dimanche 26 octobre 2008

J'avais un rêve....4ème partie LA PALMA






C’est le vendredi 24 octobre que nous partons pour La Palma car nous avons reçu un mail de Christian et Martine nous vantant cette île, Yacht Club à disposition des plaisanciers, internet, marina sympa.
La météo n’est pas terrible mais nous décidons de partir malgré le vent et la houle. Nous longeons la côte sud de La Gomera et comme nous sommes au près serré Denis décide de dérouler la trinquette. Ce n’est pas une bonne idée! La coquine n’a pas vraiment aimé son étirement. Elle sort de sa ralingue pratiquement aussitôt son déploiement et bat dans le vide.
Le vent nous malmène et il faut vite se dépêcher pour maintenir cette voile avant d’avoir des dégâts. L’opération n’est pas des plus facile, le vent, la houle ne viennent pas à bout de notre détermination. Denis finit par attacher la trinquette sur les filières, cela tiendra bien comme ça jusqu’à notre arrivée, qui est quand même à 53 milles. Denis lance le Solent en remplacement.
Il nous faut tirer un bord pour remonter sur l’est de La Gomera et c’est ensuite avec force 6 et une vitesse allant de 8 à 9 nœuds que nous filons vers notre but.















Je commence à avoir le pied marin, les creux de parfois 3 mètres ne me chavirent pas l’estomac, ce n’est plus « Une valse à mille temps » que nous joue la mer mais « La Valkyrie » . Le bateau souffre, le solent n’est pas idéal pour cette allure et l’ancre fixée à l’avant tape fortement dans les vagues, Denis n’arrive pas à la stabiliser.
J’étonne Denis par ma faculté d’adaptation, il m’appelle « La fille de la Mer ». Lui, par contre ne supporte pas bien ce roulis qui ne cesse de s’amplifier, et finit par être malade. Cela passe très vite en restant allongé et en dormant un petit peu.
Christian qui nous aperçoit de très loin, nous dira plus tard, que notre voilier était magnifique en pleine vitesse.
A cette allure nous mettons moins de temps que prévu pour parcourir cette grande distance, c’est à 18 heures que nous amarrons Harmonie, dans un port houleux.
Nous y retrouvons Tara de Christian et Martine et Austral de Franck et Floriane, ces derniers changent de ponton car la houle les a malmenés la nuit précédente et toutes leurs aussières ont cassé.
La douche froide pour nous, nous espérions une marina tranquille. Raté! Denis fort contrarié, examine ses points d’ancrage, pas évident de maintenir Harmonie dans cette agitation.
Après plusieurs essais, Harmonie est enfin en sécurité.
Nos amis nous expliquent que cette houle est arrivée il y a deux jours et que leur dernière nuit fut très agitée, tout le monde sur les pontons pour reamarrer les bateaux.
















Pour finir cette journée mouvementée, nous faisons un petit tour dans la ville, jolies maisons, bien entretenues, je pense que c’est la plus belle ville visitée.




























Les espagnols sont tous dehors ce vendredi soir, les rues sont animées, l’air est doux, la promenade agréable.
Le samedi matin est consacré à la désalinisation d’harmonie et de la réparation de la trinquette.
Pensant avoir fini ces corvées, nous nous réjouissons de la journée qui s’offre à nous.
C’est sans compter sur la déveine qui semble ne pas nous quitter depuis un bout de temps.
Denis s’aperçoit que les fonds sont plein d’eau, d’où peut elle venir? E t nous recommençons notre écopage, les fonds vont être nickel à force de les nettoyer. Bien entendu nous ne trouvons pas la fuite, il faudra dorénavant surveiller régulièrement les fonds. De plus, je tombe une nouvelle fois en panne de téléphone portable, la connectique de la batterie est HS, ça continue!
Epuisés par tant d’émotion, nous faisons une tendre sieste.
A notre réveil nous décidons de faire un tour au yacht club avec nos ordinateurs pour donner des nouvelles à nos proches. A cette heure je n’arrive à joindre personne, mes enfants sont dans le train pour Bar le Duc.
Le soir venu, nous invitons Franck et Floriane car ils partent le lendemain pour La Gomera et ensuite pour le Cap Vert. Ils en profitent pour avoir des renseignements sur ces îles qu’ils ne connaissent pas. Denis les briffe avec son expérience passée en nous faisant tous rêver.


