa sur Hydra Blue l'Atlantis 43 de Didier et Marie Pascale.

Mardi 29 septembre 2009


Notre copain Didier dit à propos des levadas : « Quand on rentre complètement épuisé après une journée passée sur une levada, la première question que l’on se pose est : quelle autre levada je fais demain ? » Marcher sur les levadas est une drogue. Avec Edith nous sommes accrocs !

Pour nous la prochaine levada est la Janela. J’ai déjà marché à plusieurs reprises sur la Janela à partir de Porto Moniz mais je n’ai jamais atteint sa source. Cette fois c’est décidé je la fais en entier. Je ne serai satisfait de ce quatrième séjour à Madère que si j'arrive à réaliser cet objectif. C’est une question de temps. La Janela n’est pas difficile, pas trop vertigineuse, mais il faut se lever tôt pour l’entreprendre. Nous louons à nouveau une Clio. Elle est livrée le lundi soir à 19h pour être prête à démarrer dès 8h le lendemain.

Une heure et demi de route sans musarder est suffisant pour arriver à Lamaceiros près de Porto Moniz où la levada Janela débouche dans un grand réservoir avant que son eau ne soit précipitée par un énorme tuyau sur une centrale électrique située quelques centaines de mètres plus bas.

Nous prévoyons 6 à 7 heures de marche pour atteindre sa source et revenir à Lamaceiros par le même chemin.

A 9h30 nous sommes prêts à nous élancer sur la levada lorsque je m’aperçois que j’ai oublié les lampes torches. Sans lampes, impossible de franchir les tunnels et il y en a 9 dont un très long !

Seule solution, retourner à Porto Moniz acheter des lampes. Je trouve 2 lampes dans une boutique à souvenirs dont une qui fonctionne avec une dynamo. On l’actionne tout en marchant. Le faisceau de lumière n’a rien à voir avec celui du projecteur du bateau mais c’est mieux que rien. On redoublera d’attention dans les tunnels.

A 10h10 précises le départ est donné. Le chrono est parti pour sept heures de marche sans rencontrer beaucoup de monde. Paysages superbes et variés, chemin sentant l’eucalyptus. Marcher mécaniquement en pensant à tout et à rien aide à classer les idées dans la tête. C’est un bon exercice physique et mental.

Une déception : la grande cascade qui, après le premier tunnel, tombe spectaculairement par-dessus la levada est aujourd’hui un simple filet d’eau ruisselant sur la falaise. La baraque en tôle qui protège les passants des trombes d’eau semble tout à fait insolite présentement.

Au bout de deux heures de marche la fin et la soif se font sentir. Une vingtaine de minutes suffisent pour déjeuner et reprendre des forces. Nos miettes nourrissent quelques lézards et roitelets qui perdent toute prudence pour les atteindre jusque dans nos mains.

En arrivant après plus de trois heures de marche près du petit barrage qui guide le ruisseau de la vallée vers la levada je ne manque pas de dire à Edith : « On y est. Nous l’avons fait »

Peu de promeneurs viennent jusque là au bout de cette vallée boisée, impénétrable, loin de toutes les habitations.

Il reste maintenant à rebrousser chemin. Trois nouvelles heures de marche. La fatigue se fait sentir. Les articulations font mal, les genoux disent : « y’en a marre », les pas sont moins bien assurés qu’à l’aller, les tunnels semblent plus longs mais nous sommes heureux d’avoir atteint le barrage et parcouru la Janela dans sa totalité. Nous retrouvons la voiture à 17h45. Le décompte est vite fait : 30 kms en 7 heures de marche.

La Clio nous emmène à Porto Moniz. Mes jambes sont ankylosées et c’est en boitant que je me traîne jusqu’à un des bistrots qui borde les piscines naturelles pour boire la bière fraîche sur laquelle j’ai fantasmé une bonne partie du chemin.

Je rêve aussi de frictions au Synthol. Nous retrouvons Quinta do Lorde et Harmonie après deux heures de route en longeant les falaises de la côte nord qui sont superbes sous la lumière du soleil couchant. Mon rêve de Porto Moniz se réalise. J’ai droit à une bonne friction et Edith à un massage. Ah, les petits bonheurs de la vie !

Samedi 4 octobre 2009
Départ de la deuxième étape de la Mini Transat : Funchal - Salvador de Bahia. C'est une grande traversée pour ces bateaux de 6,50 m.

Les adieux sont émouvants entre les skippers et leurs proches avant qu'ils ne s'élancent pour 3 semaines environ de régate en solitaire.

Dimanche 4 au vendredi 9 octobre 2009

Repas improvisé sur Harmonie, 10 personnes à bord:  Annette, Claude, Jean-Mi, Nanou, Olivier, Jean-Paul, Françoise, Alain et Denis.

Nous avons loué une voiture pour une semaine car Tom, le fils de Denis va passer la semaine avec nous.

C'est avec Annette, Françoise, Jean-Mi, JP, Claude, Olivier et Alain que nous partons faire cette belle balade que sont les levadas Risco et 25 Fontes.
Lundi 12 Octobre 2009

Je me laisse convaincre par la majorité, pour une randonnée sur les Picos Ariero et Ruivo. Nous l'avions déjà faite en Février dans des conditions difficile. Les sentiers étaient recouverts de neige, et je gardais de cette ascension des souvenirs de grande fatigue.

Je ne regrette pas d'avoir suivi, les paysages sont encore plus beaux que dans mon souvenir.

Nous sommes au dessus des nuages à plus de 1800 mètres.

Après une si rude journée, Tom nous invite au restaurant de la Marina.

Madère Tenerife Maroc (Dakhla)
Récit par Denis


Le départ du rallye des Îles du Soleil est donné lundi 17 octobre devant la marina Quinta do Lorde de Madère. Il se déroule presque comme un départ de régate bien que les 35 bateaux restent très prudents pour passer la ligne devant le bateau comité qui n’a pas à faire de rappels. Pas de bousculades ni d’embouteillages sur la ligne!

Le rallye n’est pas une course même si on se prend vite au jeu qui consiste à faire marcher nos bateaux du mieux possible pour doubler les autres participants.

Nous franchissons la ligne en troisième position. Une bouée est à virer deux milles plus loin devant le port de Machico. La flotte s’élance ensuite vers les Canaries sous spinnaker à l’exception de quelques bateaux qui restent sous génois et sont sont vite distancés. Les bulles multicolores font un joli effet sous le soleil resplendissant.

Au fil des heures l’armada s’étire en fonction du potentiel de vitesse des bateaux et du caractère compétiteur ou non des skippers. Harmonie se situe très vite dans le groupe de tête devant des bateaux plus gros que lui.

Le vent est de nord est force 3 à 4. Notre spi est porté jour et nuit tout le long du trajet. Il est aussi la cause d’une grosse suée en milieu de deuxième nuit. Alors que nous dormons il se dévente et s’enroule autour de la trinquette. Réveil en sursaut. Marche à tâtons jusque la plage avant. Impossible de le dénouer. Nous passons une bonne heure pour l’affaler et le remettre dans sa chaussette avant de pouvoir le renvoyer.

Naviguer en flotte est un grand plaisir. Nous passons du temps à scruter l’horizon pour identifier les bateaux autour de nous et communiquer par VHF.

Le parcours est effectué en 45 heures à la vitesse de 6,22 nœuds.

A l’arrivée nous faisons partie des rares bateaux qui ont réalisé tout le trajet à la voile uniquement. Deux voiliers parviennent à Santa Cruz avant nous : un trimaran Dragonfly 12m et un Fabulo 36. Nous avons doublé des bateaux tels que les Bénéteau 50, Allure 44, Ovni 455, Halberg Rassy 45 et 476, Northwind 50 ainsi que tous les bateaux plus petits que nous à l’exception du Fabulo 36.

L’ensemble des bateaux du rallye rejoint la marina Atlantico de Santa Cruz de Tenerife tout au long de la journée. Les équipages déjà arrivés accueillent les suivants dans une ambiance sympathique. Il y a tellement d’histoires de ponton à raconter !


Récit par Edith
Encore une première pour moi ! J’ai hâte de partir.

Ce séjour dans cette magnifique île a été comme la dernière fois très agréable et sportif. Nous avons pu, au cours de ces semaines, consolider des liens avec nos amis de randonnée et j’avoue franchement que je suis ravie de ces rencontres. Il y en aura d’autres, sur le rallye nous sommes 35 bateaux alors laissons le temps au temps !

Je m’aperçois que nous ne sommes jamais tout à fait prêts pour le départ, ce matin du samedi 17 octobre encore moins que d’habitude, rien n’est rangé sur Harmonie, il faut tout faire en catastrophe. Je ne pensais pas que le départ serait aussi vite arrivé.

Les marineros nous accompagnent un à un à la sortie de la marina. Katia, le directrice du port de Quinta do Lorde, nous adresse un dernier au revoir et voilà nous sommes en mer.

Il y a déjà beaucoup de voiliers sur le plan d’eau, les voiles se hissent, les skippers s’activent, l’excitation est là ! Malgré que le rallye ne soit pas une course, chacun se prend au jeu d’une régate.

Le standby avant la bouée ! Le départ est lancé ! Moment d’excitation et de joie intense. Enfin ! Le grand voyage devient réalité.

Les spinnakers se gonflent les uns derrière les autres. Comment exprimer, la magnificence des voiliers parés de cette voile élégante.

Je suis sur un nuage, mes yeux ne savent plus où se tourner, devant ? derrière ? à tribord ? à bâbord ?

Un grand moment pour moi, Denis sourit de mon ébahissement, pour lui qui a fait de la régate pendant de nombreuses années, cela semble normal.

Les bateaux, selon leur vitesse, se dispersent peu à peu au coucher du soleil. Nous perdons de vue quelques amis à la tombée de la nuit, certains ont des problèmes de VHF, d’autres se font distancer et ne sont plus à portée de réception. Par contre nous avons des échanges avec d’autres skippers sans les connaître personnellement.

La mer est belle, pas de houle, pour une fois ! La navigation sous spi est rapide et agréable.

Nous reprenons nos marques après avoir passé un mois à Madère, cette fois pas de mal de mer.

Notre spi nous procure quelques soucis lorsque le vent faiblit, 3 décrochages de l’écoute et un enroulement sur la trinquette en plein milieu de deuxième nuit. Cela réveille ! une heure sur la plage avant du bateau pour démêler et relancer.


A l’aube du deuxième jour nous nous apercevons que nous sommes très bien classés dans la flotte, nous ne pensions pas être en première ligne.

Nicolas est là pour nous accueillir avec les marineros du port de Santo-Cruz de Tenerife, les bateaux prennent leur place au ponton les uns derrière les autres et c’est reparti pour de longues discussions voileuses.

Nous retrouvons avec grand plaisir Makoré puis Retour de Galbord qui sont de passage sur l’île.

Nous passons ces quelques jours sur Tenerife, entre réparations, ballades en ville, repas entre amis, internet au yacht club, et préparation de la traversée vers le Maroc. Le temps passe vite, trop vite, les liens avec nos amis grandissent.

Je prépare la cuisine pour les deux jours de traversée qui nous attendent.

Bien entendu, du pain, obligatoire ! Réussite totale encore une fois ! Pas peu fière l’Edith ! (hihi !) . Quelques bocaux de poulet, et le must du must, mon fromage blanc ! Du velours !

Pour le réussir il lui faut tout simplement de la chaleur, et ici pas besoin d’électricité, juste les rayons du soleil ardents. Cela va nous être très profitable pour les jours à venir.

Samedi 24 octobre 2009

Tout les équipages s’affairent sur les ponts, nous voyons les bateaux sortir du port les uns derrière les autres !

Josic vient nous saluer, c’est vraiment gentil de sa part !

Il nous aide à nous désamarrer et nous voilà reparti pour 290 milles.

Nous ne sortons pas du port les premiers, nos amis sont déjà loin devant. Mais Harmonie est prêt, tel un étalon il gonfle ses voiles et se lance à la poursuite de ses amis.


L’écart se fait de moins en moins grand, nous dépassons déjà Cigale, puis Alazado, puis Dame Oui.

Rapidement nous nous plaçons dans le peloton de tête sans forcer la cadence.

La journée passe vite, le nuit tombe trop rapidement à mon goût. Je me suis acheté des lampes frontales pour pouvoir lire dans la pénombre.
Vers 11h du soir nous recevons un appel d’un skipper indiquant que le bateau de Bruno et Sylvie, Tengivag, venait d’envoyer un appel de détresse.

Quelle frayeur, nous attendons des nouvelles. Tous les équipages à portée de VHF lance des appels pour tenter de les joindre et avoir des infos. Enfin nous avons la réponse de Bruno, juste un malentendu, sa VHF fonctionne mal et un de ses messages a été pris pour un signal de détresse par erreur. Ouf !

Nous avons tout de même du mal à nous rendormir, on imagine tout de suite le pire.

Au matin le vent tombe, Harmonie paresse au soleil et comme dit la chanson : "je passe des heures à regarder la mer !"

Par VHF, je fais la connaissance de Stéphane sur Sagittaire, nos bateaux ne sont pas loin l’un de l’autre. Ces conversations nous rassurent, il est bon d’entendre des voix amies sur cette immensité.

Ensuite nous nous faisons distancer car nous laissons Harmonie aller au rythme du vent pendant que beaucoup de voiliers avancent au moteur. Nous arrivons finalement après une deuxième nuit en mer en visu des côtes Marocaines.

Au petit jour je joue de l’accordéon sur le pont lorsque j’entend un bruit de moteur.

Le brouillard cache l’horizon, mais j’aperçois une barque qui nous colle sur l’arrière.

Avec tout ce que nous avons déjà entendu sur les pirates, mon imagination va bon train. Je réveille Denis, nous paniquons un peu tous les deux. Les machettes sont sorties au cas où !

Fausse alerte, ce ne sont finalement que des pêcheurs venant nous proposer leur récolte.

L’approche de Dakhla ne nous permet pas d’admirer la côte, la visibilité n’est pas terrible. Enfin nous prenons le long chenal d’entrée et nous pouvons mouiller dans la baie de Dakhla devant l’hôtel Bab el Bahr.

Bonjour Maroc, ravie de te revoir !

Récit Denis:

Dakhla : ville marocaine très au sud du Maroc, très musulmane, très militaire, très sécurisée, très préservée du tourisme traditionnel des grandes villes du Maroc comme Fez, Marrakech, Rabat. Nous nous y promenons sans être importunés par tous les guides, vendeurs, organisateurs qui sévissent dans les grandes villes touristiques.

Des problèmes de moteur d'annexe me font apprécier le talent de réparateur des marocains. Ils font des miracles avec peu de moyens. Ce sont des bricoleurs de génie mais cela ne suffit pas pour faire accéder le Maroc dans le cercle des pays développés. Les infrastructures sont insuffisantes, l'organisation économique est archaïque la ville est sale sans recherche d'esthétique, sans recherche du beau auquel on peut accéder sans forcément de moyens mais seulement avec un peu de goût et de bonne volonté. Par exemple l'hôtel qui nous accueille gentiment a installé spécialement pour l'arrivée du rallye une plage privée en faisant venir des camions de sables du désert et a installé une douche. Le sable hélas a été déversé à un endroit où des poubelles, des canettes de bière cassée étaient déversées et ces détritus réapparaissent dangereusement aussitôt sur la plage. La douche qui a été construite prés de cette plage a été réalisée sans aucune connaissance des techniques d'évacuation de l'eau. La pente est inversée. La douche se transforme en pataugeoire dés qu'on l'utilise.

L'accueil de la population est sympathique. Jusqu'à cette année les habitants de la ville n'avaient vu passer que quelques voiliers au large de la péninsule. L'arrivée du rallye pour la première fois à Dakhla avec ses 35 bateaux donne une animation toute particulière. Les commerçants nous accueillent très gentiment et se mettent en quatre pour nous servir. Pour clôturer l'escale l'hôtel nous offre un repas d'adieu qui nous permet de passer une excellente soirée marocaine.

Le Sénégal

Récit Edith avec quelques ajouts de Denis

Vendredi 30 Octobre 2009

Ce moment tant attendu pour moi est enfin arrivé, un de mes rêves, voir l’Afrique noire, le Sénégal. La chanson des Martin Circus de mon adolescence me trotte dans la tête « Je m’éclate au Sénégal »

La première vague de la flotte part sous nos yeux le matin. Harmonie qui est classé dans le groupe des bateaux rapides doit attendre 15h. Le temps parait long, je tourne en rond dans le carré. J’aimerais partir le plus vite possible vers cette Afrique qui m’attire !

Le départ est lancé, encore un moment fort, les voiliers hissent les voiles et nous voilà recommençant le petit jeu de la régate. Tanagra le Northwind 50 reste un long moment à nos côtés, les clics des appareils photos fusent de tous les bords. La joie emplie nos cœurs, je pense qu’il en est de même pour tous les équipages.

Nous voilà partis pour 600 milles, les alizées et le courant marin nous poussent vers le sud à bonne vitesse, Harmonie chante sur les vagues.

C’est le bonheur complet, l’harmonie totale !


Récit Edith avec quelques ajouts de Denis


Vendredi 30 Octobre 2009

Ce moment tant attendu pour moi est enfin arrivé, un de mes rêves, voir l’Afrique noire, le Sénégal. La chanson des Martin Circus de mon adolescence me trotte dans la tête « Je m’éclate au Sénégal »

La première vague de la flotte part sous nos yeux le matin. Harmonie qui est classé dans le groupe des bateaux rapides doit attendre 15h. Le temps parait long, je tourne en rond dans le carré. J’aimerais partir le plus vite possible vers cette Afrique qui m’attire !



Le départ est lancé, encore un moment fort, les voiliers hissent les voiles et nous voilà recommençant le petit jeu de la régate. Tanagra le Northwind 50 reste un long moment à nos côtés, les clics des appareils photos fusent de tous les bords. La joie emplie nos cœurs, je pense qu’il en est de même pour tous les équipages.