Dimanche 26 octobre
La matinée est consacrée à l’écriture et l’après midi nous nous sauvons « c’est bien le mot » de cette marina pour aller visiter la ville.
Denis est obligé d’amarrer Harmonie plus solidement, le roulis malmène les pare battages, il faut les soulager. Nous commençons par être excédés de ce tangage permanent. Cette marina a été mal conçue. Est-ce pour l’aspect financier? Je ne sais pas, mais en tout cas, il ne faut conseiller à personne de venir passer plusieurs jours à La Palma. Dommage pour cette île et pour sa capitale qui me semble être la plus belle des Canaries.
Elle porte bien son nom «La Palma» dîte "Isla Bonita" veut dire «La Jolie»
Tous les autres bateaux se sauvent autour de nous, qu’allons nous faire?
Charles arrive mercredi normalement, attendrons nous son arrivée ici, ou partirons nous vers un port plus tranquille? Cela va dépendre de la météo. Un coup de vent est annoncé pour le début de la semaine.


En attendant nous partons pour une petite visite de Santa Cruz de La Palma.
Le vent est tombé le soleil est bien présent, la température est de 24°. Dés la première rue, c’est la grimpette, les maisons sont toutes différentes d’aspect et de couleur, leur charme nous séduit. Elles ont toutes les mêmes styles de balcons et de jalousies en bois verni et des façades blanches ou pastel.
Denis mitraille ces jolies rues avec son appareil photo, nous nous ravissons en découvrant chacune d’entre elles.
Nous nous retrouvons en haut de Santa Cruz avec un point de vue superbe sur la ville! Extraordinaire! Quelle beauté!
A notre retour nous décidons de profiter du yacht club, piscine, internet et bar.
Nous sommes dans l’eau depuis une demie heure lorsque le gardien du club vient nous sortir de l’eau en nous disant que nous ne sommes pas autorisés à profiter de la piscine intérieure sauf moyennant une somme de 5€ par personne et l’achat obligatoire du bonnet de bain pour la même somme. En tout 20€ à deux. Dépités, nous n’acceptons pas de payer et décidons de passer un long moment sur internet.




















Nous ne pouvons pas rester sur cette île sans la découvrir de l’intérieur, c’est ce que nous faisons
en louant une voiture pour la journée.
Dés les premiers kilomètres nous sommes conquis par « La Jolie ». La montée est vertigineuse, Denis me dit qu’elle ressemble énormément à Madère.
Cette île n’est en fait qu’une montagne en forme de coeur.
Les routes sont serpentées, les virages serrés et sans le vouloir nous découvrons une petite route très étroite mais combien jolie. La forêt nous entoure avec ses pins canariens aux troncs tachetés de noir et ses châtaigniers aux couleurs d’automne.
Nous nous arrêtons dans une petite ville San DOMINGO pour nous restaurer, il n’y a plus beaucoup de restaurant ouvert à cette époque de l’année. Les touristes sont peu nombreux et nous nous contentons d’un plat surgelé.

Ici nous découvrons d’anciens moulins dont la conception ne nous est pas familière.
Nous continuons notre ascension en passant par l’observatoire d’astrophysique à 2000 mètres d’altitude où des savants du monde entier guettent d’éventuels signes de présence extraterrestre.
Encore 426 mètres et nous atteignons le plus haut sommet de l’île le « Roque de Los Muchachos ».
Les pulls et les cirés sont indispensables, le vent souffle par rafales et les nuages arrivent à grande vitesse. Nous nous amusons à faire semblant de voler.
La journée passe très vite et nous devons songer à rentrer vers Santa Cruz, nous prenons la direction du sud pour aller voir les possibilités d’ancrage dans le port de Tazacorte. Juste avant d’arriver nous faisons une halte au « Mirador Del Time », la vue sur la vallée me coupe le souffle, c’est une étendue à perte de vue de plantation de bananes.
Comme nous le pensions, le port est plein, uniquement réservé aux locaux et sans possibilité d’hivernage, car nous cherchons toujours une solution pour laisser Harmonie en sécurité sur les Canaries.

Mardi: Un grand coup de vent est prévu pour ce soir, le vent commence à souffler très fort, nous constatons déjà dans le port des rafales jusqu’à 35 nœuds. Denis en prévision du grossissement du vent change Harmonie de catway. La manœuvre n’est pas des plus facile, le vent a une force incroyable.
Heureusement Christian vient à la rescousse et après de nombreux efforts, Harmonie semble bien calé et prêt à effronter cette tempête.
Pour remercier Christian nous l’invitons avec Martine à prendre l’apéro.
En fin d’après-midi, lorsque Denis termine ses écrits, nous partons nous connecter sur Internet.
Le ciel est noir de nuages, des trombes d’eau s’abattent sur nous, et c’est complètement trempés que nous arrivons au yacht club.
Une mauvaise surprise nous attend en revenant au port, l’aussière que nous avions mise s’est rompue avec la force du vent, et pourtant elle était de gros diamètre et neuve.
Nous nous demandons comment les autres amarres feront pour résister à de telles étirements.
Dans la soirée, nous entendons un crac, et cette fois c’est la sangle d’un pare battage qui vient de céder.
La nuit est plus calme que prévue, nous pouvons dormir en restant aux aguets tout de même.


Mercredi 29 OCTOBRE: Arrivée de Charles
C’est dans la fébrilité que j’attends l’arrivée de mon fils, je ne l’ai pas vu depuis début septembre et le temps me paraît bien long.
Il est en vacances pour quelques jours avec son père à Madrid et prend un vol pour Tenerife avec une correspondance pour La Palma.
Je le sens un petit peu nerveux au téléphone, c’est la première fois qu’il prend l’avion seul et se pose des questions pour le transfert. Enfin, il est débrouillard et a quelques notions d’espagnol.
Je vais à sa rencontre sur le port, et le vois arriver, le sourire aux lèvres, égal à lui-même.
Les retrouvailles sont tendres et Charles est ravi de venir passer des vacances avec nous.
Nous lui présentons Harmonie en lui donnant des détails sur la vie à bord.
Il a l’air à l’aise malgré le roulis qui nous malmène.
L’humeur générale est bonne, j’appréhendais un petit peu car Charles et Denis ne se connaissent pas bien. Tout le monde est à l’aise, les discussions vont bon train.
Le temps commence à changer, les nuages reviennent nous narguer, mais nous partons tout de même pour donner un appercu succinct de la ville à Titou.
Après le repas nous lui montrons le yacht club sous un pluie battante. Le pauvre, lui qui venait pour la chaleur, c’est raté!
Le jour suivant, le temps est toujours chaotique et nous sommes contraints de rester sur le bateau une partie de la journée. L’après midi une accalmie s’installe et nous crapahutons les ruelles pentues de Santa Cruz.
30 Octobre:
Nous avons repéré la veille les loueurs de voiture. La société Moreno semble pratiquer les tarifs les moins chers.
Denis décide de retourner sur le que celui nous avons fait quelques jours plus tôt pour montrer la beauté de Roque de Los Muchachos à Charles.
Décidement, le temps ne nous est pas favorable, dés les premières hauteurs, un brouillard s’installe et la visiblité est presque nulle.
Les paysages restent tout de même époustouflant et ravissent Titou, nous prenons une petite route pour aller voir los Nieves et au bout de quelques mètres, ce n’est plus une route mais un chemin , puis un sentier fait d’ornières et plein d’éboulis de roches. Nous décidons de continuer à pieds. La pluie nous cingle les visages, le froid nous pénètre, nous renoncons rapidement dans notre projet d’atteindre le somment. Et c’est frigorifiés que nous courrons nous mettre à l’abri dans notre véhicule, le chauffage à fond. C ‘est un comble, venir aux canaries et se sentir comme un mois de janvier en France!!
Nous rions de notre dévaine, et nous persistons à grimper pour voir Muchachos.

A quelques dizaines de mètres de notre but, nous croyons rêver! La neige est là! Charles n’en revient pas et envoie aussitôt des clichés à quelques amis.
Bien entendu, impossible d’accéder au pic dans de telles conditions de froid et de vent. Dépités, nous décidons d’aller chercher le soleil dans le sud en espèrant que celui-ci ne nous fera pas faux bon cette fois.
Plus nous descendons, plus la couche de nuages s’amoindrie. La chaleur retrouvée nous met du baume au cœur,
Une halte dans la petite ville de Tijarafe, nous fait découvrir la place indiquée par les guides avec sa petite église et surtout ses dragonniers majestueux.
Nous tombons par hasard sur un petit musée ( une ancienne école) dont l’hôtesse nous narre l’histoire et les traditions de son peuple. Nous sommes béats devant le système de récupération des eaux de pluie, un patio intérieur avec des chanlattes conduit l’eau vers un puit central . Les habitants récupèrent cette eau dans un seau et la verse dans un filtre naturel et poreux de pierre de lave, l’eau filtrée coule goutte à goutte dans un récipient et l’excédent dans une jarre.
Plus tard, nous nous arrêtons pour cueillir les fruits rouges et tentants des figuiers de barbarie.
Nous savons pertinemment que ces fruits étaient une calamité. Mille épines les recouvrent et rapidement nos doigts en sont envahies.
Comme des gamins maraudeurs, Denis et Charles s’éclatent dans cette ceuillette imprévue.
Nous nous arrêtons à El Time pour faire admirer la vue des plantations de bananes à Charles.
Nos estomacs commencent à crier famine, il est temps de trouver un restaurant.