Nous voilà partis pour 600 milles, les alizées et le courant marin nous poussent vers le sud à bonne vitesse, Harmonie chante sur les vagues.

C’est le bonheur complet, l’harmonie totale !

La navigation est rythmée par les vacations VHF du matin et du soir. Nous sommes à l’écoute d’Havanita ou de Tog Gwen qui appellent tous les autres bateaux de la flotte. Ils font cela d’une façon très professionnelle. Parfois il leur est difficile de joindre un bateau alors nous prenons le relais VHF, au plus grand plaisir de Denis.

La première partie de la flotte partie de Dakhla avec 5 h d’avance est vite rejointe et dépassée. Les milles défilent à grande vitesse.

La lune est toute ronde et éclaire les flots d’une rassurante lumière blanche. Les quarts de la deuxième partie de nuit sont pour moi des moments privilégiés. La lune me sourit ou parfois me fait des grimaces, les dauphins m’accompagnent dans ma veille.

Comment exprimer tout ce que je ressens dans ces moments là !

Mais parfois, il y a aussi des moments d’angoisse, de nervosité et de grande fatigue après une manœuvre musclée. Le spinnaker nous en fait voir de toutes les couleurs ! Après un coquetier, il tombe à l’eau et chalute ! Horreur, nous avons l’impression qu’il s’est engouffré sous la quille. Impossible de le sortir de l’eau. Je panique un peu, je ne suis pas une habituée de ce genre de problème. Il faut que je rassemble toutes mes forces pour aider Denis. Je pense par moment ne pas pouvoir tenir. Nous sommes en équilibre instable sur le pont pour retenir le spi tombé à la mer. Après deux heures d’effort nous arrivons enfin à le remonter sur le bateau et à le rentrer dans sa chaussette.

Nous sommes épuisés, vidés aussi bien physiquement que nerveusement. J’ai l’impression d’être passée sous un rouleau compresseur.

Nous ne sommes pas prêts de le relancer aujourd’hui. La navigation sous solent retenu par le tangon s’avère aussi efficace.

Nous lançons nos lignes mais les poissons se jouent de nous, ils gobent les leurres et nous rendent nos lignes cassées. Même pas un petit poisson, nous entendons par la VHF, que nos amis ne sont pas plus chanceux, Havanita ferre un requin et Alazado un merlin mais sans pouvoir les remonter à bord ! Brrr euh ! Je n’aimerais pas du tout être face à ces grosses bêtes, c’est quand même un peu dangereux !

Ces moments de navigation rapproche les équipages, l’entraide se fait naturellement. Un bateau se déroute même pour venir en aide à un autre qui n’avait plus de moteur suite à la prise d’un bout dans son hélice.

Comme prévu par les fichiers météo, nous rentrons dans la pétole le lundi. En fin d’après-midi Denis se résigne à mettre le moteur. Toute la flotte est dans la même situation.

Nous commençons à sentir la terre africaine, une odeur particulière, reconnaissable entre mille.

Vers 3h du matin, le mardi, j’aperçois enfin les lumières de Dakar !

L’émotion me submerge, nous y sommes enfin, un pays que ni Denis ni moi ne connaissons !

Le trimaran Flying Kefi et l’Amel 54 Tog Gwen sont déjà au mouillage. Nous faisons notre entrée sur le plan d’eau suivi par Pilouë V et Mina II. Nous sommes très étonnés de notre performance, nous ne pensions pas être dans le peloton de tête.

L’organisation du RIDS, a bien fait les choses, nous avons une autorisation spéciale des autorités pour mouiller dans l’anse Bernard à coté du palais présidentiel et devant l’hôtel Pullman.

Des passeurs sont à notre disposition pour nos conduire en sécurité au ponton de l’hôtel, car le ressac nous empêche d’aborder la plage avec nos annexes. La marine nationale sénégalaise est postée en début de mouillage pour surveiller le plan d’eau et l’hôtel nous accueille autour de sa piscine et de son bar restaurant avec tout le confort. Un petit paradis après ces quatre nuits de navigation. Nous arrivons même à capter internet sur nos bateaux, le grand luxe !!

L’hôtel Pullman qui se trouve être un cinq étoiles est un sas vers la civilisation africaine.

Nous en apprécions les bienfaits à chaque fois que nous retournons vers notre bateau.

A Dakar, il est préférable d’être accompagné par un guide ! Certains endroits craignent vraiment la nuit. Une grande partie de la population du Sénégal est concentrée dans cette grande ville. La vie est dure pour les malchanceux, le tourisme est leur seule source de revenu, alors attention aux pickpockets.

Nous avons encore des problèmes électriques, cette fois c’est la charge de nos batteries qui ne se fait plus. Un technicien local passe 7 heures sur Harmonie pour réparer. Finalement cela fonctionne mais nous sommes sceptiques, il n’a pas trouvé la cause, juste bidouillé des fils pour avoir du jus. Nous verrons bien, pour l’instant cela fonctionne, Inch Allah ! Mais c’est encore un gros billet de cinquante mille francs CFA qui s’envole !

Nous profitons au maximum du confort de la piscine, la chaleur est étouffante, seul le bain arrive à nous rafraichir.

Nous ne pouvons pas passer par Dakar sans visiter l’île de Gorée, endroit émouvant de la traite des esclaves.

Cette île est incomparable, par sa beauté, ses couleurs et son histoire.

Nous y passons une grande journée accompagnés par notre guide qui se fait appeler Lampe.

Mais comme partout nous sommes assaillis par les vendeurs de colifichets, de cartes téléphoniques, de souvenirs qui nous accompagnent dans les rues et ne nous lâchent pas d’une semelle.

La visite du lieu de regroupement des esclaves avant leur départ pour l’Amérique nous plonge dans la tristesse. Que dire de ce crime. J’imagine, lorsque je rentre dans les cellules, les pleurs, les souffrances de ces enfants, de ces femmes et hommes, enchainés, maltraités, séparés de leurs proches avec comme avenir l’expatriation et l’esclavage de l’homme par l’homme.

Nous n’y pouvons rien, mais cela sert à ne pas oublier, à bannir cette pratique pour le restant des temps.

Le soleil tape fort et malmène nos corps d’européens, nous finissons par acheter des babioles et les francs CFA s’épuisent très vite.

Nous déjeunons avec les équipages de Dame oui, d’Alazado et de Jomay à l’hostellerie du Chevalier de Boufflers. Très bon accueil. Au menu gambas grillées et fourrées aux crevettes accompagnées d’un vin gris de Guerrouane. Un délice, une bonne adresse.

Nous regagnons Dakar en fin d’après-midi en ayant hâte de retrouver le confort de l’hôtel puis du bateau.

Dès que nous franchissons la grille de l’hôtel, tout le poids de l’Afrique s’envole. Nous laissons la civilisation africaine derrière nous pour retrouver la civilisation européenne qui nous accueille avec la clim, la sécurité, la propreté !

Samedi 7 novembre 2009 : Le Sine Saloum

Direction le Sine Saloum, 60 milles à parcourir pour entrer dans ce fleuve mythique pour moi.

Des flottilles de pirogues colorées sont en pêche. Nous sommes cernés par les casiers et les filets flottants.

Les voiliers sont obligés de contourner ces obstacles dangereux.

Nicolas de l’organisation du RIDS nous attend avant le delta du fleuve sur une pirogue locale pour nous guider. La passe d’entrée est récente et les bancs de sable jalonnent notre chemin. Nous devons nous mettre à la queue leu-leu pour suivre de près la pirogue qui passe la première en éclaireur. Par endroit les fonds ne sont que de 3 mètres. La quille relevable d’Harmonie est bien utile dans ce cas là.

Dès la passe de Sangomar franchie, nous retrouvons la profondeur du fleuve Siné Saloum. Nous sommes étonnés devant la largeur de son embouchure.
Nous arrivons sans casse devant le village de pêcheurs de Djifer, la journée a été longue, l’attention soutenue et je n’ai qu’une hâte, me rafraichir.

Dés qu’Harmonie est en ordre accroché à son ancre, sans réfléchir je plonge du bateau. Je ne sais pas ce qui m’a pris, je n’avais pas évalué le force du courant du fleuve !

Je m’aperçois rapidement que je suis emportée, il y a 4 nœuds de courant !

Je retourne vers le bateau en nageant de toutes mes forces, j’appelle Denis, il m’a vu, je commence à fatiguer le bateau ne se rapproche pas !

Il me largue l’annexe afin que je puisse m’y accrocher, je donne toute ma volonté pour l’attraper, j’y suis presque ! Il reste quelques centimètres malheureusement en essayant de m’accrocher au tableau arrière, j’arrête de nager et l’annexe me file entre les doigts.

D’un coup mes forces me lâchent, je panique, les équipages alentour voient mon désarroi, ils m’encouragent, me rassurent, me réconfortent. Denis me crie des choses que je ne perçois pas, je le vois monter sur l’annexe, mais la sécurité du moteur n’est pas installée et il ne peut démarrer. Nicolas, un équipier du bateau Malika vient l’aider à démarrer le moteur. Toutes ces images défilent mais je ne pense qu’à une chose : tu vas te noyer ma belle ! Puis je reprends conscience des choses, j’entends Denis me dire de me laisser dériver vers le bateau Mini B mouillé plus en aval du fleuve, je me mets sur le dos pour récupérer, je vois Nicolas venir vers moi à la nage, cela me rassure. Je me laisse porter vers la chaine de l’ancre de Mini B.

Cette chaine salvatrice est enfin entre mes mains, mais je suis vidée, Nicolas et Denis, qui est arrivé en annexe, m’aident à monter sur le bateau, je suis en larmes, je n’arrive plus à me contrôler !

Nos amis celtiques du bateau Mini B m’acceuillent et me chouchoutent, une couverture, un remontant, je reprends enfin mes esprits. Quelle frayeur !

Pour l’anecdote, c’est la troisième fois que l’équipage de Mini B nous vient en aide. Il nous a déjà aidés sur le plan d’eau de Dakhla lorsque le moteur de notre annexe était tombé en panne.


Après toutes ces émotions, une grande fatigue m’envahie ! Un petit tour à terre au campement de Djifer pour repérer les lieux et retour sur Harmonie pour un gros dodo !


Nous partons tôt le matin en pirogue puis en calèche – ce sont de simples charrettes tirées par des ânes - vers le village de Mar Loj pour assister à la messe dominicale.

L’église est très belle pour un aussi petit village, elle est fréquentée par une majorité de femmes avec des enfants en bas âge.

Elles ont revêtu leurs plus beaux atours, la richesse des couleurs est surprenante, leurs boubous sont plus beaux les uns que les autres.

Bien entendu la chorale locale donne de la voix accompagnée par les tambours africains. Encore un peu et je tape dans les mains !

Le prêtre prêche pour inciter ses paroissiens à suivre les étapes de la vie religieuse : le baptême, la première communion, la communion solennelle, la confirmation et même la vocation sacerdotale. Cela se fait moitié en dialecte, moitié en français. Il argumente aussi longtemps sur la nécessité de donner suffisamment d’argent à la quête !

Ce n’est pas dans mes habitudes d’assister à une messe, mais là je me régale !

Après la messe notre guide nous conduit à travers les rues du village. Là, la place où l’on vénère les arbres et où les anciens faisaient des sacrifices en faveur des esprits.

Ici le tamtam de brousse qui annonce les nouvelles sur 4 kms alentour. Et encore là, le petit marché local ou les étales ne sont pas bien riches. On voit tout de suite la différence avec le grand marché de Dakar.
 
Un grand repas nous est servi sur des nattes à même le sol. Il est composé de riz, poissons et crevettes présentés sur de grands plateaux dans lesquels nous nous servons directement. Nos restes sont partagés par les enfants de la communauté, spectacle désolant et très culpabilisant.


Nous finissons notre visite par le lieu de passage obligatoire pour les touristes, le marché des femmes. Elles nous attendent, nous leur achetons quelques babioles, petits paniers et bracelets, la B.A de la journée !

Nous rentrons en fin d’après midi au mouillage de Djifer en pirogue en nous arrêtant au bord du fleuve pour une baignade bien venue. La chaleur est pesante.

Le village de Djifer est un village de pêcheurs, des centaines de pirogues attendent sur la plage. Elles sont magnifiques avec toutes ses couleurs. Nous arpentons le petit village en nous faisant discrets, ici le choc culturel est immense, la précarité est de mise, les gens vivent dans les rues, il y a partout des véhicules dans des états incroyables, les êtres humains vivent au milieu des animaux, poules, chèvres, ânes, chiens et chats. Toute cette faune n’a pas bien entendu d’endroit particulier pour ses besoins. Ces odeurs mélées à celle du poisson en cours de séchage sont plutôt nauséabondes pour nos narines d’européen.

Derrière le village nous longeons une grande zone de séchoirs à poisson. Les gens ne veulent pas qu’on les photographie, j’arrive quand même à prendre quelques clichés.

Une femme passe sa journée à fumer le poisson, sous le soleil ardent, je discute un petit peu avec elle, sa vie n’est pas drôle, mais il faut bien qu’elle nourrisse sa famille.


Lundi 9 novembre 2009


Je me réveille le lendemain avec un bon rhume. Nous remontons le fleuve avec Harmonie pour rejoindre le mouillage d’Hakuna Matata, un campement de bungalows destinés aux touristes attirés par la pêche en pirogue sur le fleuve. Quelle tranquillité ! Un endroit paradisiaque !

Cette journée est pour moi consacrée au repos pendant que Denis avec l’aide de Stéphane du bateau Sagittaire essaient de réparer notre panne électrique. Notre girouette ne fonctionne plus depuis Dakar.


La panne est trouvée mais nous devons faire venir des pièces de France. David de Suzie too nous propose son aide, un des ses équipiers doit le rejoindre à Mindelo au Cap Vert. Il pourra nous acheminer les pièces depuis l’Angleterre. L’entraide entre les membres du rallye est exceptionnelle.


En soirée nous participons à un méchoui au milieu du campement. Les danseurs locaux viennent agrémenter notre repas, je me régale. Enfin la vraie Afrique avec ses coutumes ancestrales. Les tableaux racontés par les danseurs sont magnifiques, la musique envoutante, comme l’air autour de nous.

Mardi 10 novembre 2009

Nous partons le lendemain avec quelques bateaux pour une petite remontée en amont du fleuve, on nous a parlé d’un petit village à voir absolument.

Nous entrons avec Harmonie dans un bolong, petit bras du fleuve au milieu de la mangrove pour mouiller.

Avec nos annexes nous pouvons remonter ce bolong sans difficulté jusqu’au village de Mounde.

Le soleil tape fort, nous parcourons quelques centaines de mètres avant d’arriver jusqu’aux premières cases, les habitants que nous croisons sont d’une gentillesse exceptionnelle. Très vite les enfants du village viennent voir tous ces blancs qui arrivent !

Ils veulent nous toucher, ils se collent à nous, nous prennent la main. Ils sont beaux, rieurs, peut être même un peu moqueurs, nous nous prêtons volontiers à leurs rires. Ils nous font visiter le village et nous conduisent à l’intérieur d’une cour ou nous découvrons des femmes faisant la cuisine.

Elles préparent le riz, font mijoter la marmite pour les légumes et écrasent des ingrédients pour la sauce dans une grande jarre avec un pilon aussi haut qu’elle.

Elles se jouent de nous, sont ravies de notre présence et entament des chants de bienvenue.

Malgré leur petite condition de vie elles sont d’une rare élégance. Leurs costumes traditionnels sont impeccables, une jeune maman est même maquillée, je n’en reviens pas !

Une enfant me prend la main, elle s’appelle Fatoussa. Qu’elle est belle avec son visage inoubliable et ses grands yeux en amande !

Je me prends d’une grande tendresse pour elle, je lui laisse ma casquette de l’île au Moines et je rage de me pas avoir pensé à apporter d’autres cadeaux pour les lui offrir.

Toute cette petite troupe d’enfants nous raccompagne vers nos annexes en chantant.

Adieu Fatoussa, que la vie soit clémente avec toi !

Retour vers notre mouillage sur le bolong, nous avons avec nous l’équipière de Flying Kefi et nous invitons la troupe de Dame Oui pour un apéro qui se prolonge par un déjeuner. Je trouve même le courage de jouer en public un petit air d’accordéon et nous finissons le repas par des chants de marins.

Il est l’heure de quitter cet endroit si calme, non sans un pincement au cœur.

Denis nous met un disque de jazz et tout le monde danse sur le pont en laissant défiler sous nos yeux la majesté du Saloum.

Mercredi 11 novembre 2009


Rentrée sur Dakar, départ à 6h20 pour une longue journée de navigation en tirant de longs bords. Les pirogues de pêcheurs sont toujours là et il nous faut redoubler de vigilance pour les éviter ainsi que leurs filets.


Nous entendons un appel à l’aide sur la VHF, un bateau appartenant à un club de pêche au gros est en panne de moteur. Ti Ouane, un des bateaux du rallye est le plus près de lui. Il contacte à terre son club pour faire venir un bateau de remorquage.


Nous faisons toute la navigation à la voile, Dame Oui aussi, nous sommes les seuls bateaux à ne pas avoir utilisé le moteur pour remonter contre le vent d’où notre arrivée tardive au mouillage de Dakar.

C’est quand même avec un réel plaisir que nous retrouvons le confort de la piscine de l’hôtel Pullman, nous passons ces trois jours entre l’écriture de notre voyage, les retouches de photos, les bains de soleil, la piscine, le shopping et l’avitaillement pour la traversée qui nous attend vers le Cap Vert.