Nous le trouvons sur le bord de plage de Tazacorte, face à la plage, entourés de chat faméliques quémandants quelques restes.







Après ce repas bien copieux, nous reprenons notre route vers les volcans.
Nous descendons vers la pointe de Fuencaliente « source chaude », pour gravir ses fameux volcans dont les éruptions ont fait frémir les habitants il y a encore très peu de temps. La dernière a eu lieu en 1971! Cela me rappelle les paysages de Lanzarote et c’est avec ravissement que nous escaladons le Teneguia.

Nous nous amusons à sauter comme des cabris, les rires fusent et la vue au sommet nous laisse dans un état second. Comme tout bons touristes que nous sommes, nous ne pouvons pas nous empêcher d’ajouter chacun notre pierre au sommet de ce volcan en sommeil.

C’est dans la pénombre que nous effectuons le chemin vers Harmonie.

mardi 21 octobre 2008

J'avais un rêve... 3ème partie LA GOMERA
















La Gomera

Lundi 20 Octobre

Je me lève de bonne heure pour préparer Harmonie à cette traversée pour La Gomera, il faut tout vérifier, tout attacher et ranger, préparer la grand voile.
Les pleins sont faits, nous voilà parti pour 27 milles.
Il n’y a pas de vent, c’est encore pire que tout, pas un brin, nous mettons le moteur, nous suivons de près Tana, ils sont partis 10 minutes avant nous.
La moitié du chemin se fait au moteur avec encore de la houle. Après avoir passé la pointe de Tenerife, le vent se met à souffler. Denis après avoir largué la grand voile, lance le Solent.
Mais le vent monte toujours plus fort, et il décide d’enrouler le Solent pour lancer la trinquette.
Harmonie gîte sur bâbord d’ une façon un peu excessive pour moi. Le vent monte parfois jusqu’à 25 nœuds et nous sommes au prés serré, alors les sensations sont fortes, il faut que je m’accroche pour rester en équilibre, le stress monte. Denis lui est tranquillement allongé sur la couchette comme si de rien n’était, une peur panique s’empare de moi et je le crie à Denis.
Il finit par venir et prend un ris dans la grand voile, ouf la vitesse est toujours aussi importante mais la navigation plus confortable.
C’est maintenant que je me rends compte qu’Harmonie est un bateau spécialement conçu pour la vitesse.
Nous arrivons au port de La Gomera avec un longueur d’avance sur Tana qui lui a fait le trajet au moteur contre le vent.



Un marinero nous installe le long du quai en attendant l’ouverture des bureaux à16 heures. Peu de temps après nous avons notre place serré comme des sardines entre deux bateaux. La manœuvre est hasardeuse, les pare-battage en prennent un coup, tout le monde est sur le qui-vive! Enfin tout ce passe bien, nous ne sommes pas trop mal installés. Après le nettoyage du bateau et de nos personnes nous allons à l’exploration de San Sebastian de La Gomera. Les rues piètonnes sont toutes en longueur, quelques belles maisons nous montrent leur facade, les portes de l’église sont ouvertes en grand, laissant les rayons du soleil frapper les fresques, étonnant!



Denis qui connait un peu cette ville me montre la promenade du port, endroit un peu sauvage à l’écart du bruit et de l’agitation du centre.


En fin d’après midi, Denis décide de bricoller la trinquette qui a tendance à se cintrer. L’étai n’est pas assez tendu. Ma force est mise à l’épreuve, il faut soulever la base de l’enrouleur pour pouvoir atteindre le système de réglage de l‘étai. Ensuite harnaché comme un alpiniste, Denis me refait le coup de Tarzan.
Je le hisse en haut du mât pour qu’il puisse régler le haut de la trinquette.
On dirait qu’il a fait cela toute sa vie, j’aime mieux le savoir sur le pont d’Harmonie qu’en haut du mât qui se balance avec la houle.



Le lendemain nous partons avec une voiture de location pour une exploration de l’île, le temps est au beau fixe et nous pensons passer une excellente journée. Nous prenons la route à l’inverse de celle conseillée par les guides, c’est-à-dire, la côte est.
La route est sinueuse et nous offre des vues époustouflantes.











Malheureusement plus nous montons et plus les nuages nous entourent, la visibilité se réduit. Malgré cet inconvénient, nous nous arrêtons pour visiter le site du parc national de Garajonay, la végétation est dense avec ses pins et ses lauriers, il y a selon les guides un peu plus de 400 espèces végétales différentes.
C’est étonnant, des bus entiers amènent des touristes qui viennent visiter cet endroit.

Tout le monde est en admiration contemplative devant cette forêt, mais moi, je doit admettre que cela ne m’émeut pas outre mesure. Nos forêts de France sont, je trouve, beaucoup plus belles. Il faut dire que sur les Canaries, c’est rare d’avoir cette végétation surtout lorsqu’on regarde les îles les plus à l’est comme Lanzarote et son absence de végétation.


Nous descendons vers Valle Gran Rey où Denis m’offre un succulent repas. Mon choix se porte sur des calamars frits à la sauce Roquefort, le tout servi avec des morceaux de pêche et d’ananas, arrosé avec un blanc de la région, le Roque Cano, un délice!


Après ce copieux repas, il faut absolument éliminer, nous décidons de remonter dans la montagne pour visiter le plus haut sommet de l île, « l’Alto de Garajonay » à 1470 mètres.
Les conditions météo ne sont pas terribles, et je ne suis pas très bien équipée pour une ascension sous la pluie. Denis me prête gentiment sa veste, et moi je lui donne mon pull. Je suis morte de rire, cela le cintre, nous avons l’air de deux clowns, mais qu’à cela ne tienne, nous nous lançons dans cette montée bénéfique pour notre organisme.
Le vent souffle en rafales, la pluie cingle nos visages, le froid nous engourdit le bout des doigts et tout cela pour arriver au sommet sans aucune visibilité sur le paysage alentour.
La bonne humeur est quand même là, nous rions de cette purée de poix, le bonheur est là!
Un gardien, qui garde je ne sais quoi, dort dans sa petite cabane, quel métier! Il ne doit pas voir grand monde par ici.




Nous rentrons par le sud en traversant Playa Santiago, les montagnes sont différentes, nous retrouvons les paysages désertiques des Canaries avec ses falaises striées aux couleurs minérales de toute beauté et une vue splendide du port de San Sebastian, où Harmonie nous attend.



Grâce à notre voisin de ponton, nous avons su que dans ce port, un allemand habitant sur son bateau vend des amplificateurs récepteurs wifi.
En effet, cette marina nous offre la connection à internet mais pas la puissance ni la qualité. Denis décide donc de faire appel à ses services pour avoir une connection correcte, les tarifs ne sont pas prohibitifs, il nous demande 98€, pour l’achat et l’installation. J’en profite pour lui demander s’il peut faire quelque chose pour mon ordi qui ne s’allume plus qu’en mode sans échec et ne me permet plus d’aller sur internet. Il me réinstalle Vista et en deux heures tout fonctionne à nouveau normalement. J’avais bien peur de rester sans mon ordi jusqu’à la fin de mon séjour! Il me demande 24€ pour cette réparation salutaire pour moi. Je peux à nouveau contacter Justine et Charles qui vient d’arriver à Lyon chez sa soeur.
Cela fait un bien fou de les voir et de les entendre par MSN.
Le jour suivant notre ballade en voiture, nous sommes invités sur Tana. Coco et Gégé nous reçoivent commes des rois. Nous bavardons comme de vieux amis, ils nous racontent leur rencontre et surtout leurs voyages autour du monde. Nous nous promettons de nous écrire car nous partons le lendemain pour La Palma.



































































mercredi 15 octobre 2008

J'avais un rêve... 2 ème partie











TENERIFE

C’est seulement le samedi 11 octobre que nous reprenons la mer, avec grand enthousiasme.
Enfin le bon air du large, je déchante un peu car la houle ne nous quitte pas et le vent nous fait tourner en bourrique. La petite vitesse du bateau permet la pêche d’une bonite qui nous fera au moins deux repas. Nous apercevons un petit groupe de dauphins, mais ils ne viennent pas jouer avec nous.

Un deuxième groupe un peu plus tard passe près du bateau et plus tard, juste avant d’arriver à Santa Cruz de Tenerife, nous voyons arriver à bâbord une famille de grands dauphins, impressionnants de majesté dans leur déplacement.
Sur le ponton, nous attendent Richard, dit le Merlan du bateau Marie Alice et son acolyte du bateau Jomandy en partance pour le Cap Vert.
Les retrouvailles sont sympathiques, c’est comme cela sur les pontons, lorsque l’on rencontre quelqu’un, il est très agréable de le revoir à nouveau dans un autre endroit.
Le bateau amarré à coté de nous, Maranatha, abrite une famille de jeune français avec leurs deux jeunes enfants, Alex, Véronique, Mariana et Paul, ils ont pris une année sabbatique et vont jusqu’aux Antilles.