Dimanche 15 novembre 2009

Le premier groupe de bateaux part vers 9h, nous préparons quant à nous Harmonie pour la traversée de 3 jours. Notre groupe se tâte par savoir si il ne vaut pas mieux attendre le lendemain pour partir, car la météo annonce très peu de vent au départ.

Après un dernier plongeon dans la piscine, nous décidons de partir.

Le Cap Vert

Récit Edith :

Dimanche 15 novembre 2009

Départ de Dakar à 15h. Comme annoncé, le vent n’est pas là, nous devons tirer de longs bords et cela retarde notre avancée, nous voyons les autres bateaux qui nous dépassent les uns après les autres, ils ont mis le moteur !

Denis décide de mettre aussi le notre en route en début de soirée car nous n’avançons pas, nous avons l’impression de stagner au large de la côte africaine.

Après une heure de moteur le vent finit par monter et nous filons sous voiles vers les Îles du Cap Vert.

Denis à la vacation VHF bi quotidienne.

Cette traversée est pénible, la houle de travers nous malmène mais nous allons à bonne vitesse.
Denis s’aperçoit que nous avons une entrée d’eau de mer dans les fonds, encore un soucis, décidément cela n’arrête pas. Il semble que ce soit l’étanchéité des hublots qui fait défaut. Il va falloir remédier à cela avant la traversée de l’atlantique !

Les bateaux du premier groupe qui sont partis 5 heures avant nous ont eu plus de vent au départ. Ils ont plus de 50 milles d’avance sur nous, mais petit à petit nous réduisons cette avance et nous arrivons en même temps qu’eux dans l’archipel du Cap. Nous passons devant l’île de Boa Vista puis Sao Nicolau et Santa Luzia pour enfin atteindre le port de Mindelo sur l’île de Sao Vicente.

Mercredi 18 novembre 2009

Enfin un ponton !! Le bonheur après cette traversée houleuse de 3 jours ! De l’électricité, de l’eau et surtout le plaisir de pouvoir descendre à terre facilement, de pouvoir passer voir nos amis.
Tous le monde se retrouve sur le ponton pour aider les derniers arrivants à s’amarrer, l’entre-aide !

C’est une grande famille que forme le RIDS maintenant, une grande entente s’est créé, maintenant que nous sommes amarrés tous les uns à côté des autres, il est plus facile de mettre des noms sur les visages, associer les personnes à leur bateau et de lier des amitiés nouvelles.

Naomi est le dernier bateau à arriver, son équipage a été obligé de retarder son départ car Amina était malade, une suspicion de dengue. Dans l’après-midi du jeudi nous attendons tous son arrivée, Fidélio nous distribue des masques chirurgicaux pour nous jouer d’Amina. Joyeux accueil, cette réception masquée nous nous fait éclater de rire ! De vrais gosses !!



Je vais visiter le marché aux poissons de Mindelo, en vrai plaisir des yeux, les poissons d'une grande variété, ne demande qu'à être achetés.

Annette de Dame Oui, prend des calamars et des bernard l'hermite, je ne savais pas que cela se mangeait! Les commis se battent pour savoir lequel préparera le poisson acheté, la concurrence est rude, les escudos sont difficiles à gagner.

D'énormes thons rouges sont trainés dans les allées pour être découpés sur les étals, j'ai appris plus tard par un guide que les pêcheurs devaient aller de plus en plus loin au large pour trouver du thon. Les espagnols, les japonais et les chinois raclent les eaux territoriales du Cap Vert en toute impunité!


Des vendeurs à la sauvette parcurent les pontons avec des seaux remplis de langoustes, plus belles les unes que les autres. Je ne résiste pas! Les prix sont plus que raisonnables, 15€ le kilo.

Les deux que nous choisissons, finissent dans notre assiette, et c'est une ventrée de cette chair bien tendre que nous avalons en un seul repas. Un repas de roi!

En face de la marina, il y a un bar restaurant qui s'appelle "le club nautico", le rendez vous des voileux.

La restauration n'est pas tip-top, genre snack, mais nous y retrouvons toujours des connaissances devant un verre.

Un mini concert de deux ou trois musiciens commence tous les soirs à 20 heures. Moment de détente!

Les Cap Verdiens sont très fiers de leur golf, le club-house est décoré de photographies des membres du club depuis des générations et des coupes remportées

Un tour de l'île est organisé, nous partons avec deux bus. En tout 43 personnes!

Beaucoup trop de monde à notre goût, nous ne pouvons pas profiter sereinement de ces magnifiques paysages ni des immences plages.

Un bon aperçu des paysages de Sao Vincente. Difficile de faire pousser le moindre radis quand il ne pleut que quelques jours par an. Pourtant il y a des agriculteurs qui utilisent seulement la rosée.

Ici les enfants construisent eux même leurs jouets avec des matériaux de récupération. Ce sont les enfants d'un village de pêcheurs ils jouent donc avec des barques de pêche.

Nous sommes tous en admiration devant ces enfants de pêcheurs, ils nous donnent une belle leçon de vie, pour eux pas de télé, ni de wi, ni d'ordinateur. Leurs jeux, ils se les inventent eux-mêmes.

Les enfants du rallye participent immédiatement à ces jeux imaginaires, ou entrent dans l'équipe de foot sur les bords de plage.
La marina de Mindelo est en plein vent, les montagnes créent un couloir qui l'accélère. Ce qu'on appelle l'effet venturi, les bateaux souffrent, les amarres cassent les unes derrière les autres, il y a souvent une espèce de brume qui recouvre toute l'île, c'est du sable qui est transporté par les vents et qui s'incruste partout sur les bateaux.

Les salons de coiffure n'étant pas très surs au Cap Vert ( manque d'hygiène: risque de SIDA), je propose mon petit savoir faire en coiffure, mon carnet de rendez-vous se rempli (hihi!). D'un client je passe vite à cinq, et la cave de bord s'enrichit des dons des clients satisfaits!.

Il est agréable après plusieurs jours de navigation de reprendre contact avec les amis et d’écouter le récit de leur traversée. Quand les bateaux sont au mouillage, les équipages se trouvent éloignés les uns des autres et les invitations fusent moins facilement. Dans ce cas les contacts se font plutôt à terre, dans les bars et les restaurants. Mais quand tous les bateaux sont au même ponton, le cycle infernal des verres de l’amitié et des invitations à bord reprend. Nous profitons de l’une d’elles pour visiter le voilier Carati de Pierre et Anne Marie, un Rêva 42 qu’ils ont construit eux même. Il a des lignes assez semblables au notre, c’est une belle réalisation
Santo Antão

Récit Denis :

Mardi 24 novembre 2009

Nous ne pouvons pas passer par le Cap Vert sans visiter l’île de Santo Antão. Elle est décrite dans les guides comme étant la plus belle de l’archipel mais elle ne possède pas d’abri suffisant sur ses côtes pour nous permettre d’y faire un mouillage tranquille avec Harmonie. C’est l’opportunité pour nous de prendre quelques jours de vacances hors de notre bateau en nous y rendant en ferry. Le bateau c’est notre quotidien et avec l’entretien qu’il représente, c’est un peu notre boulot !

Nous sommes réjouis de passer quelques jours en dehors d’Harmonie sans avoir de bricolage ni de nettoyage à faire, sans avoir à courir pour les courses. De vraies vacances à l’hôtel !
Le ferry de la compagnie Armas nous attend. Nous croisons sur le quai plusieurs participants du RIDS.

La traversée est assez courte, trois quart d’heure environ pour arriver à Porto Novo la ville principale de Santo Antão. Le ferry roule beaucoup mais son mouvement est supportable. Il n’est pas le même que sur nos voiliers, il est plus lent.

A Porto Novo une horde d’aluguers nous propose ses services. Nous montons dans l’un d’entre eux pour nous rendre à Ribeira Grande au nord de l’île.

L’aluger est le moyen de transport principal de Santo Antão, c’est parfois une simple camionnette bâchée où on s’assied sur deux bancs parallèles. Dans notre cas c’est un minibus de 8 à 10 places.

L’aluger va d’une ville à une autre. Il n’a pas d’horaires, il démarre quand il est plein. On peut aussi l’utiliser comme un taxi mais dans ce cas le coût du déplacement est plus élevé.
La route qui mène à Ribeira Grande par la côte est récente, elle surplombe la mer. Nous dépassons la bourgade de Janela où plusieurs passagers descendent du véhicule. Le chauffeur roule lentement, nous apprécions le paysage.

A Las Pombas il ne trouve pas suffisamment de clients nouveaux pour continuer jusqu’à Ribeira Grande et il décide alors de rebrousser chemin vers Porto Novo en nous confiant à un autre aluger qui nous mène à bon port.

Ribeira Grande nous négocions un tarif avec un autre chauffeur d’aluger pour qu’il nous conduise à un hôtel situé dans la montagne.


Une fois le prix établi, il se dirige vers son véhicule et demande aux passagers qui s’y trouvent de descendre et de prendre un autre moyen de transport. L’aluger collectif se transforme ainsi en taxi classique, plus rentable pour son propriétaire !
La route pavée est très mauvaise, elle a été emportée à plusieurs endroits sur des centaines de mètres par les crues du début de cette année et les voitures sont obligées de rouler dans le lit du fleuve redevenu sec.

Les pluies de cette année ont été exceptionnelles, il a plu une quarantaine de jour, les dégâts ont été importants.

Les ouvriers cantonniers font un travail de forçat, les rochers de la rivière sont triés puis retaillés à la masse pour construire le mur de sous bassement de la route.

Ailleurs dans le lit du fleuve de grands tamis servent à récupérer le sable pour la confection du ciment de scellement. Rien ne se perd, tout est utile ! Ici la main d’œuvre est nombreuse, mais les salaires ne sont pas élevés.

La journée se termine à l’hôtel « Pedracin village» au bord de sa piscine où nous retrouvons par hasard Jacqueline et Patrick, les organisateurs du RIDS. Ils nous apprennent l’accident de Simone de Tanagra, elle s’est cassée la malléole en tombant et a du être plâtrée à l’hôpital. Son voyage est fichu, elle doit regagner la Suisse pour y être opérée. Nous espérons la revoir au Brésil quand elle sera guérie.

L’hôtel est constitué d’une douzaine de maisonnettes confortables, chaque maisonnette abritant une chambre, une pièce d’eau et un WC. Comme il est sensé être le meilleur de l’île, il n’est pas étonnant d’y rencontrer d’autres participants du RIDS comme Elisabeth et Yves d’Alazado avec qui nous partageons le dîner.

Mercredi 25 novembre 2009

La journée est consacrée à la marche. L’aluger qui nous a amené à l’hôtel Pedracin vient nous y rechercher et nous transporte au cratère de Cova do Paul par la fameuse route centrale de l’île qui passe au dessus de précipices effarants. Nous nous asseyons à l’avant du véhicule à coté du chauffeur pour jouir du paysage. A un endroit l’abîme fait plusieurs centaines de mètres de chaque coté de la route.

Edith ferme les yeux pour ne pas voir le vide malgré la beauté du paysage qui est époustouflante.

Une fois arrivés au cratère qui fait un kilomètre de circonférence, nous apprenons qu’il est d’origine météoritique et non pas volcanique. C’est donc une forme de cratère rare.

Des paysans y cultivent des légumes. Un petit chemin nous conduit au col qui le surplombe et nous nous trouvons alors face à la vallée de Ribeira de Paul qui descend vers la mer à environ 1200 mètres plus bas. Selon les guides, six heures de marche nous attendent.


Nous empruntons un sentier en lacets (77 virages toujours selon les guides) creusés dans la paroi presque verticale de la montagne en faisant attention à ne pas glisser. Nos genoux souffrent de cet effort.


Des enfants pieds nus, beaucoup plus à l’aise que nous dans cette descente impressionnante, nous proposent des goyaves à acheter.

Après deux heures de marche nous atteignons les premières maisons de la vallée et le fameux restaurant tenu par Sandro où nous nous arrêtons pour nous reposer.


Il nous cuisine un plat de légumes et de poissons succulent. Nous déjeunons en bonne compagnie avec Carole et Pierre, deux équipiers du RIDS qui séjournent là.

Sandro nous fait goûter ses rhums arrangés. L’après midi et la reprise de notre marche vers la mer vont être difficile!

Contrairement à Sao Vicente, Santo Antão est une île très montagneuse où l’agriculture est active. L’eau captée par les sommets, même quand il ne pleut pas, est suffisante pour alimenter les cultures en étages.

Elle est transportée par de petites levadas. Le savoir faire des portugais est passé par là à l’époque de la colonisation. Les petites parcelles qui couvrent le flanc des montagnes abritent des champs de cannes à sucre,

des bananiers et des petits jardins qui fournissent toutes sortes de légumes. On trouve aussi au bord de la route que nous suivons des arbres à pain, des manguiers, des papayers etc…

Les fruits des arbres à pain sont à maturité à cette époque de l’année et deux jeunes garçons les récoltent sous nos yeux. L’un d’eux grimpe avec agilité à l’arbre.

En équilibre à plus de 10m de haut, il coupe les fruits à l’aide d’un long bâton sur lequel il a ficelé un couteau qui lui sert à couper la tige des fruits.

L’autre se tient en bas pour attraper ces fruits gros des melons avant qu’ils ne s’écrasent sur le sol. Il en laisse échapper plusieurs ce qui provoque la rigolade des spectateurs.

En fin de journée nous atteignons enfin la mer. La longue descente a fatigué nos pieds et nos jambes. Nos mollets et nos cuisses sont douloureux.

Nous avons hâte de trouver un hôtel pour nous reposer. Nous apercevons une belle maison moderne de couleur rouge et ocre qui s’élève au dessus d’un champ de canne à sucre. Nous pensons immédiatement qu’il s’agit de l’hôtel confortable indiqué dans notre guide. En effet c’est lui mais nous n’avons pas fait de réservation. Je tente ma chance auprès de la réceptionniste :

« Mademoiselle, vous reste-t-il des chambres ? »
« Plus aucune monsieur ! »
« Au moins vous reste- t-il une suite ? »
« non plus !»
Nous nous apprêtons à partir quand elle ajoute :
« Il me reste un appartement que je peux vous louer au prix d’une suite »
C’est ainsi que nous nous retrouvons dans un appartement avec 2 chambres, un salon, une cuisine, une salle de bain et une vue magnifique rien que pour nous, le grand luxe !

Dans ce village il n’y a pas de restaurant digne de ce nom, aussi nous nous résignons à regagner notre appartement pour y manger les sandwichs que nous avons préparés le matin.

Jeudi 26 novembre 2009
Le lendemain en prenant le petit déjeuner copieux de l’hôtel nous apercevons un autre couple du RIDS qui séjourne là. C’est Jean Pierre et Jacqueline, l’équipage de Maouli. Ils nous conseillent de visiter la région nord de l’île et notamment le grand canyon.

Nous voila donc repartis en aluguer collectif jusqu’à Ribera Grande puis individuel pour rejoindre le fond du canyon et serpenter sur une longue piste qui même jusqu’au village de pêcheurs de Cruzinha. Le paysage est exceptionnel, nous prenons de nombreuses photos avant de retourner à Ribeira Grande pour déjeuner.

Au restaurant, dont le nom en français signifie « le coin des amis », nous rencontrons un couple de français d’origine Cap Verdienne qui nous parlent longuement de leur île sur laquelle ils reviennent régulièrement. Ils nous aident à mieux comprendre le fonctionnement du Cap Vert et l’importance de sa diaspora.

Nous rentrons enchantés à Porto Novo pour reprendre le ferry qui nous ramène à Mindelo sur Harmonie.

Les avis sont unanimes parmi les participants du RIDS qui ont visité Santo Antão, c’est une île extraordinaire pour son exceptionnelle beauté avec ses montagnes dentelées et ses couleurs verdoyantes au nord, ses paysages arides au sud et pour la gentillesse de ses habitants
qui vivent souvent dans une grande pauvreté.

Récit Edith :



Nous apprenons qu’il y a eu un autre accident sur le RIDS à Mindelo, un équipier du bateau Ti’ouane s’est fait une double fracture ouverte de la jambe en glissant sur la passerelle menant au ponton, il est rapatrié d’urgence sur Dakar puis vers la France.

La série des catastrophes continue avec la chute de Jean, le mari de Simone du voilier Tanagra qui en voulant sortir de son bateau saute sur le ponton, loupe son coup et se retrouve dans l’eau avec ordinateur et téléphone portable ! Heureusement pas de bobo, juste le matériel définitivement perdu.

Finies les vacances ! Il faut se remettre au travail en vue de la grande traversée de l’Atlantique et du passage de l’équateur ! Inspection de la mature, pleins de gasoil et d’eau, nettoyage, vérification que tout fonctionne.

Nous attendons encore une pièce électronique qu’une équipiere qui rejoint le bateau Suzy Too doit nous amener d’Angleterre.

A Mindelo nous retrouvons avec grand plaisir des équipages qui voyagent hors du RIDS: Retour de Galbord avec Annick et Josic et Makoré avec Loana, Isabelle et Fabrice qui font étape au Cap Vert.

Fabrice organise même un bœuf musical sur le ponton avec tous nos jeunes musiciens des bateaux du RIDS, un vrai bonheur pour ces enfants.

Nous sommes aussi invités par la mairesse de Mindelo à un cocktail dans les nouveaux bâtiments d’un complexe touristique près de la marina et qui ne sont pas encore achevés Belle et grande soirée !

L’ambiance est excellente, les autorités ont très bien fait les choses, petits fours, boissons à foison et orchestre.

La boutique de vêtement est ouverte ! Denis reste scotché devant une robe en vitrine, il me tire dans le magasin, me la fait essayer et finalement je la garde sur moi.

Attention les yeux, du macramé, un filet plein de trous, heureusement que mes sous vêtements me couvrent un peu.

Jamais je n’aurais osé porter un truc pareil, mais l’ambiance est là, nous sommes dans un pays chaud dans tous les sens du terme, alors pourquoi pas !!

Bilan, soirée géante, comme cela faisait longtemps que je n’en avais passée !

Samedi 28 novembre 2009

Nous invitons FIL (Fabrice, Isabelle et Loana) pour un apéritif dinatoire, les langues vont bon train, nous nous racontons nos périples depuis notre rencontre du printemps dernier sur les îles Sisargas.

Nous avons l’impression que nous nous connaissons depuis de nombreuses années.

dimanche 29 novembre 2009

Nous connaissons maintenant l’ordre de départ des bateaux pour la traversée vers le Brésil, nous ferons parti du deuxième groupe. Le premier part lundi matin, le notre mardi après-midi et le troisième mercredi matin.

Nous pensons pouvoir traverser en une quinzaine de jours.

Lundi 1OH: Groupe 1: Alazado, Bambi II, Cigale, Enez Mimosa, Frangipani, Havanita qui ne partira finalement que mardi, Malika, Maupiti, Minnie B, Naomi 2, Petunia 3, Quand Même III, X Trem, Mahésandry

Mardi 14H: Groupe 2: Carati, Dame Oui, Fidelion, Harmonie, Jomay, Maouli, Pilhouët V, Tengivag, Ti'Ouane, Vita

Mercredi 7H: Groupe 3: Agapanthe 2, African Seawing, Antinea, Auhema, Flyig Kefi qui reste au port pour avaries, Mina 2, Sagittaire 47, Suzie Too, Tanagra, Tog Gwen

Le ponton devient une ruche, tout le monde s'active pour les préparatifs de dernière minute, avitaillement, carénage, nettoyage des bateaux et les pleins d'eau et de gazoil. Les équipages du premier groupe boivent un dernier verre de l'amitié, partout on entend: bon vent!!

Lundi 30 novembre 2009

Je n'arrive plus à dormir, je me lève très tôt. J'en profite pour mettre le site à jour, les photos sur Picasa, envoyer quelques messages. Je sens la fièvre du départ me gagner.

N'a-t-on rien oublié? Inch allah! Le Brésil nous attend!

Les bateaux partent les uns derrière les autres, c'est la grande fête sur les pontons, ça y va des sifflements, des cornes de brume, des "hourra!", des "bon vent!".

On a parfois la larme à l'oeil, car c'est pour beaucoup la réalisation d'un rêve: la première traversée de l'atlantique.

Nous passons ainsi la matinée entière à encourager nos amis qui partent.Le ponton se vide, ceux qui restent attendent avec impatience leur tour.

Bon vent à tous, n'oubliez pas de saluer Neptune au passage de l'équateur!!


Traversée de l'Atlantique


Récit à deux mains Denis et Edith

Mardi 01 décembre 2009

Nous partons à 14h, pour revenir immédiatement au ponton, la drisse de grand voile est coincée autour du feu de pont à mi mât. Il faut grimper dans la mature. Petit contre temps qui nous fait perdre environ une heure.

Deuxième départ. Dés la sortie du port de Mindelo, nous sommes cueillis par un vent de 25 à 30 nœuds qui s’engouffre entre Sao Vincente et Santo Antão, en accélérant. Nous tirons un bord vers Santo Antão sous 2 ris et génois enroulé 6 tours, ensuite route directe plein sud. La mer est houleuse, les vagues hautes et la navigation inconfortable mais Harmonie va vite.

Cette année l’organisation du Rallye des Îles du Soleil a bien fait les choses. Elle a installé des pontons flottants tous les 150 milles entre Le Cap Vert et le Brésil pour que les bateaux puissent s’y arrêter les soirs et passer des nuits confortables (1)

A la nuit tombante nous cherchons le premier ponton sans le trouver, nous décidons alors de continuer notre route. Nous renvoyons un peu de toile en larguant un ris. La vitesse de progression est bonne, nous marchons à 8-9 noeuds de moyenne mais nous sommes obligés de le reprendre au petit matin quand le vent forcit en doublant les îles du sud de l’archipel du Cap Vert.

Mercredi 2 décembre 2009

A la vacation de 9h30, nous apprenons que nous sommes en tête de notre groupe.

La mer est toujours agitée et notre vitesse varie entre 7 et 8 nœuds.

Vers midi le catamaran X Trem annonce à la VHF qu’il est dans la pétole avec un vent de sud, donc plein dans le nez. Il n’est pas loin de nous. La situation météo n’est pas très compréhensible.

Fait et dit, 10 mn plus tard, le vent baisse d’un coup pendant notre déjeuner et nous finissons par ne plus avoir que quelques nœuds de vent, c’est-à-dire rien du tout.

Moteur !!! Pendant 4 heures.
Vers 16 h, youpi !! Eole nous renvoie son souffle.

A la vacation de 19h30, nous ne captons plus personne, sauf le bateau anglais Vita, qui transmet notre position à Pilhouë chargé des transmissions de notre groupe. Les écarts se creusent. Nous sommes déjà trop en avant de notre groupe et trop en arrière du premier groupe pour participer directement aux vacations. Nous ne les entendons pas.

Nous sommes seuls au monde, grrrrrrrrrrrrrr !

tentavive de pêche mais la mer est vide, dessus comme dessous.

jeudi 3 décembre 2009

L’énergie électrique en mer est toujours une préoccupation. Sur cette étendue bleue avec personne autour de nous, nous faisons des économies d’électricité: extinction du radar et frigo au minimum.

De fait, notre sommeil est léger nous nous levons souvent pour scruter l’horizon. Ce sont des quarts sans en être.

Il fait très chaud dans le bateau, 29°, nous ne pouvons pas laisser les hublots ouverts, les vagues frappent Harmonie trop souvent.

Aujourd’hui le temps est couvert, mais se dégage assez rapidement dans la matinée.

9h30 : vacation quasi inexistante, nous sommes trop loin des groupes pour capter les bateaux à l’exception de Vita qui se trouve 13 milles derrière nous.

Notre position est 12°09 N et 25°03 W, nous faisons un cap au 180 et notre vitesse est de 7 nœuds.


La journée se passe lentement entre manger, écrire et lire. Pas un chat à l’horizon, cela fait une drôle d’impression, nous ne sommes pas habitués !

Harmonie navigue tout seul, presque pas de manœuvres, vent à peu près constant, notre sensation est d’être en mer depuis beaucoup plus longtemps que 2 jours.

Heureusement en fin d’après-midi, Edith reçoit un message de ses enfants sur iridium. Cela lui fait un bien fou de recevoir de leurs nouvelles !

Elle se remet à l’accordéon.

Nous attendons la vacation du soir, en espérant pouvoir capter. Malheureusement comme la veille, il n’y a que Vita, qui se trouve à 12 milles derrière nous et la discussion en anglais avec le skipper est vite limitée d’autant qu’il n’est pas très causant. Vita n’a pas noté la position des autres bateaux alors nous restons dans l’ignorance de la situation de la flotte. Il faut attendre le mail quotidien du matin de Patrick du RIDS, pour savoir où sont nos amis.

Un deuxième baume au cœur, lorsque vers 20h, une grande famille de dauphins danse un ballet autour d’Harmonie. Depuis notre départ du Cap Vert nous n’avions pas vu une seule bestiole à part des poissons volants.

vendredi 4 décembre 2009

Comme d’habitude, Edith se lève de bonne heure, 4h TU. Nos nuits sont entrecoupées de courts moments de veille pour aller voir si tout va bien, s’il y a des bateaux autour de nous. Mais rien !!

Même pas un paquebot, seulement et encore quelques poissons volants qui viennent s’échouer sur le pont et que nous arrivons parfois à sauver en les remettant immédiatement à l’eau.

La nuit a été chaude, pour dormir nos mouillons parfois une serviette afin d’avoir un peu de fraîcheur.

5h26 TU: position 10°N – 25°07’W, vitesse 6,5 nœuds, cap au 180, nous avons parcouru 407M depuis le départ, nous sommes à 640 M à l’ouest de la Guinée et il nous reste 590 M avant de toucher l’équateur.

Nous naviguons sous spi jusqu'à ce que le vent fasse partir le bateau au lof, nous devons affaler en catastrophe et continuons voiles en ciseaux, solent tangoné.


Samedi 5 décembre 2009


Le peu de vent permet à Edith de faire des travaux artistiques ( lol !) Le RIDS nous a donné des t-shirts en début de rallye, elle a découpé le sien pour en faire un débardeur et elle s’est lancée dans la reproduction sur tissu des dessins qui décorent la coque d'Harmonie.

Elle a reproduit avec des feutres le soleil sur l’un et le vent sur l’autre. Réussite complète nous avons de très beaux t-shirts !

Dimanche 6 décembre 2009

Bon ça y est nous sommes dans la ZIC (Zone intertropicale de convergence) depuis hier. A notre grand étonnement car nous pensions toucher le pot au noir bien plus bas en latitude que cela.

Samedi soir en début de nuit nous nous rendons compte que nous sommes vraiment dans le pot au noir, les nuages orageux qui s’amoncellent nous le confirment ainsi que les éclairs qui illuminent l'horizon.

Vers deux heures du matin, la pluie tombe fortement, elle est chaude et, tels des gosses, nous nous précipitons dans le cockpit pour une douche d'eau de pluie. Très agréables moments de rires et de complicité.

Nous entendons une partie de la flotte à la vacation du matin, ce n'était pas le cas depuis deux jours.

Il est 10h, nous sommes sous grand voile et génois, notre position est : 04°27' N 25°55'W, le vent remonte, nous pensons avoir retouché les alizés de sud est, si c'est le cas, nous aurons passé la zic très rapidement.

Déconvenue : de gros nuages noirs se pointent à l’horizon. A nouveau le ciel s’assombrit de plus en plus. Le soleil disparaît et d’énormes cumulus chargés d’eau circulent autour de nous. Le vent devient n’importe quoi ! Il change de direction sous chaque nuage et s’affaiblit entre deux grains. Les voiles claquent. Une seule solution : le moteur pour sortir au plus vite de ce merdier ! Avant la tombée de la nuit nous apercevons un coin de ciel bleu et un arc en ciel. Bon présage !

Nous recevons des nouvelles des autres bateaux par iridium : deux bateaux du RIDS ont heurté des baleines depuis le départ de Mindelo.Voici leur récit :


Thriller a bord d'X-TREM:

" Patrick m'avait bien dit que nous allions prendre du gros dans cette traversée et qu'il faut de gros hameçons. X -TREM s'est fait une baleine mais pas une petite, au moins deux fois la longueur du bateau. Cela nous a fait de la peine de voir deux profondes lardasses et surtout du sang très impressionnant sur son dos. La pauvre bête ! Nous espérons qu'elle survivra. Nous pensons qu'avec le cata nous lui avons surfé sur le dos alors qu'elle dormait. Apres contrôle approfondi pas de dégât apparent au bateau. Cette fois ci MOBY DICK a rate son coup ! "

En direct de BAMBI:

" Je ne suis pas sur un cercueil à dériver sur l'océan, non mais bon...Dans la nuit du 2 au 3 décembre, à 5h de matin, j'ai été tiré de ma couchette par un choc sourd et un bruit effroyable dans le gréement, j'ai pensé à un empannage sauvage mais non, Joëlle de quart, me dit "j'ai été projetée contre la roue, j'ai vu la baleine sonder à bâbord du cockpit, j'ai senti son odeur, Divine la chienne aussi l'a sentie ! Voilà, cela a duré quelques secondes, Inspection des fonds RAS, le lendemain inspection sous-marine grâce à une caméra, RAS, depuis tout va bien, nous avons pêché un thazard de 70 cm "

Lundi 7 décembre 2009

Après une nuit de navigation en grande partie au moteur, le ciel se dégage. Le vent est encore faible mais nous pouvons avancer sous voiles. Le cap est mauvais, il nous emmène trop à l’ouest. Tant pis, mieux vaut avancer sous voiles, même dans une mauvaise direction que de taper des pioches au moteur contre les vagues.

Dans la journée les vacations VHF avec Fidélio et Carati vont bon train. Nous nous demandons quelle est la meilleure conduite à tenir. Plus d’ouest sous voile dans le sens du vent ou plus de sud au moteur ? J’opte pour l’ouest.

En milieu de journée la stabilité du vent s’améliore, nous pouvons faire un meilleur cap. L’option ouest est la bonne.

Mardi 8 décembre 2009 15h

L’équateur approche et aucun de nous deux ne l’a encore passé en bateau. Pas question de le traverser sans l’accord de Neptune, c’est trop dangereux.

Edith se prépare en prévision de sa venue, elle s’enferme dans la salle de bain et après un temps indéfinissable en ressort transformée. Elle est maquillée telle la reine des sirènes. Denis est subjugué. Neptune va être séduit. Après un appel VHF sur le canal 16 nous le voyons surgir de l’eau et grimper sur notre pont. Quelle frousse ! C’est la première fois que nous sommes en présence d’un dieu de la mythologie. Comment cela va-t-il se passer ? Il a une drôle de tête, nous ne l’imaginions pas comme cela et il doit crever de chaud sous sa cape. A part les bottes, ses habits ne sont pas très marins. Il a l’air d’un personnage de carnaval mais nous n’osons pas le lui dire.

C’est lui qui entame la conversation, en français. Il a du apprendre le français auprès de tous les marins de notre pays qui ont traversé l’équateur depuis l’antiquité. Il nous dit : « Etes vous dignes de passer dans l’autre hémisphère ? » Nous répondons en cœur « oui !» Il ajoute : « Là-bas, saurez-vous vous tenir la tête en bas sans tomber ? » Nous ne nous étions pas posé la question mais nous répondons quand même « ben oui, probablement» Il ajoute en nous rassurant : « Vous verrez c’est facile mais il reste une formalité à accomplir, le champ.. » Nous nous attendions à sa requête et le champagne attendait cet événement, bien caché et au frais.

Nous lui avons servi une coupe de ce champagne délicieux qu’Edith conserve précieusement depuis des années mais il a préféré boire au goulot! Il était ravi. Il nous a dit : « ah! ces français, pour la soif c’est quelque chose ! » puis il a disparu comme il était venu. Nous avons juste eu le temps de prendre quelques photos. Merveilleux souvenir !


Tout au long de cette transat le soleil tape fort. Par ailleurs, pour éviter le scorbut, nous suçons souvent des citrons verts préalablement trempés dans des verres du rhum avec du sucre. Alors de temps à autre nous divaguons un peu et ce que nous écrivons dans ce chapitre relève parfois de notre imagination ! Quoi que !

Mercredi 9 au vendredi 11 décembre 2009

L’équateur est bien derrière nous et nous commençons la longue descente vers le Brésil à la poursuite des bateaux du groupe 1 qui sont partis un jour et demi avant nous. Les alizés sont orientés de sud-est ; nous naviguons donc au près en faisant de l’ouest. Nous recevons la position de tous les bateaux chaque matin par iridium.Un petit groupe de voiliers du RIDS semble bien marcher : Naomi, pétunia, Alazado. Ils naviguent très à l’ouest, plus à l’ouest que le méridien 25 qui avait été recommandé comme ligne à suivre. Nous leur emboîtons le pas. Nous sommes sous solent et grand voile haute, au près bon plein. L’allure est rapide.

Nous arrondissons notre route au fur et à mesure que les alizés tournent pour souffler jusqu'à plein est. Chaque jour nous nous rapprochons un peu des bateaux de tête et Vita reste sur nos talons. Ce n’est pas une course mais je suppose qu’il se prend bien au jeu de la régate comme nous. Il a tendance à nous rattraper surtout la nuit. Mystère.

Samedi 12, dimanche 13 et ludi 14 décembre 2009

L’alizé tourne toujours pour venir de nord-est. Le spi est mis à contribution et nous tire bien, du moins au début, puis nous obliquons notre route vers Salvador de Bahia et nous retrouvons plein vent arrière. Cette allure ne convient pas très bien à Harmonie. Le spi asymétrique n’est pas fait pour cela. Nous tirons donc des bords de vent arrière et sommes obligés de beaucoup manoeuvrer: affalage du spi, empannage et renvoi du spi sur le bord opposé. Nous sommes épuisés.

Les 3 bateaux en tête de la flotte ne sont plus qu’à quelques milles devant nous. Il semble possible de les rattraper avant l’arrivée. Dans la nuit de dimanche à lundi nous passons Pétunia et Alazado sans les voir et au petit matin nous apercevons le spi orange de Naomi 2.

Le vent tombe et nous nous traînons à 5 nœuds, parfois moins. Le calcul est vite fait : à cette allure là nos n’arriverons pas avant la nuit et ne verrons pas Salvador sous la lumière du soleil. Le vent tombe de plus en plus. Plus qu’une solution : le moteur. Naomi quelques minutes après nous affale son spi et lance aussi son moteur qui démarre après quelques hésitations. Je garde la grande voile haute et le solent déroulé qui portent un peu. En longeant la côte, nous bénéficions d’un courant de 1,5 à 2 nœuds et c’est à une vitesse entre 7 et 9 nœuds que nous avançons vers Salvador. Tout le littoral est magnifique. Quel bonheur d’apercevoir les buildings, les voitures, la civilisation à quelques centaines de mètres de notre route. Nous passons la pointe de San Antonio au coucher du soleil et arrivons au ponton une heure après, dans la nuit noire.