Le dimanche nous flânons dans Santa Cruz, ville très décevante, sale, aucune âme. Nous tombons sur un défilé pour la fête nationale, lamentable!!! Quelques groupes disparates et des musiciens jouant faux de surcroît!



Toujours pas de connexion à internet, nous sommes obligés d’aller au Mac Do pour quelques minutes de connexion, mon forfait téléphonique fond comme neige au soleil, il m’est de plus en plus difficile de joindre mes enfants.
En rentrant, nous apercevons Xara au ponton, cette vision me donne du baume au cœur, la journée ne se terminera pas si mal que ça!!
Je croise Floriane aux douches du port, ils sont arrivés aussi, génial ! Nous sommes comme des adolescents qui retrouvent leurs copains, pourtant nous les connaissons à peine.
Nous allons prendre des nouvelles de Christian et Martine, leur demander comment s’est passé leur voyage jusqu’ici. Nous racontons le nôtre et nous finissons la discussion sur leur pont devant un verre.


A notre retour sur Harmonie, nous rencontrons un brestois qui vient d’arriver, et un peu plus tard, dans la soirée un autre français. Le port se rempli peu à peu de nos compatriotes.
Lundi, nous allons aux nouvelles de nos proches via internet, manque de chance pour moi, tout le monde travail et je n’arrive à joindre personne, je laisse donc des messages en espérant pouvoir les appeler avant notre départ pour un autre port.


En rentrant, une belle surprise nous attend. Denis pensait pouvoir faire un petit somme, cela est vite réglé.
Il y a quelque chose d’anormal sur le pont, mais je ne sais pas encore à quoi servent tous les nables de pont (orifices pour remplir les réservoirs). En regardant celui de tribord, je vois un truc bizarre, marron et très odorant. J’interpelle Denis, qui commençait à s’endormir : Viens voir, il y a quelque chose de suspect sur le pont!!
Mort de rire, pas vraiment! Aie, aie, aie!! L’évacuation des toilettes est bouchée, et pour les connaisseurs, sur un bateau, c’est la cata!
Je vois son visage changer de couleur, en plus c’est de ma faute, j’ai jeté des lingettes dans les WC, sans savoir les risques.
Denis commence par essayer de vidanger le réservoir à eaux noires par l’intérieur : pas bien!
Une grande quantité de vous savez quoi, s’écoule dans les fonds sur les trois quart du bateau, une odeur pestilentielle envahit aussitôt Harmonie. Comme dit l’expression, nous sommes dans la m… jusqu’au cou, la nausée monte dans ma gorge.
Nous réfléchissons comment faire, Alex du bateau voisin vient à la rescousse. Il a une petite pompe. Sans trop y croire, Denis tente le coup, et nous entendons un petit flop sous le bateau! Miracle, cela se débouche, nous voyons nos tracas s’enfuir dans la mer!
La journée n’est pas finie pour autant, lavage du réservoir, puis des fonds qui contenaient une multitudes de choses. Les vestes rangées dans la placard des toilettes sont souillées aussi. Un travail énorme, il faut absolument retirer toutes les odeurs et désinfecter l’ensemble. Puis vraiment en fin d’après-midi, lorsque tout est rangé, c’est à notre tour de passer au désinfectant.
Je dois ici, tirer mon chapeau à Denis, il est resté stoïque, pas une remarque, pas une critique à mon encontre, pourtant il y avait de quoi être furax, donc , merci à toi mon tendre Denis pour ta patience.
Nous avions prévu un petit apéro sur notre pont avec les deux français, et le couple de Xara, nous sommes prêts juste à temps, les odeurs ont disparues!
Jacques de ZEN, arrive et nous discutons de bateau, bien entendu. Le temps passe et personne d’autre n’arrive! Comme il connaît le propriétaire de GIN FIZZ, il se propose de voir pourquoi il n’est pas là. A son retour, il nous explique que Gérard, c'est son prénom, était au téléphone avec les parents d’une de ses élèves, celle-ci venait de décéder suite à un accident. Triste nouvelle! Nous avons un petit moment de vide!
Christian et Martine ne viennent pas non plus! Dommage! Ils devaient nous dire s’ils partageaient la voiture que nous louons demain.
Après cette journée, forte en émotion le sommeil est salvateur.