Quel comité d’accueil ! Nicolas lance une fusée de feu d’artifice pour célébrer notre venue. Il est accompagné d’une jolie brésilienne qui nous offre un verre de caipirinha et des fruits rafraîchis ainsi que de la responsable du port qui nous offre des t-shirts. On nous questionne, on raconte et puis très vite le bateau Naomi passe la jetée et arrive à son tour. C’est à notre tour de les accueillir et de féliciter Alain, Amina et leur équipier pour leur traversée de l’Atlantique. Nous dînons tous au restaurant du club nautique avant de prendre un sommeil réparateur. Au lever du jour c’est Alazado qui pointe son nez puis Pétunia. A chaque fois l’accueil est chaleureux, les équipages sont heureux de se retrouver. Il y a tellement de choses à raconter, la navigation, les options météo, les pêches, la vie de tous les jours avec les équipiers embarqués pour la transat. Ah les équipiers, quel sujet de controverse! De nombreux bateaux ont pris des équipiers pour la traversée. Edith et moi préferons naviguer sans équipiers. Comme dit Françoise de dame Oui, quand on "est trois" avec un équipier, on se sent moins au large !

Traversée en 13 jours et 4 heures : 2077 milles à 6,57 nœuds de moyenne.

(1) mais non, je plaisantais bien sûr !
Qu’il est bon après 13 jours de retrouver la terre ferme ! Nous avons maintenant 4 heures de décalage horaire avec la France, mais ici le soleil se lève à 5 heures du matin et se couche vers 18h30, donc nos organismes sont perturbés.

Nous nous apercevons rapidement que vivre dans la marina du Terminal Nautico de Bahia n’est pas très confortable.

Nous sommes dans la ville basse avec tous ses inconvénients, le bruit dès l’aube, la chaleur étouffante, la pollution, les mouvements de nos bateaux qui tirent sur leurs amarres suite à l’entrée ou à la sortie de toutes sortes d’embarcations qui transportent les touristes vers l’île d’Itarapica.

La ville basse est sale, décrépie, les vieux bâtiments tombent en ruine.

Quelle différence avec la ville haute. Nous y montons par l’ascenseur qui débouche directement dans le vieux quartier touristique du Pelhourino. La civilisation reprend ses droits, sur la place des danseurs de capoeira font une démonstration. C’est beau et entrainant !

Le contraste avec la ville basse est saisissant, le palais est en cours de rénovation, les fontaines jaillissent sur les places, les rues sont propres, les décorations de Noël apportent un air de fête et les podiums attendent le soir l’arrivée des chorales pour les chants de Noël.

Nous nous promenons dans les ruelles en nous arrêtant aux terrasses de café pour écouter de la musique.

Ici la musique est omniprésente, les instruments sont en vente partout aussi bien dans des magasins que dans la rue.

Itaparica: enfin la tranquillité
Mouillage tranquille au sud d'Itaparica. Cet endroit est bien plus agréable que le port bruyant et pollué du Terminal Nautico de Salvador qui charrient, avec ses navettes, musique à fond, des milliers de touristes chaque jour vers la côte ouest de l'île d'Itaparica.
Les églises (ici à Itaparica) sont souvent à l'abandon total, ainsi que les beaux bâtiments des siècles passés.

En route pour le Rio Paraguaçu au fond de la Baie de tous les saints

Santiago do Iguape, petit village loin de tout. La zone d'accès n'est pas hydrographiée. Mouillage superbe à l'extrémité du rio Paraguaçu.

La grande route de Cachoeira. Le réseau routier est rarement goudroné dans les campagnes.


Réveillon de Noël: apéro chez Jean-Pierre (Le français propriétaire de la poussada de Iguape) avant l'arrivée de la flotte.
Mouillage devant l'ilot Françés. Le gardien de l'île, Fabrice nous a offert gentiment des noix de coco ainsi que des cajous.

Ilha dos Frances: un petit coin de paradis : noix de coco et cajou

Fabrice et ses amis partent vers le village le plus proche pour se désaltérer ! avec de la Cachaça?
Définition de la mangrove trouvée sur Internet:

ecosystème fragile caractéristique des littoraux tropicaux. Les mangroves, principalement constituées de palétuviers (possédant des racines échasses) sont situées dans la zone de balancement des marées, elles sont très utiles pour la protection des terres et pour l'accroissement de la production piscicole (crevettes et poissons).

Les huitres croissent sur les racines des palétuviers, les crabes sont aussi très nombreux et les échassiers ( hérons,ibis rouges et blancs) colorent les arbres.
Cette île n'a comme seule habitation que cette propriété privée. Quelle tranquillité ! Mardi 29 décembre 2009

Récit Edith

Toujours levée de très bonne heure, je bidouille sur mon ordinateur. Je viens de retrouver un texte que j'avais copié pendant la traversée et que je voulais envoyer par iridium aux autres bateaux. Malheureusement ce message était trop lourd! Je pense qu'il est bon de le mettre sur notre site pour tous les chanceux de la pêche.
Le poisson séché

En général, les prises sont des thons (rouges ou jaunes), des daurades coryphènes, des thazards ou des wahoos ou spanisch mackerel, voire un petit marlin. Tous ces poissons ont une chair dense qui se prête bien au séchage.
D’abord tuer la bête !
On la fracasse dans le cockpit à coup de manivelle de winch, ça marche…, mais c’est sanglant voire dangereux pour les maladroits. Ou encore on verse du rhum dans les ouïes ! Le plus délicat est de demander au poisson d’arrêter de gigoter pour le faire. Ou encore on saisit la bête par la queue t lui transperce le cerveau avec une lame effilée, ça marche mais il faut avoir une âme de tueur. Ces actions se révèlent difficiles, car en mer, ça bouge !
Je préconise la serpillère trempée qui recouvrira entièrement le poisson et l’isolera dans le noir dès sa sortie de la mer. Le poisson, ainsi, ne stresse plus, gigote peu.
On le laisse mourir tranquillement.
Pendant ce temps on aiguise son couteau, le poisson étant mort on peut lui enlever sans danger ( sauf barracudas !) le rapala de sa gueule. Sur une surface plane voire une planche à découper, on commence à tailler les filets. C’est un exercice qui demande un peu d’habilité lais très facile à réaliser du moment qu’on le pratique avec le bon couteau et sur une surface plane. Le secret est d’avoir le coup de lame délicat, de bien détacher les extrémités de la peau et hop ça vient tout seul !
On récupère la tête que l(on peut accrocher avec la queue dans les haubans façon pirate, on jette les viscères, déguste les œufs des femelles et le foie si l’on est amateur. L a peau peut aussi se garder et servir, séchée, à confectionner des rapalas. L’arrête dorsale et les déchets de chair peuvent devenir un bouillon ou bien le chat du bord s’en charge !
On a donc obtenu 2 filets que l’on coupe ensuite dans la longueur, ce qui nous fait 4 filets. Croyez moi cela peut faire beaucoup.
Evidemment on en consomme immédiatement en sushi à la japonaise, ou à la tahitienne ou poêlé tout simplement. Pour le reste on va se faire plaisir
Si le temps est beau on fait des lanières en bande, taille 5cm sur 1cm, on les trempe dans du soja et on les enfile, avec ce que vous voudrez, pour les suspendre au soleil et au vent.
Chaque jour, à l(heure de l’apéro, dégustez !
Il reste toujours des kilos de poisson en filet.
Faites sécher tel quel, sans rien ajouter, sur une planche en bois nu, inclinée pour que le jus s’écoule. Ne pas accrocher ces filets en l’air car ils retomberaient, vu le poids. Dans la journée retournez les filets 2 à 3 fois et même plus.
S’il fait beau, très beau, laissez les filets dehors, à la moindre alerte de rosée ou de pluie, urgence de mettre les filets à l’abri sous la capote, dans la cabine arrière, sinon risque de moisissure.
Dés le premier jour de séchage, on peut se confectionner son bacalau. Le poisson sent il est mou, il est parfait.
On en coupe une belle part, on fait des dés, direction cocotte minute avec des pommes de terre coupées en 2 ou 4, quelques gousses d’ail ( 6 ou7 pour deux personnes), un verre de lait, un demi verre d’huile d’olive. Les fins gourmets rajouteront muscade, laurier, mais plus c’est simple plus c’est bon… en mer. Une dizaine de minute plus tard, Tchou-Tchou relevé, pression évacuée, on débarrasse la cocotte de son couvercle, on écrase avec une fourchette le contenu et on consomme sans modération ce bacalau du large.
Durant plusieurs jours le poisson se prêtera parfaitement pour le bacalau. On peut se faire des lanières que l’on consommera tel quel avec des oignons en rondelles et pommes de terre froides et un peu d’huile d’olive. Très vivifiant !!
On n’oublie pas de se laver les dents plusieurs fois par jour pour embrasser sa compagne ou son compagnon !
Les lanières de soja sèchent plus vite car plus fines. Au bout de quelques jours, on les range dans le bateau dans un endroit aéré pour qu’elles restent molles.
Puis le poisson séché devient trop dur pour faire du bacalau, comment l’utiliser ? simple !
En lardons…Dans l’eau de cuisson du riz, mettre le poisson séché découpé en dés, rajouter du concentré de tomate et de la coco râpée ( façon Pitcairn). Voilà un riz vivifiant.
Ainsi votre poisson serra consommé entièrement.
Bonne appétit !
Ps :Sur Harmonie nous n’aurons pas l’occasion de déguster de telles douceurs, alors s’il-vous-plait, pour les chanceux, gardez en en peu pour nous !
Autrement tout va bien à bord, la mer est toujours déserte aussi bien au-dessus qu’en dessous.

Récit Edith

Après les fêtes de Noël nous sommes revenus avec Harmonie au Terminal Nautico de Bahia. Cela n’est pas une bonne idée ! Le bruit, la pollution et la chaleur de la ville de Salvador sont encore pires qu’avant notre départ pour la baie de tous les Saints. Le ponton est presque vide, de nombreux amis sont restés dans les mouillages du rio Paraguaçu et ne rentreront qu’à la dernière minute pour fêter le nouvel an.

Depuis quelques temps une odeur nauséabonde envahit le bateau. Bingo ! Ce qui devait arriver, arriva. Les toilettes sont bouchées ! Nous avons déjà eu le problème l’an passé aux Canaries, et voilà que cela recommence. Nous voilà tous les deux à essayer de vider la cuve à eaux noires par le haut en utilisant une pompe aspirante. Je ne peux même pas décrire la scène tellement c’est immonde. L’évacuation ne se faisant pas, Denis est obligé de démonter le tuyau d’accès à la vanne de sortie et là c’est l’horreur. Tout ce que nous n’avons pas pu vidanger par le haut de la cuve s’écoule dans les fonds. Mon cœur s’emballe, j’ai des sueurs froides et hop, l’estomac chavire. L’odeur est insupportable, Denis reste stoïque, je ne sais pas comment il fait. Quatre heures plus tard, tout est nettoyé, javellisé et rangé ! Ouf !
Décidément c’est une journée de m…..
Le matin, je suis interpellée pour nos voisines qui viennent d’arriver sur Armaje, un bateau qui rejoint le RIDS à Bahia. J’avais demandé gentiment s’il était possible que le skipper arrête son groupe électrogène la nuit car le bruit et l’odeur des gaz d’échappement nous empêchaient de dormir.

Ces dames l’on pris de haut : il n’est pas question d’arrêter le groupe qui est indispensable pour faire marcher la climatisation ! Elles ne peuvent pas dormir sans clim !! Etc….

Denis les apostrophe, car il a suivi la conversation et n’a pas aimé le ton railleur qu’elles ont employé avec moi.
Le soir, en rentrant d’un dîner sur Tahaa-Tiva, le bateau d’amis rencontrés à Mindelo et qui viennent d’arriver au Brésil, le fameux Jean-Pierre d’Armaje, vient me dire qu’il n’est pas question d’arrêter son groupe électrogène, qu’il est arrivé sur le ponton avant nous et que si nous ne sommes pas contents, nous n’avons qu’à partir. Je lui réponds qu’il manque de savoir vivre et de politesse. Il semble bien bourré et commence à m’insulter, me traitant de femme vulgaire avec ma cigarette au bec! (Lui fume comme un pompier d’ailleurs !)
Le sang de Denis ne fait qu’un tour, il saute sur le ponton et bouscule Jean Pierre qui tombe à la renverse. Pour le dégriser Denis lui balance un seau d’eau sur la tête. Jean-Pierre se réfugie sur son bateau et vexé passe un coup de fil puis nous menace aussitôt en nous disant que six brésiliens allaient arriver pour nous faire notre fête.

Nos amis des autres bateaux nous réconfortent en nous disant qu’ils sont là au cas où. Mais la nuit est stressante pour moi, je ne sais pas si la menace est vraie ou pas !
Le lendemain nous changeons de place, je n’aime pas le scandale. Mais les organisateurs du RIDS seront informés.

Fort heureusement pour nous, ce skipper ne continue pas vers l’Amazone mais vers Rio ! Nous ne le reverrons donc plus dans quelques jours. Bon débarras !


Jeudi 31 décembre 2009


Nous voilà déjà le dernier jour de l’année 2009. La majorité des bateaux sont rentrés au ponton, beaucoup d’entre nous vont passer le réveillon dans le quartier Barra, près du phare au restaurant NoaNoa.
La coutume au Brésil veut que tout le monde soit en blanc ce soir de fête. Nous ne dérogeons pas à cette habitude. Denis s’est acheté un bel ensemble blanc et nous avons fait plusieurs magasins pour lui trouver des chaussures assorties. Quant à moi, j’ai mon cadeau de Noël. Le résultat est superbe !
Le soir tombe et nos amis sortent les uns derrière les autres de leurs bateaux tous habillés de blanc.
Nous accompagnons Anne, équipière de Tengivag, vers son taxi qui l’emmène à l’aéroport, après un dernier adieu collégial.
Tout le monde est dans l’esprit de la fête. Vivre la soirée de nouvel an à Bahia n’est pas banal, nous profitons au maximum de ce passage à l’année 2010.
Il est bon de se joindre aux habitants qui font la fête dans la rue, de prendre un grand bain de foule, d’assister au spectacle musical devant un podium immense avec des hauts parleurs à pleine puissance.
Minuit, feu d’artifice, congratulation générale et enfin bain de minuit sur la plage au milieu de dizaines de milliers de brésiliens. C’est féerique, magique, nous savourons ce moment privilégié avec un bonheur immense.

Vendredi 1 Janvier 2010
Calme sur le ponton !! Nous nous remettons tout doucement de notre longue nuit avec des images et des sons plein la tête.
Mais ce calme n’est que temporaire, Pierre de Pétunia nous invite pour son anniversaire dans un appartement, qu’il a loué avec sa famille arrivée de France, dans le quartier Pélourhino. Quelle idée d’être né le jour de l’an !

Cette maison est magnifique, elle est située dans un des plus beaux endroits de Bahia. La vue sur la baie est grandiose. Qu’il est bon de se retrouver dans une maison même si ce n’est que le temps d’un diner ! Mais les esprits sont encore embués par les vapeurs de la veille et nous ne nous éternisons pas.

Nous devons faire l’avitaillement en prévision de notre futur mouillage. Je passe des heures pour faire la queue aux caisses d’un hypermarché. Ces magasins ressemblent plus à des lieux de stockage tel « Metro » en France qu’à nos hypermarchés ultra modernes. Les brésiliens font des pleins incroyables, les chariots ont des tailles démesurées, d’où cette attente aux caisses, et tout cela dans le plus grand calme, sans un soupçon d’impatience. Les gens vont chercher des chaises ou des tabourets pour attendre leur tour dans la file. Nous les européens nous trépignons d’impatience, nous constatons vraiment une différence de comportement dans ces files d’attente !

Plusieurs équipages partent en car vers Diamantina, grand parc naturel, pour une visite guidée de trois ou quatre jours. D’autres prennent l’avion pour Rio. Le voyage en car ou en avion ne nous tente pas et nous préférons nous retrouver sur l’eau à explorer les magnifiques baies et archipels de la région de Salvador.
3 janvier 2009

Nous partons avec les bateaux Jomay et X Trem rejoindre Cigale dans la baie de Denré à 40 milles au sud deSalvador. La navigation est sympa au près serré sur une mer plate. C’est un grand bonheur de naviguer après ces jours de stand-by au ponton. Cela nous démangeait de partir à la découverte de contrées que nous ne connaissions pas.

Nous arrivons en fin d’après-midi au mouillage de Morro de Sao Paulo, Cigale et African SeaWing sont déjà sur place.

Déjeuner copieux improvisé par un petit bar de Galéao pour les équipages d'X Trem, Cigale et Harmonie.

Nous nous sauvons de Morro, le mouillage est devenu rouleur et le bruit de la musique techno qui vient de la plage est effroyable, de plus il faut bien rentrer sur Salvador, Nicolas du RIDS a préparé une fête à l'occasion du départ du groupe des bateaux qui se dirigent vers Rio. La navigation vers Salvador est plaisante, au près, à toute vitesse.

Nous atteignons le Terminal Nautico en milieu d'après midi. A chaque fois que nous rentrons dans cette marina c'est la même constatation : la chaleur, la pollution et le bruit infernal sont toujours d'actualité.

Nous prenons notre mal en patience! L'amitié compte avant tout, nous ne voulons pas louper le départ de nos amis.

Les bateaux du RIDS se séparent à Salvador. Il y a ceux qui vont vers le sud du Brésil et ceux qui montent vers le nord. C'est la fin d'une aventure avec un groupe extraordinaire de personnes que nous connaissons maintenant depuis 4 mois et le début d'une autre avec ceux qui vont filer avec nous vers l'Amazone.

La soirée organisée est très réussie, Nicolas a bien fait les choses, Caipi à gogo, groupe de danseurs!

Les esprits sont quand même à la nostalgie, Sybille d'Havanita lance cette petit phrase qui fait mal " le rallye s'arrête ici! C'est autre chose qui commence !"
Dimanche 10 janvier 2010

C'est le départ des sudistes, le ponton n'est plus en fête, les visages sont tristes, les amitiés récemment nouées pleurent cette séparation, nous pouvons dire que ce rallye 2009-2010 est une parfaite réussite au plan des relations humaines. Le groupe est soudé, une grande famille est née. Nous nous reverons, peut être un jour! selon nos destinations! Bon vent à vous tous à qui nous n'avons pas pu assez dire notre amitié! Bonne continuation aussi à tous les équipiers qui furent de passage sur les bateaux, nous garderons le contact, c 'est promis!

Lundi 11 janvier 2010

Il tombe des trombes d'eau. Quelques bateaux sudistes pour des raisons techniques sont restés au ponton. Ils partent aujourd'hui. Il est 5heures. Maouli a déjà mis son moteur, Je sors pour lui dire adieu. Il n'y a personne d'autre que moi sur le ponton à cette heure matinale. Puis c'est le tour d'Auhéma, un dernier bisou de loin, j'ai un coup de blues!

Mardi 12 janvier 2010

Superbe visite guidée de Salvador et de ses alentours avec les équipages d'XTrem, Jomay, Agapanthe 2, Dame Oui. Les commentaires de notre guide sur la ville, sur l'histoire du Brésil sont particulièrement intéressants. C'est une visite que nous aurions dû faire dès notre arrivée.

(Notre guide Creusa Carqueija parle très bien français : creusacarqueija@yahoo.com.br)

La musique est partout dans la ville, l'ecole Olodum aide les enfants défavorisés à s'intéger dans la société.

La journée se termine par une messe du soir dans l'église N.S. do Rosario dans le quartier Pelourinho . Les paroissiens chantent, dansent, tapent dans leurs mains accompagnés par des tambours. Ils applaudissent le curé, font exploser des pétards à la sortie. Etonnant!



Jeudi 14 janvier 2010

On ne peut accéder sur l'île de Tinharé qu'en bateau. De nombreuses barcasses sillonnent la baie pour transporter les touristes et assurer l'avitaillement de l'île.

Elles frôlent nos voiliers au mouillage. L'une d'elles perd le contrôle de sa direction suite à une avarie de barre et heurte le voilier Dame Oui en lui causant de sérieux dégats. Nous sommes désolés pour nos amis bretons de Dame Oui.


Lundi 18 Janvier

Nous devons retourner vers Bahia, notre réfrigérateur est en panne et il faut préparer Harmonie pour notre départ le 22 janvier vers Jao Pessoa. Les 35 milles entre Gambao et Salvador se font au moteur sous une pluie battante.

Après des mois de navigation, la technique des trois lignes fonctionne! Une bonite mord enfin à notre leurre, elle finit en filets dans nos assiettes, un vrai régal!

Les retrouvailles sur le ponton sont toujours aussi joyeuses, à chaque arrivée les bras ne manquent pas pour aider l'amarrage des bateaux. Nous retrouvons nos amis qui étaient rentrés pour un temps en Europe, le groupe se reforme à la grande satisfaction de tous. Les équipages qui ont pris le rallye en route en direction de l'Amazone s'intégrent parfaitement. L'activité reprend de plus belle, il faut tout préparer pour les prochaines grandes navigations.

La qualité des pontons laisse à désirer! Michèle de Quand Même III en fait les frais! Une de ses jambes passe à travers le ponton, plus de peur que de mal, la solidarité est là, tout le monde se précipite pour lui porter secours, après une grande émotion les sourires reviennent sur les visages.

Dernière soirée à Bahia organisée par Luisa de MahéSadry, nous n'aurons plus de ponton tout le reste du voyage. Les prochaines étapes se passeront au mouillage. alors nous en profitons une dernière fois pour nous réunir sur la terre ferme.

Vendredi 22 janvier 2010

Il est tôt, l'activité reprend, la moitiè de la flotte se prépare pour le départ. Nous ne serons pas loin derrière, le départ pour le deuxième groupe est prévu en début d'après-midi, les fichiers Grib ne sont pas optimistes, peu de vent, et des grains! Moteur?








Les bateaux quittent Salvador en deux groupes. Les petits devant et les plus rapides derrière comme d'habitude. Edith est chargée de la vacation du deuxième groupe. En fait de deuxième groupe, il n'y a que trois bateaux, les autres sont restés une journée de plus à Bahia pour raisons techniques.

Les conversations avec Pilou (François du bateau Pilhoué) nous amusent beaucoup, cela coupe les journées, les commentaires des uns et des autres fusent sur les ondes. Nanou de Cigale assure le relai avec les bateaux hors de portée VHF, quel bonheur!!
Nous longeons la côte brésilienne en serrant le vent. Harmonie avance bien à cette allure et nous remontons petit à petit les bateaux qui sont partis avant nous. Nous naviguons entre 5 et 15 milles de la côte pour éviter les courants contraires et les barques de pêcheurs. La navigation est agréable sous un soleil de plomb le jour et quelques orages la nuit.

Nous jubilons à chaque fois que nous apercevons une voile à l'horizon. Ici la plaisance est peu développée, c'est donc à coup sûr un bateau du RIDS, un copain avec qui nous allons pouvoir échanger quelques mots au milieu de notre traversée.

Depuis le départ de Madère la pêche n'a pas été favorable pour Harmonie, mais face à la ville de Recife dont nous apercevons les buildings au loin, deux bonites viennent se prendre à nos lignes. Elles ont une préférence pour les petits leurres en forme de poulpe et délaissent le rapala équipé d'hameçons tout neuf. Ces bonites sont bien venues car nous n'avons plus rien de frais à manger, le frigo est à nouveau en panne ainsi que le groupe électrogène. Décidément, les problèmes techniques continuent.

Après 3 jours de mer nous arrivons de nuit et remontons le chenal jusqu'à la localité de Jacaré près de Joao Pessoa. Nous retrouvons avec bonheur le calme de la rivière et les bateaux amis.

Après de nombreux essais de réparation du groupe et du réfrigérateur, il faut se rendre à l'évidence, ce n 'est pas ici que nous pourrons avons les pièces. Denis se décide pour l'achat d'un groupe portatif et avec l'aide de Rémy, l'installation commence. Encore un gros trou dans le porte-monnaie!

Nous partons en excursion pour un tour sur la côte atlantique de Joao Pessoa. Nous trouvons enfin un plage digne de ce nom. Le lagon nous offre une palette de vert et de bleue, enfin une image de carte postale!

Nous embarquons sur un bateau à deux étages pour la traversée vers la lagune, caïpirina, musique, fruits frais et bien entendu musique à fond. Il est parfois bon de jouer aux touristes même si nous avons assez raler sur le ponton de Bahia à cause de la nuisance sonore des brésiliens.

A Jacare, tous les soirs, pour le coucher du soleil, un saxophoniste joue le "Boléro de Ravel", cette attraction attire une foule incroyable. Ce musicien fait cela depuis vingt ans, c'est assez surprenant et pathétique

X Trem devient pour ce séjour sur Jacaré notre résidence secondaire. Terrasse, frigo, couvert à dispositions! Ils sont géants ces Suisses. Merci Sylvia, Rémy et Adrien!

Nous sommes même conviés à une soirée fondue, et attention la vraie de vraie fondue! Un délice!

Le séjour sur Jacaré se termine, les équipages se préparent à nouveau pour la navigation qui nous emmènera vers Fernando, African Sea Wing nous prête gentiment une glacière 12v, nous pourrons avons un petit peu de frais.

Récit Edith
Samedi 30 janvier 2010

Nous partons de Jacaré vers 10 heures du matin après avoir assisté à un grand spectacle offert par François du bateau Pilhouë V.

François surnommé aussi Pilou décide de quitter la marina malgré le fort courant de la rivière qui circule entre les pontons. Les avertissements du capitaine du port et des plaisanciers qui connaissent bien le coin n’y font rien : Pilou à décidé de partir sans attendre la renverse du courant. Et le spectacle commence : Pilhouë sort de son emplacement, amorce son virage et accroche immédiatement une pendille. Le courant plaque son bateau en travers de la rivière sur les étraves de ses voisins de ponton. Pas de dégâts mais position inconfortable. Au bout d’une demi heure d’efforts Pilou arrive à garer à nouveau son Pilhouë sur le ponton opposé en le halant. Fin du premier acte.

A l’étale de marée basse notre Pilou tente une deuxième sortie mais comme le niveau de la rivière a baissé, les pendilles qui retiennent les embarcations sont devenues des pièges faciles pour les quilles et les safrans des bateaux qui tentent de passer entre les pontons.

Pilhouë accroche la pendille de Fidélio et le plaque sur son ponton. Pas de casse heureusement ! Pilou continue sa route en tirant la pendille jusqu’à ce qu’elle se tende et casse en faisant un grand bruit de craquement sinistre. Fin bruyante du spectacle.
A la sortie de la rivière le vent fort nous attend. Il souffle entre 18 et 25 nœuds. Nous naviguons au près avec une grosse houle qui projette de l’eau salée sur tout le bateau. Impossible de laisser les hublots ouverts dans de telles conditions. Alors on crame dehors, et dedans c’est un vrai sauna.

Nous naviguons sous trinquette avec un ris dans la grand voile pendant toute la traversée vers Fernando do Noronha. La gite est forte, parfois les passavants sont dans l’eau. Des rafales à plus de 30 nœuds font monter l’adrénaline. La nuit tombe tôt. Elle est est longue, nous avons hâte d’arriver.
Nous ne pouvons pas mettre en route le nouveau groupe électrogène à essence que nous venons d’acheter pour remplacer celui du bateau qui est en panne. La gîte est trop forte. Les batteries commencent à faiblir. Impossible de faire quoi que se soit. Pas de lecture, pas d’accordéon, pas de cuisine, le moindre mouvement de nos corps est pénible dans cette navigation de 35 heures où Harmonie escalade des montagnes russes en permanence. Heureusement Harmonie avance comme un avion !
Nous arrivons en vue de l’archipel le dimanche vers 18 heures, il fait déjà noir, comme dans le TDC d’un N comme dit Hubert à la VHF et c’est avec les flashs de nos amis déjà arrivés que nous guidons Harmonie vers le mouillage qui est venteux et rouleur.

Lundi 1 février 2010

Nous devons nous lever de bonne heure après une nuit agitée par la houle pour assister à la réunion des skippeurs qui commence à 10h. Nicolas du RIDS nous donne de nombreuses informations pour profiter au mieux des ressources de l’île : plongées, ballades, plages, etc.
Nous réservons un buggy, moyen de locomotion sur Fernando, pour le lendemain et une plongée en bouteille avec le club Atlantis pour le mercredi.

L’après-midi nous partons en bus vers la ville avec Jean-Paul et Françoise de Dame Oui. L’île est petite, 17 km2, mais nous avons tout de même du mal à trouver le centre et l’église. Le centre ville est très étendu est n’est pas un centre en lui-même. Retour au port par le chemin pédestre, belle ballade.

Mardi 2 février 2010
Départ à 8h pour une journée en buggy avec Maïté, Tamara et José de Jomay.

Denis conduit, Maïté prend le siège avant et les trois autres restent assis sur la banquette arrière du buggy. Ils doivent bien s’accrocher car les routes sont défoncées. Nous prenons la poussière des véhicules qui nous précèdent. Nos vêtements et nos cheveux n’ont plus de couleur.
Nous commençons par visiter la plus belle plage du Brésil, dixit les guides de Fernando do Noronha. Pour y accéder il faut descendre des échelles, avec un dénivelé de 50m. La vue depuis la falaise est à couper le souffle, grandiose !!
Nous ferons la descente une autre fois, nous n’avons pas le temps aujourd’hui, direction la plage aux tortues.
Nous prenons un moniteur, et équipés de masque, palme, tuba et gilet, nous suivons notre guide, qui nous emmène vers le site des tortues, des bancs de poissons et des requins dormeurs. Ma phobie des requins s’envole au fur et à mesure de cette plongée. Le requin dormeur est inoffensif. La beauté de toute cette faune me transporte. C’est la première fois que nous nageons auprès de tortues géantes. Elles avancent lentement et majestueusement sans s’occuper de nous. Les problèmes techniques du bateau et la fatigue disparaissent. Nous restons une heure à admirer ces fonds et je me promets d’y revenir très vite.
Ensuite, direction la plage des surfeurs. Une compétition internationales à lieu aujourd’hui. Nous passons quelques heures à admirer les figures de ces sportifs mais aussi à rire de la façon de pêcher des oiseaux qui piquent et plongent dans les vagues déferlantes et dans l’écume. Quelle belle journée, un endroit paradisiaque, incontournable, une belle destination de villégiature pour les plongeurs.

Mercredi 3 février 2010

Lever tôt pour rejoindre le bateau de plongée du club Atlantis. Deux plongées le matin dans la zone des 30m pour Denis et baptême à 10m pour moi l’après midi. Les fonds sont sublimes, surtout la faune. Denis passe sous des arches et des tunnels où vivent des bancs nombreux de saupes. A Fernando, les poissons ne sont pas chassés ni pêchés dans la zone des 50m de profondeur. Ils sont de grosse taille : Poissons Ange, murènes, poissons chirurgiens, etc.

Après une escale farniente au bord de la piscine de l’hôtel Marina Park de Fortaleza nous reprenons la mer pour une navigation de 36 heures vers Luis Correia.

Le vent nous pousse tranquillement vers l’ouest. Nous passons la première journée à converser avec les bateaux autour de nous en doublant certain d’entre eux mais pas tous. Aujourd’hui Harmonie semble traîner un boulet, il y a trop de mer pour porter le spi dans de bonnes conditions. Nous faisons malgré tout un essai qui se termine par un inavouable coquetier que nous mettons deux heures à démêler. Le spi retourne au fond de son sac pour le reste de la traversée et nous naviguons voiles croisées, solent tangoné.

Les bateaux qui ont un genaker ou ceux qui arrivent à porter le spi dans de bonnes conditions de stabilité vont plus vite que nous. Tant mieux pour eux et tant pis pour nous car nous n’arriverons pas à l’heure pour la renverse de courant dans le rio Parnaiba.

La nuit se passe à admirer le ciel. Nous ouvrons l’ordinateur pour reconnaître grâce au logiciel stellarium le nom des étoiles et des planètes. Il est amusant de voir que l’ordinateur sait positionner ces astres en fonction de l’heure et de l’endroit où nous sommes. Il nous affiche sur l’écran exactement ce que nous voyons au dessus de nous : Mars de couleur orangé, Castor et Pollux et un groupe de 3 étoiles alignées portant des noms barbares que je ne retiens pas.

Nous poursuivons notre bonhomme de chemin jusqu’au lendemain puis le vent forcit en milieu d’après midi à une quarantaine de milles de l’arrivée. Il souffle à 25 - 30 nœuds avec des rafales à 35 nœuds dans l’axe du bateau. Nous naviguons sous deux ris et solent partiellement enroulé. La mer devient forte sur des fonds qui ne dépassent pas les vingt mètres. Pour éviter de naviguer à l’allure inconfortable du plein vent arrière nous empannons à plusieurs reprises de manière à faire route vers Luis Correia.

Je m’appuie au moteur dans les empannages en utilisant la technique du virement de bord grand largue à grand largue, moins dangereuse que l’empannage direct. L’utilisation du moteur me permet d’éviter les manques à virer. Sur Harmonie la grand voile reste toujours très puissante même avec deux ris et les manques à virer sont assez fréquents lorsque la vitesse n’est pas assez importante pour passez le lit du vent. C’est le cas du virement de grand largue à grand largue où le bateau tourne sur lui-même en faisant presque 360°.
Nous rencontrons aussi de nombreux bateau de pêche jusqu'à 20 milles des côtes

Le plan d’eau de Luis Coreia est venté, certains bateaux déjà arrivés dérapent. Nous sommes obligés de surveiller le mouillage. Vers 3h du matin je peux enfin rejoindre ma couchette, Harmonie est bien accroché par son ancre sur un fond de vase sous 3 mètres d’eau avec 35m de chaîne.
Ciel tourmenté à l'approche de Luis Correia.

L’ambiance sur le rallye est excellente, conviviale et une grande entraide existe entre les participants. Elle se manifeste dans les situations difficiles : accidents, problèmes sur les bateaux, etc.

Parmi les participants, il y a un groupe de personnes extraordinaires. Ce sont les enfants et les adolescents. Ils forment un groupe soudé qui se retrouve à chaque escale. Souvent les ados sont sectaires vis-à-vis des adultes. Ici ils sont ouverts, serviables. Ils participent avec compétence aux discussions techniques concernant les bateaux. Certains assurent les veilles dans les navigations de nuit. On les voit aux escales travailler sur les cours du Cned qu’ils suivent, certes avec plus ou moins d’enthousiasme. Pas facile de se concentrer sur un devoir de mathématique au bord d’une piscine ! Quelques adultes, en plus des parents, leur consacre un peu de temps pour les faire progresser : cours d’anglais donnés par les équipages britanniques, cours divers donnés par les participants issus du monde enseignant et qui retrouvent certainement dans cette opportunité un certain bonheur d’enseigner qu’ils n’ont plus depuis qu’ils ont quitté la France. Un petit garçon qui avait la phobie de l’eau fait en quelques séances de piscine des progrès extraordinaires grâce à Jean

Mi l’ex prof de gym. Nous sommes ravis de constater cette symbiose entre le monde adulte et celui des enfants et des ados.


Jeudi 5 février 2010

Récit Edith

Notre séjour à Luis Correia n’est pas des plus simples.

Malgré la disponibilité, la gentillesse des locaux, le mouillage est très difficile. Pour tous les bateaux cela devient une vraie galère. Manque de profondeur, courant fort, vent violent montant parfois entre 30 et 35 nœuds. Tout cela entraîne des dérapages qui parfois mettent les bateaux dans de fâcheuses positions.

Nous avons de la chance qu’Harmonie tienne bien sur son ancre, nous sommes bien placés sur le plan d´eau avec nos 4m de fond, et cela nous permet de descendre a terre ce qui n’est pas le cas pour tous les bateaux. Certains équipages n’osent même plus sortir de leur voilier, ceux qui tentent des sorties sont pendus à l’écoute d la VHF au cas où !