Mardi, départ 9h 30, Denis nous a loué une voiture.
Le temps est au beau, nous partons à l’assaut de El Teide. Sur notre route nous nous arrêtons à San Christobal de la Laguna au nord-ouest de Santa Cruz. Cette ville nous réconcilie avec Tenerife. C’est l’ancienne capitale de l’île. Elle est mignonne avec ses petites rues piétonnes, ses maisons si particulières. Ici pas d’immeuble, les autorités ont su préserver l’architecture du XVII ème et XVIII ème siècle.



Nous trouvons également de nombreux édifices baroques. A l’intérieur les patios fleuris et les galeries en bois ouvragé ravissent nos yeux.
Nous aimons visiter les églises et ici nous tombons sur « San Francisco Real Santuario Del Santisimo Christo de la Laguna ». L’intérieur d’une antichambre est recouverte de fresques originales noires et orange, assez intimidantes ma foi.


Nous reprenons notre route car nous devons être en bas du téléphérique pour 14h, la visite du Teide est réglementée pour ceux qui désirent monter jusqu’au sommet. C’est notre cas et nous avons du, la veille, faire des démarches pour avoir le permis d’escalade. Nous ne savions pas ce qui nous attendait!



Nous empruntons donc la route montagneuse menant au Teide, Sommes nous bien aux Canaries? La végétation est aussi dense que dans les Vosges, à la seule différence, en plus des sapins il y a des eucalyptus.
Le paysage est grandiose, entre deux percées nous apercevons le célèbre Teide .
André Breton disait de lui :
« Teide admirable, prends ma vie! Tourne sous mes mains rayonnantes et fais miroiter tous mes versants. Je ne veux faire avec toi qu’un seul être de ta chair, de la chair des méduses, qu’un seul être qui soit la méduse des mers du désir. Bouche du ciel en même temps que des enfers, je te préfère ainsi énigmatique, aussi capable de porter aux nues la beauté naturelle que tout englouti. »


Il faut nous restaurer avant d’entamer cette ascension. Nous nous arrêtons dans un restaurant, La OROTAVA, au croisement des routes à EL PORTILLO, où la vue sur la vallée est imprenable!



Nous sommes au pied de « La caldera (chaudière) de Las Canadas Del Teide », une des plus vastes coulée de lave du monde. C’est un immense étendue où les couleurs, allant du blanc au noir, du violet au rouge, nous submergent de tant de diversité.





Ces couleurs sont dues à la présence de manganèse, d’obsidienne et de pierre ponce. Certaines roches sont même parfois vertes du fait à la présence d’hydrate de fer. Tout autour du Teide nous admirons les longues coulées de laves pétrifiées. C’est un paysage unique. Cette majesté m’époustoufle.





Nous arrivons au départ du téléphérique, il se trouve à 2356 m d’altitude et nous percevons déjà la fraîcheur de la montagne. Les pulls sont les bienvenus! Il ne faut pas avoir le vertige pour prendre ce téléphérique, il monte un dénivelé de 1199 m.


La sensation est forte! Mais le paysage majestueux occupe toutes nos pensées.
Arrivés au terminal du téléphérique, nous commençons notre ascension pour nous hisser 200 m plus haut et atteindre le sommet à 3718m.
Après quelques mètres, Denis étant, comme d’habitude, parti en passant la cinquième! (lol!) , j’aperçois un garde demandant les permis. Je le crie à Denis, qui ne l’a pas vu et ne m’écoute pas.
Nous nous engageons donc sur le sentier menant à un panorama mais pas au sommet et seulement là Denis est bien obligé de constater que nous n’avons pas pris le bon sentier.




Eh, hop, demi tour, nous retrouvons notre garde qui prend les permis et notre véritable ascension commence.
Les cardiaques s’abstenir! 200 m de dénivelé, pour atteinte El Pilon (le sommet) à 3718 m.


Cette montée est pour moi un calvaire. Fumeuse, mes poumons manquants d’oxygène, j’ai le cœur qui s’emballe. Fort heureusement, j’arrive à le réguler très vite, je m’arrête souvent, je respire lentement pour ré oxygéner mes muscles et enfin la récompense est là!


Je suis sur le sommet de la plus haute montagne d’Espagne. Moi qui ne suis pas très fière lorsqu’il n’y a pas de protection du vide, je me laisse séduire à monter sur le dernier rocher d’El Pilon.
Féerique!


Les nuages n’arrivent pas à me gâcher le spectacle, des fumerolles nous envoient leurs odeurs sulfureuses, nous mettons nos mains à leur sortie, c’est brûlant, les guides disent que ces vapeurs peuvent atteindre les 90°.
Nous restons un long moment, nos esprits rêvent, nos pressions disparaissent, nous ne pensons plus à rien! Juste à regarder cette nature si majestueuse.