Le vent monte tous les soirs et c’est la panique sur le plan d´eau. La houle est là aussi pour corser le retour à bord des équipages en annexe depuis le ponton.

Heureusement que la solidarité continue et se renforce, les équipages se soutiennent et dès qu’un bateau est en difficulté, ceux qui ont un moteur puissant sur leur annexe foncent vers les bateaux en détresse pour leur venir en aide.

Je n’arrive pas à décrire la vision de tous ces bateaux dansant la java sur le plan d’eau, nous sommes tous là, sur la pont de nos voiliers, à regarder impuissants le courant et le vent envoyer les voiliers de droite et de gauche, d’avant en arrière, jusqu’à parfois entrer en collision.
Un vrai cauchemar !

Les nuits sont longues, il faut attendre la renverse du courant pour pouvoir enfin dormir un peu quand le vent et le courant sont dans le même sens. Les équipages sont épuisés, stressés. Les nerfs craquent ! Nous ne pouvons pas profiter pleinement de cette région qui doit certainement être belle. Les festivités du carnaval nous passent un peu sous le nez ! Nous sortons seulement quelques heures les soirs pour aller au restaurant ou assister à une soirée musicale (Orchestre jouant de la musique populaire à fond sur un camion spécialement conçu pour cela. On est loin des airs jazzy de la samba brésilienne)


Heureusement que nous avons osé aller au pot organisé à Parnaiba par l’office du tourisme en l´honneur de notre arrivée. Accueil extraordinaire, musique, danses, buffet riche et coloré ! Jamais nous n’avions été aussi bien accueillis.

Dommage pour cet endroit car nous n’en garderons pas un bon souvenir, loin de là !
Ce récit me vaudra une censure de la part des organisateurs du rallye

Vendredi 19 Février

Nous partons dans 2 heures et je suis exténuée.

J'espère que nous aurons une navigation plus calme que la dernière.

Amazone nous voilà!!

Vendredi 19 février 2010

Récit Edith

Vers Soure
Nous partons donc sans remords du mouillage de Luis Correia en espérant pouvoir nous reposer pendant la navigation.

Le moral est au beau fixe, les sourires sont sur les lèvres, la sortie des voiliers du delta est splendide. Le rêve de l’Amazone est en route !
Le vent est là, entre 20 et 25 nœuds, nous prenons rapidement un ris dans la grand voile, puis deux, le génois enroulé de quelques tours. Malgré cela, la gîte est forte et la houle de travers nous secoue fortement.

Je me cogne encore une fois sur ma 4eme côte fêlée, en prenant un ris. C’est très douloureux et les secousses du bateau n’arrangent rien ! Les nuits sont difficiles, nous sommes aux aguets !

Denis me laisse me reposer le plus souvent possible car il sait à quel point ma côte me fait mal.

Les discussions vont bon train sur la VHF, les heures de marées pour la remontée du fleuve posent problème. Nous voulons remonter les 50 milles du delta jusqu’à Soure avec le courant portant c'est-à-dire à la renverse.

Chamalou nous donne ses calculs de marée et nous convenons avec quelques autres bateaux de nous attendre les uns autres pour une entrée dans le delta du Para vers 1h30 du matin.

Nous ralentissons Harmonie au maximum de nos possibilités pour ne pas arriver trop tôt au point d’atterrissage.

Puis Denis s’aperçoit très vite que les calculs sont faux, et nous en discutons avec Fidelio et Agapanthe. Nous convenons d’une heure d’entrée en groupe à 21h30 au premier waypoint, mais malheureusement pour nous, nous sommes maintenant à une douzaines de milles derrières les quatre bateaux de tête. Nous ne les entendons pas à la VHF quand ils décident d’entrer dans le fleuve ensemble sans nous attendre. Ils sont devant, trop loin pour que nous puissions les rattraper et entrer avec eux dans le delta de l’Amazone ! Nous sommes dépités, nous nous retrouvons seuls pour entamer cette remontée du fleuve qui de surcroit doit se faire de nuit.

Une longue nuit commence, pas question pour Denis de fermer l’œil, nous mettons le moteur en appui du génois, la grand voile étant ferlée sur la bôme. La navigation se passe très bien, nous ne rencontrons pas de pêcheurs ni de filets et ne croisons qu’un seul cargo sur le fleuve. En fin de nuit nous sommes devant l’entrée du rio Paracauari et mettons encore un frein à Harmonie ! Denis ne veut pas prendre ce bras du fleuve dans la nuit noire sans lune. Il ralentit Harmonie à 3 nœuds pour attendre le lever du jour vers 6 heures du matin.

Nous scrutons vers l’est ! Soleil, s’il-te-plait, lève toi, nous avons besoin que tu nous montres le chemin !

L’aube se montre enfin, nous pouvons admirer les berges du delta de ce fleuve mythique ! Wouahhhhhhh ! Nous y sommes, c’est un grand moment d’émotion et de contemplation.

Arrivée à Soure dans le delta de l'Amazone, sur l'île de Marajo grande comme la Suisse.

La passe est facile mais non balisée, nous apercevons au loin les mâts des bateaux de tête déjà arrivés au mouillage ! Enfin nous voilà parvenus nous aussi dans le delta de l’Amazone !


Soure : mouillage idyllique, le calme, la vue de la mangrove avec mes amis les ibis blancs et rouges survolant le rio jaunâtre. Des dauphins rasent les bateaux, leur souffle me signale leur présence bien avant le lever du jour !

Cette ville est d’une quiétude surprenante, les brésiliens ici se déplacent à vélo, pas de bruit parasite en ville, la police se déplace à croupe sur des buffles. Les maisons sont colorées et bien entretenues, des chevaux en liberté en plein centre ville font office de cantonniers, ils entretiennent les pelouses.
Maïté de Jomay nous fait rencontrer à Soure un drôle de navigateur installé ici depuis une dizaine d’années. Un baroudeur suisse, célèbre dans son pays, qui est arrivé sur l’Amazone après avoir traversé l’atlantique à la rame, pour ensuite tomber fou amoureux de cette contrée sauvage ainsi que d’une brésilienne. Il s’y est installé et a créé une pousada, c'est-à-dire une auberge, sur la rive en amont de Soure, au milieu de nulle part comme il dit.

Nous partons pour une excursion de deux jours vers la Fazenda do Carmo de Claudio et de Cirsé. C'est une ferme sur un bras de l'Amazone qui offre le gîte et le couvert aux touristes. Nous laissons Harmone au mouillage, de vraies vacances!

Le trajet se fait en bus tout d'abord puis en lancha (barque rapide). En longeant les berges étroites du rio, notre guide nous montre quelques animaux, tels que les cochons d'eau, les crocodiles, les perroquets et les singes.

Sensations fortes dans nos lanchas, l'eau est marron, les branches et troncs d'arbres flottent partout, Claudio s'amuse à faire tanguer l'embarcation de droite et de gauche, je n'aimerais pas tomber à l'eau!
Nous avons la possibilité de faire des ballades soit à cheval soit à buffle. Pour Edith pas question de monter malgré son envie, Denis par contre ne résiste pas, mais décidément ce n'est pas son truc, surtout quand ces montures se mettent à galoper.
On y va, pas de quoi fouetter un chat! mais attention, ces bestiaux sont capables de galoper!
Les cochons d'eau prennent du repos sur les bords de la rivière, cette espèce de rongeurs est protégée, mais les braconniers sévissent dans la région, il parait que la chair est délicieuse.
La traite des bufflonnes, ce lait sert à Rosa pour la fabrication du fromage. Nous en buvons un verre directement sorti du pis, quel régal!
Claudio nous emmène pour ue ballade en forêt de bon matin, pour écouter la symphonie amazonienne, le réveil de la forêt. Nous écoutons les cris des singes hurleurs, le chant des oiseaux, nous sentons les odeurs de cette forêt luxuriante saturée d'eau, nous entendons les cours de Claudio sur les vertues des arbres et des plantes. Un grand moment!
Francisco, dit Chico, notre guide indien. Un vrai oeil de lynx, c'est lui qui aperçoit les singes le premier dans les arbres.
Ce petit oiseau est un porte bonheur pour les indiens, il exauce les voeux.
Notre hôtesse Circé au centre et Rosa l'excellente cuisinière.
Une petite anecdote pour rire un petit peu: nous avions une chambre dans une annexe de la propriété, sommaire mais confortable. Le premier après-midi une envie présente me prend et je retourne dans notre chambre pour la satisfaire. La nuit commencait à tomber, mais je ne voulais pas allumer la lumière à cause des moustiques.
Je rentre dans la salle de bain, je soulève le capot de la cuvette des wc et je m'assois.Tout à coup, quelque chose surgit de la cuvette en me touchant les fesses!
Je ne fais qu'un bond! En poussant un hurlement! J'allume tant bien que mal la lumière et que vois-je? Une minuscule petite grenouille encore plus appeurée que moi qui avait utilisé le WC pour prendre un petit bain! Par ou est-elle passée pour entrer dans la cuvette? Le grand mystère de la Fazenda do Carmo!!
Nous partons le 28 février 2010 du mouillage de Soure où nous avons eu des rencontres magnifiques, avec un petit pincement au coeur, je ne veux pas laisser ce chapitre sans donner le lien de la fazenda de Claudio et de Circe qui nous ont choyés comme leurs enfants. Merci à vous deux et aussi à votre équipe si prévenante! Avec une pensée particulière pour Rosa la cuisinière qui nous a fait prendre quelques kilos.

Pour tous ceux qui lisent ce site, retenez cet endroit, contactez ces gens si adorables, vous ne serez pas déçus!

www.carmocamara.com.br

monardclaudio@yahoo.com

circedias@yahoo.com.br

Belem

Nous partons le 28 février de Soure pour une navigation vers Belem. Les bateaux se suivent les uns derrière les autres en suivant les indications de Patrick du RIDS qui est monté, pour cette occasion sur Chamalou.

Le courant est fort et il faut pousser les moteurs avant la renverse, nous nous aidons avec le génois.

Nous rentrons vraiment maintenant dans l'Amazone!

A Belem le mouillage se situe face à l'ancien hôtel Novotel. Il est vraiment sympa, nous pouvons passer la nuit au calme.

Nous avons accès à la piscine de l'hôtel, à son restaurant et la Direction a mis à notre disposition une chambre afin que nous puissions prendre des douches.

Des étudiants en français viennent bénévolement nous aider dans nos démarches et même en nous font visiter la ville gracieusement.
Nos hommes profite de l'hôtel pour aller sur internet
Théatre de Paz : un dernier vestige de la splendeur perdue de Belem au temps où le latex du monde entier était produit dans la région pour fabriquer le caoutchouc.
Les anciens docks renovés en galeries marchandes et restaurants
Cochons vivants entravés. Les protecteurs des animaux crieraient au scandale!
En prévision de notre trip en avril dans la forêt amazonienne nous avons tous acheté des hamacs faciles à transporter, certains les essayent déjà !
Une multitude de fruits sont sur les étals des marchands, ceux ci sont délicieux, mais les noms ne sont pas faciles à retenir.

Dimanche 7 au samedi 20 mars 2010

Récit Edith avec les ajouts de Denis

La remontée de l’Amazone
L’amazone n’est pas simplement un fleuve, le plus long du monde, dont la largeur est immense, c’est aussi un enchevêtrement de cours d’eau grands et petits, d’affluents, reliés les uns aux autres par des canaux naturels, les furos, qui découpent la forêt amazonienne en îles basses boisées et marécageuses. La plus importante, Marajo est aussi grande que la Suisse. Entre ces îles, pas de ponts. La seule façon de circuler est le bateau. Il y a un nombre incalculable d’embarcations de toutes sortes qui sillonnent les cours d’eau, de la simple barque creusée dans un tronc d’arbre, au navire de passagers à fond plat typique de la région. Les habitants de ces contrées vivent au bord de l’eau dans des maisons sur pilotis tellement la forêt est impénétrable. Par endroit elle laisse la place à de petites plaines marécageuses où des fermes se sont installées. On y pratique l’élevage des buffles et des chevaux.

Le courant de l’Amazone est très fort, environ 4 nœuds, il est très difficile de le remonter avec un voilier, même au moteur, c’est pourquoi nous le longeons en empruntant ses affluents reliés par les furos où le courant est plus faible. L’objectif est de rejoindre le fleuve Amazone dans sa partie supérieure après une dizaine de jours de navigation au moteur.

Nous partons de Belém le 7 mars à 6h30 vers le mouillage du village de Cotijuba. Les paysages que nous apercevons sont magnifiques constitués par la forêt amazonienne resplendissante dans ses couleurs vertes et par les cours d’eau de couleur brunâtre parce qu’ils charrient des alluvions et toutes sortent de débris végétaux.
A la sortie de Belem, d’immenses scieries bordent les rives. L’odeur très particulière du bois d’Amazonie nous prévient de leur proximité bien avant de les voir.
Les bateaux doivent naviguer en ligne, au moteur, parfois avec le génois déroulé. X Trem et Ti’Ouane en tête de la flotte suivent le Sao Joao, navire accompagnateur.
Ce bateau a été affrété par l’organisation du RIDS, avec une vingtaine de personnes à bord pour nous ouvrir le chemin de l’Amazone. De plus, il tire un petit bateau de pompier prêt à intervenir si un de nos voiliers s’échoue ou tombe en panne.

Cette navigation nous donne un aperçu de ce qui nous attend par la suite, il faut se caler dans la file en ayant à peu prés la même vitesse de croisière que les autres bateaux et en gardant une distance de sécurité, chose peu facile notamment quand le génois est déroulé pour appuyer le moteur.

Dans l’ensemble les choses se passent bien même si quelques skippers stressés ont des sautes d’humeur lors de ce type de navigation.

Nous arrivons à Cotijuba en milieu de matinée, ce qui nous laisse le temps de mettre notre annexe à l’eau pour explorer le petit furo qui se trouve juste en face du mouillage d’Harmonie.

Ce qui nous attend nous coupe le souffle, avec la lumière très particulière du matin, le furo nous offre un spectacle grandiose. Nous ne nous attendions pas à cela, nous pensions longer une mangrove comme pour aller à la fazenda de Claudio, mais là, de petites maisons sur pilotis bordent la rive, les amazoniens sont sur leur pirogue creusée dans un tronc d’arbre pour relever leurs nasses remplies de crevettes, les enfants sont aux fenêtres et nous offrent leur plus beau sourire. Le paradis !

Nous sommes observés par les habitants du furo, ils voient rarement passer autant d’annexes en si peu de temps.

Nous nous prêtons au jeu, un grand sourire par si, un salut de la main par là : Bom Dia !!!
Les rires des enfants fusent !

Quel dommage, notre appareil photo tombe en rade et que notre annexe nous joue encore un vilain tour. La réparation que Denis a faite à Bahia ne tient pas, l’eau s’engouffre sous le plancher, il faut écoper et vite retourner au bateau pour recoller les boudins.
Pendant que la colle du plancher de l’annexe sèche Denis vide les fonds d’Harmonie afin de résoudre un autre problème d’entrée d’eau. Les fonds d’Harmonie sont remplis d’eau de la rivière depuis quelques jours. C’est un travail de vidage et de nettoyage par une chaleur humide et étouffante. Après un long moment, il s’aperçoit qu’en mettant le groupe électrogène en route, l’eau entre par le tuyau d’évent du siphon. Démontage et nettoyage de la vanne anti retour du siphon, et voilà, c’est réparé !

L’après-midi est bien avancé, il faut vite retourner dans le furo avant la tombée de la nuit pour prendre des photos.
Le spectacle est toujours aussi beau, la lumière est différente du matin, les enfants se baignent à côté des troncs d’arbres qui servent de ponton pour les embarcations.
Ils se servent de lianes pour se balancer et plonger dans l’eau. Pas de crocodiles, pas de piranhas !
C’est à la tombée de la nuit que nous rentrons à contre cœur vers le mouillage ou nous sommes à peine bercés par les vagues qui courent sur la rivière.

Il est grand temps de mettre en place notre moustiquaire, depuis quelques jours, la chaleur devient étouffante, les nuits sont longues pour moi, je suis trempée de sueur, impossible de dormir dans notre cabine. Alors je passe une grande partie de la nuit sur le pont, bien confortablement installée sur un matelas de chaise longue et protégée des insectes par ce tulle qui donne une autre vision de mon environnement.

Nous nous couchons de bonne heure après un apéro improvisé sur notre bateau avec la petite famille d’Havanita. La journée de demain va être difficile, départ 4h du matin pour une navigation au moteur de 11h.


Mon réveil n’a pas sonné ! L’heure de mon téléphone portable était mal réglée! C’est la voix de Nicolas qui nous réveille en sursaut sur la VHF.
« Bonjour à tous, je commence à faire l’appel des bateaux pour la levée de l’ancre »
Mince ! Nous sautons dans nos vêtements, il faut retirer la moustiquaire, faire un café bien serré, nous entendons déjà le bruit des ancres, les voix fusent les unes derrière les autres « Ancre relevée d’X Trem, ancre haute et claire de Ti’Ouane » etc…

Il y a toujours le risque que l’ancre ne se relève pas ! Il ne faut pas mettre la flotte en retard, Denis s’active sur l’avant, je prends la barre encore à moitié endormie, ouf ! Nous sommes parés !

Il fait nuit, je laisse rapidement les commandes à Denis, ma vision nocturne est mauvaise en bateau comme en voiture, les feux de navigation me brouillent la vue, je n’arrive pas à estimer les distances.

Je passe à l’avant avec une lampe torche pour éclairer les bateaux qui sont à proximité. C’est serré, il faut faire extrêmement attention.

Nous attendons tous avec impatience le lever du jour.

Nous avons encore de la houle, cela parait insensé en étant sur un fleuve, l’effet de la marée du vent et du courant est encore bien présent. Il faut préciser que le rio fait plusieurs centaines de mètres de large.
Les esprits sont en alerte constante, des troncs d’arbres, des débris de toutes sortes nous cernent avec le flux du courant. Les équipages scrutent le fleuve, et annoncent par VHF les dangers aux bateaux de l’arrière.


C’est assez stressant ! La fatigue se fait ressentir, je n’ai pas une grande expérience de ce genre de navigation et j’ai du mal à éviter les obstacles et à garder mes distances avec les autres bateaux, alors Denis qui se repose et ne dort que d’un œil prend la barre et me laisse dormir un moment, j’arrive à me reposer.

Nous arrivons à Boa Vista en file indienne en passant devant la ville avant de mouiller en face, sur l’autre rive. Je suis un peu déçue car cela fait une sacrée distance pour traverser avec notre petite annexe, nous n’allons pas pouvoir aller souvent en ville.

Denis est patraque, il a du manger ou boire quelque chose qui n’était pas très frais. Nous passons la deuxième journée à nous reposer, à nous baigner en attendant que son organisme se remette doucement.
Nous entendons le soir le souffle des dauphins roses près de notre bateau, et finalement nous en apercevons plusieurs sur le plan d’eau, ils n’ont pas du tout le même comportement que ceux que nous rencontrons en mer, ils sortent peu de l’eau et ne sont pas joueurs. En outre le fleuve est tellement couleur chocolat que nous ne pouvons pas les voir évoluer. Tout juste apercevons-nous leur dos en surface.
Apéro sur Tanagra, équipage très gentil, Denis est toujours patraque, alors la soirée ne se prolonge pas.

Nous prenons notre courage à deux mains pour attaquer avec notre annexe la traversée du rio jusqu’à Boa Vista, j’avoue que je ne suis pas tranquille, mais nous avons sur nous notre VHF portable en cas de problème.

Il n’y a pas que nous qui avons des problèmes d’annexe, plusieurs autres équipages ont des fuites beaucoup plus importantes. L’équipage de Dame Oui ne s’en sort pas, la leur est toute neuve mais fuit de partout, les recollages sont constants. D’autres passent leur temps à réparer les moteurs ou à changer les hélices cassées.

La traversée du rio se passe bien, cela vaut la peine de visiter Boa Vista. C’est une cité lacustre et une vraie fourmilière, les embarcations les plus diverses grouillent de partout.
Boa Vista la petite Venise de L’Amazonie.
Les habitants vivent sur la rive, les maisons ont une avancée sur l’eau et sont reliées entre elles par des appontements de bois pas très solides. Attention où on met les pieds !

De quoi vivent ces gens ? Nicolas nous dit qu’ils sont très pauvres, pourtant ils n’en donnent pas l’impression. Sur leur visage, pas de signe de pauvreté, ils se contentent de ce qu’ils ont.

Au cours de nos ballades en annexe, les enfants viennent à notre rencontre. Ils s’accrochent à notre canot et s’amusent à se faire trainer.

Je ne pensais pas trouver une telle activité dans cette partie du fleuve, surprenant ! Des tas de magasins de toutes sortes, des échoppes de poissons, de fruits, de légumes sont installés tout le long des passerelles en bois et aussi des magasins de mode !

La nourriture ici est peu variée, il n’y a guère de légumes, ils sont importés, on trouve du riz, des haricots accompagnés de manioc, du poisson de rivière et des crevettes, de la viande de buffle et du poulet, du fromage de bufflonnes et des fruits de la forêt quasi inconnus en Europe.
Nous sommes époustouflés par la beauté de ces petits furos même si le paysage est parfois déformé par une ligne électrique.

L’intérieur des maisons de bois est sommaire : des hamacs, quelques rangements et une télé. Etonnant !

Après l’escale de Boa Vista nous enchainons les navigations au moteur en file indienne et les escales dans de petites villes où nous sommes toujours bien accueillis et regardés avec étonnement par la population. Certains habitants nous prennent en photo dans la rue et aussi quelques fois lorsque nous passons le long des furos! Le monde à l’envers ! « Nous sommes les bêtes curieuses ! » Il n’y a pas de touristes ni d’étrangers dans ces régions, la preuve c’est qu’il est impossible d’acheter une carte postale, cela n’existe pas ici.
Nous passons par l’île de Guaraja, les villes de Breves, Porto do Moz, le mouillage de Liverpool, nom donné à cet endroit par les habitants du lieu qui un jour ont trouvé une planche provenant d’un bateau anglais avec Liverpool marqué dessus.
A partir de Porto do Moz l’eau devient un petit plus transparente et de couleur noire. Elle charrie moins de boue mais la végétation environnante la rend très acide. Du coup la coque des bateaux est nettoyée par l’acide et les chaînes d’ancre perdent leur galvanisation.
Les municipalités pour fêter notre passage nous offrent des spectacles folkloriques de danse et de musique.
Dans les villes que nous traversons la musique est omniprésente, dans la rue, dans les magasins et les bars, jours et nuit, toujours forte, nous avons les oreilles cassées. C’est un musique boum boum, genre techno, pas intéressante. On est loin des doux airs de samba.
Dans le moindre village, les églises font le plein de jeunes. Ils portent tous des t-shirts avec pour flocage le nom de leur communauté.
L’Amazonie n’est pas vraiment un paradis pour nos organismes européens. La chaleur est accablante et les moustiques sévissent. Malgré cela c’est la partie la plus intéressante de notre voyage.

Au cours de notre navigation, des dizaines de barques, le plus souvent menées par de très jeunes enfants, encerclent nos bateaux. Certains arrivent même à s’accrocher aux voiliers. Malgré leur adresse, nous sommes stressés de les voir s’approcher d’aussi près. Nous leur lançons des habits inutilisés et des bonbons ce qui fait que nos placards sont vite allégés.
La communauté de Liverpool recycle, comme partout au Brésil, les canettes.
Dans les fazendas, les buffles sont régulièrement mis à l’eau pour traverser les furos. Incroyable de voir de si grosses bêtes nager aussi bien.
A Porto do Mos nous ne nous attendions pas à voir une plage de sable blanc.
Le problème de l’eau est problématique pour les voiliers, les organisateurs ont commandé une citerne aux pompiers locaux pour palier à la sécheresse.

Enfin une grosse pluie bienvenue arrose la flotte. Nous la recueillons avec des bâches pour remplir nos réservoirs.

Les dauphins roses oubliant de temps en temps leur timidité viennent respirer près de nous. Malheureusement cela est tellement furtif, qu’il est impossible de les photographier. Par contre, le chant des oiseaux de la forêt arrive jusqu’à nous accompagné quelquefois par le cri des singes. La couleur de la forêt avec ses dégradés de vert nous éblouit, nous ne nous en lassons pas !
Nous remontons le furo do Aquiqui pendant 9 heures avant de rejoindre le rio Amazonas. Nous voila enfin sur le fleuve lui-même.
A la sortie du furo les bombeiros et Patrick nous guident pour traverser le fleuve jusqu’à Almeirim. Le courant est fort, les bancs de sable dangereux !

Almeirim : j’ai beaucoup de mal à supporter le climat, les moustiques, le bruit infernal des embarcations à moteur et la musique qui est diffusée jour et nuit. Les boums boums agressent mes oreilles 24h sur 24 !!!! Je ne suis bien que lorsque nous naviguons dans le silence des furos seulement perturbé par les cris des oiseaux et des animaux de la forêt !
Mercredi 24 mars 2010

Nous nous dirigeons maintenant vers Novo Horizonte, petite communauté en amont du fleuve.
Le paysage change, nous longeons de grande étendues de prairie avec des élevages de zébus et de buffles.
Nous découvrons les collines de l’Amazone, cela ressemble énormément aux côtes de Toul, me dit Denis. En effet on se croirait sur la Moselle !
La communauté de Novo Horizonte compte une soixantaine de famille, le village est tout en longueur sur la rive avec comme unique rue un ponton de 1200 mètres sur lequel s’aligne les maisons sur pilotis.
Derrière les maisons en bois se sont des marécages où les animaux sont en semi liberté, buffles, cochons, poules, canards, moutons, chèvres. Ces marécages sont gorgés de jacarés, petits crocodiles qui sont régulièrement chassés pour leur consommation.
La rue unique sur pilotis avec un ponton donnant accès au furo devant chaque maison.

Chaque maison est habitée par des familles nombreuses. Certains enfants sont blonds même si leurs parents ont des cheveux très foncés.
Comme chaque année les participants du RIDS font don de quelques litres de gasoil pour le groupe électrogène du village.

Nous avons préféré donner l’équivalent en réais à la famille de cette jeune maman qui a 14ans. Trois générations vivent dans leur cabane.

28 mars 2010: Monte Alegre
Nous mouillons dans un lac ouvert, les jacinthes d’eau encerclent les voiliers et de nombreux oiseaux viennent pêcher au bord.
30 mars 2010

Pour rejoindre notre prochain mouillage de Tapara nous ne pouvons pas emprunter le furo prévu car il n’y a pas assez d’eau. Le convoi doit repasser par l’Amazone et naviguer à contre courant. Nous partons donc plus tôt que prévu pour une longue navigation de 11h vers ce mouillage.

Long, vraiment trop long ! Quand la navigation se fait sur les paisibles furos nous apprécions les paysages, nous longeons les maisons Caboclos et saluons leurs habitants mais sur le rio Amazone et son fort courant contraire nous n’avons que le désagrément du slalom entre les troncs d’arbre et les îles flottantes.

A Tapara, le soir venu, nous sommes envahis par les moustiques, cela n’est plus supportable ! Les produits anti-moustiques ne nous protègent pas assez, nos peaux commencent à souffrir énormément des piqures et des produits chimiques.

Après Denis, c’est mon tour d’avoir une grosse fièvre qui me met KO, est-ce la dengue ? Le palu ? Ou tout simplement une fatigue de l’organisme ?
Les symptômes ne durent heureusement pas longtemps, quelques dolipranes et c’est passé.

31 mars 2010

Tapara à Alter do Chao :Dernière navigation à contre courant de l’Amazone.
Nous passons devant Santarem en laissant cette grande ville à bâbord, nous nous y arrêterons plus tard, pendant le voyage de retour. En traversant l’Amazone d’une rive à l’autre nous constatons le changement de couleur de l’eau. De brunâtre très chargée en alluvions elle devient sur la rive de Santarem plus transparente, un petit peu noirâtre, chargée en acide provenant de la décomposition végétale. Cette eau qui provient du rio Tapajos ne se mélange pas immédiatement à celle de l’Amazone.
Aujourd’hui nous allons mouiller dans la lagune d’Alter Do Chao sur le rio Tapajos qui est le point le plus éloigné que nous avons prévu d’atteindre en Amazonie. Nous sommes à plus de 1000kms de l’embouchure du fleuve et cela fait un mois que nous naviguons au moteur sur ce fleuve et ses affluents.

Alter do Chao ne ressemble pas à ce que nous avons vu jusqu’à maintenant. On se croirait aux Antilles : une vraie lagune de sable blanc posée sur un fleuve. De plus aucun moustique, l’eau est tellement acide qu’ils fuient cette partie du fleuve. Nous allons pouvoir respirer un peu et guérir nos blessures.
La saison des pluies commence réellement maintenant avec beaucoup de retard, notre bâche et nos seaux font bien leur travail, nos réservoirs sont pleins en une nuit d’orage.
C’est ici que va commencer notre périple vers la découverte des communautés indiennes au cœur de la forêt.
Nous partons sur l’Amazonia avec les équipages de Tanagra, Fidelio, X Trem et Petunia pour une excursion de trois jours






Alter do Chao


C’est ici que va commencer notre périple vers la découverte des communautés indiennes au cœur de la forêt.
Nous partons sur l’Amazonia avec les équipages de Tanagra, Fidelio, X Trem et Petunia pour
une excursion de trois jours.
l'Amazonia


Installation de nuit sur l'Amazonia


Nous avons emporté dans nos sacs des hamacs que nous tendons dans le bateau pour y dormir. Nous passons ainsi trois nuits relativement confortable.
Les soirs nous nous arrêtons au bord du fleuve. Dans la journée nous visitons des communautés caboclos ou indiennes. Les communautés indiennes tentent d'éviter une trop grande assimilation proposée par le gouvernement mais elles sont peu nombreuses, il leur est difficile de résister, de refuser l'arrivée d'une certaine modernité comme l installation de lignes électriques qui apportent un peu de confort et la télévision! Le métissage les fait devenir de plus en plus caboclos.
 
Oiseau de Paradis dans la forêt Amazonienne


Préparation du manioc






Petit tour en pirogue dans la forêt immergée


Ma guide indienne


Forêt immergée


Attache de hamac


ce fruit sert de teinture






Maison des caboclos


nid de colibri


maisons offertes par la banque brésilienne


 
Le premier jour nous visitons une communauté caboclos qui nous emmènent en pirogue à travers la forêt immergée, magnifique spectacle. Certains caboclos habitent des maisons offertes par une banque gouvernementale. Elles sont toutes construites sur le même modèle. Pour accrocher les hamacs solidement, pas de problème, on perce un trou dans le mur, on fixe un crochet en forme de X à l’extérieur et voilà !




Le second soir une communauté indienne vient nous chercher à bord après la tombée de la nuit et nous conduit à la lueur des torches dans son village. Elle nous offre un spectacle de danses rituelles impressionnant. Nous achetons quelques souvenirs d’artisanat local, des arcs, des flèches et des carquois.
chef indien


rite sacré






La vie en autarcie fait que les caboclos utilisent de nombreuses plantes pour toutes sortes d’usages : médical, teinture, etc.
noix de cacao


bateau typique de l'Amazone


la salle du conseil des anciens sert d'école le jour


la rivière sert de machine à laver


bébé jacaré





plage du Tapajos


siège de la salle du conseil des anciens




école


extraction du latex


liane tortue


cet arbre a mille ans


mygale

repas sur l'Amazonia


village caboclos









fruit de la forêt




Jean, notre chirurgien soigne une blessure infectée




papillon de nuit


extraction du latex






Marie joue l'indienne


Des promenades en forêt nous font voir des arbres âgés de plusieurs centaines d’années. Nous passons à coté d’un arbre de plus de mille ans qui mesure 50 mètres de haut pour une envergure à la base de 25 mètres de circonférence.
A notre retour, la lagune se trouve immergée


Notre voyage sur l'Amazone se termine à Alter de Chao, maintenant nous redescendons le fleuve à toute vitesse avec l’appui du courant jusqu’à Afua, une ville lacustre très intéressante.






Vendredi 15 avril 2010 Afua


Le Rallye se termine à Afua, La Direction du rallye a décidé de ne pas assurer l'organisation de l'escale de Kourou en Guyane comme prévu au départ. Cela serait dû au fait que les travaux de désenvasage de l'entrée du port de Kourou demandés par le RIDS n'ont pas été réalisés par les autorités locales.








anniversaire du capitaine du Sao Juan


anniversaire de Marine et d'Edith


les ados composent une chanson de remerciement pour notre staf


Après une petite fête d’adieu à Afua nous laissons le Sao Jao à la sortie du fleuve avec une petite larme à l'oeil, ce fut un magnifique voyage, que de belles images et de belles rencontres !







Vendredi 23 avril 2010 Îles du salut puis Kourou


La plupart des bateaux décident de passer par Kourou malgré l'annulation de l'étape par le RIDS, avec un petit arrêt aux îles du Salut pour visiter les ruines de l'ancien bagne. Cela représente environ 4 jours de mer depuis l’embouchure de l’Amazone.








bagne des Iles du Salut










Iles du Salut


Nous atteignons les îles du salut le 24 avril 2010 et entrons le lendemain à Kourou.


Ballade à Kourou avec Annette et Jean-Michel










 Après quelques jours passés à Kourou, petite ville peu intéressante à l'exception bien entendu de la base spatiale dont la visite est passionnante, nous nous élançons pour une dernière traversée de 600 milles vers Tobago et Trinidad.


Centre spatial de Kourou
















Scarborough Dimanche 2 mai 2010


Le courant portant et les vents poussants nous permettent de faire une moyenne de 8,2 noeuds. Nous arrivons à Scarborough sur Tobago après 73 heures de mer.


Le séjour à Tobago est court. Nous rencontrons quelques bateaux du RIDS et faisons ensemble un pique nique mémorable sur la plage de Store bay.




























ponte d'une tortue Luth














Chaguaramus Vendredi 7 mai 2010


Fin du voyage. Nous rejoignons Trinidad, la marina Crews Inn puis le chantier Peake où Harmonie est mis au sec. Nous passons de longues journées à le désarmer, à le nettoyer. Plusieurs équipages du RIDS ont fait le même choix que nous : hiverner leur bateau à Trinidad et rentrer en Europe par avion pendant la saison des cyclones. D’autres bateaux rentrent en France dès cette année en passant par les Antilles et les Açores. Nous irons accueillir certains d’entre eux quand ils arriveront en France.


Nous avons l’opportunité à Trinidad d’assister au spectacle saisissant des tortues marines Luth qui viennent pondre sur la plage et s’en retournent après quelques heures de travail harassant pour enterrer et cacher leurs œufs.






Nous laissons Harmonie en hivernage pour de longs mois au chantier Peake Marine. L’heure n’est pas encore au bilan. Nous savons que nous avons vécu quelque chose d’exceptionnel, une aventure de 9 mois qu’il est donné à peu de gens d’entreprendre. Nous rentrons en France plein de souvenirs et d’images dans la tête que nous partageons avec une communauté de marin, celle du Rallye des îles du soleil 2009-2010.






Plus de photos : http://picasaweb.google.fr/edithperron


Notre site : https://sites.google.com/site/voyageharmonie/home


Merci à nos fidèles lecteurs de nous avoir encouragés tout au long de ce périple de 9 mois.






Edith Perron et Denis Stire