Mais il est l’heure, il faut songer à la descente, le téléphérique ne nous attendra pas.
Je garderai un souvenir impérissable de cet endroit, il est à jamais gravé dans mon cœur.


Nous descendons vers le sud, en passant nous admirons les monolithes de Roques de Garcia.
Denis veut s’arrêter à la Playa de Las Galletas, Pour repérer notre prochaine escale, nous prenons les renseignements nécessaire à notre arrivée.
Au retour nous nous arrêtons au centre commercial avant Santa Cruz « Carrefour ». Il y a vraiment tout ce que nous ne trouvons pas habituellement, et nous en profitons pour acheter quelques gâteries.
Le lendemain nous sommes à l’ouest! Est-ce l’effet de l’altitude d’hier? Toujours est-il que nous passons la journée à dormir, manger et préparer nos récits.


Le soir venu, nous sommes invités par Jacques sur son bateau ainsi que Gérard.
Cela fait du bien de se retrouver en société, les discussions vont bon train, et les anecdotes marines fusent de tous les côté, sauf du mien. Mais qu’à cela ne tienne, je leur en met plein la vue avec ma connaissance œnologique. Ils ne pensaient pas qu’une femme pouvait parler pendant des heures d’un sujet, qui habituellement est censé être réservé exclusivement à la gente masculine.
De l’apéritif nous passons à la pizza, et la soirée se termine avec une certaine hilarité dans l’air. Heureusement notre bateau n’est pas loin, nous nous laissons bercer par le léger roulis d’Harmonie.
Nous devions partir ce matin mais Denis profite de la grasse matinée et cette journée s’écoule encore sereinement jusqu’à notre retour du point informatique, les toilettes ne fonctionne plus. Cette fois c’est la pompe, après démontage, nous nous apercevons que l’arrivée d’eau de mer ne passe plus. Le sel a formé un énorme bouchon, plus de peur que de mal.
Nanou, ma cousine me téléphone pour me donner des nouvelles de France.
Elles ne sont pas bonnes, les français commencent à retirer l’argent épargné, et elle s’inquiète pour mon patrimoine, moi qui suis si loin. Merci ma cousine chérie de tant de sollicitude, je t’aime.
Nous avons également réfléchi pour savoir comment nous allons nous organiser pour l’arriver de Charles dans une quinzaine de jour et de celle de Nathalie et de Stéphane que devront théoriquement nous rejoindre vers le 15 novembre.
Après le repas du soir, nous sommes conviés à rejoindre Gérard sur son bateau, il y a là trois autres bretons, Charles, Dan et Loul, les discussions arrosées vont bon train sur l’économie actuelle.
Nous partons le vendredi 17, pour Las Galletas, vers 10 heures, non sans avoir salué nos voisins, Steve et Hilary sur Modestine, Franck et Floriane sur Australe.
Le moteur est de rigueur ce matin , pas de vent, pendant une heure nous allons à petite vitesse, la houle est encore là! Puis petit à petit, le vent commence à monter et Denis lance le Solent. C’est vent arrière que nous filons à 7-8 nœuds avec un vent qui monte jusqu‘à 25 nœuds, l’attention est grande, la houle nous malmène.
Mon estomac tient le coup, je ne suis pas malade, je commence à avoir le pied marin, Denis va s’allonger et je me met à penser.
Je ne m’ennuie pas, j’observe la mer, la côte. Je suis heureuse! J’aime l’océan, j’aime naviguer! Je m’amuse à sentir Harmonie sous mes pieds, c’est une valse à mille temps que nous joue la mer, nous la suivons, nous l’anticipons!
Oui, je me sens en Harmonie!
A plat ventre sur la proue du bateau, je vole au-dessus des vagues, Harmonie monte très haut et redescend en glissant, je suis les mouvements du bateau, il m’emmène vers des sensations et des plaisirs incommensurables.
Quelle belle navigation, des moments comme ceux là, j’en demande et redemande.


Las Galletas


Ce samedi nous avons décidé de nous reposer, petit tour en ville pour internet, restaurant où nous dégustons une lotte entière arrosée d’un petit vin blanc local savoureux, moment tendre et intense de sincérité.
Le dimanche nous faisons un peu de PMT, mais le temps est maussade, la mer pas très chaude et les poissons nous font la tête.
Par contre les fonds sont beaux par ici, il y a du corail et les variétés de poissons nombreuses.
J’ai des problèmes avec mon ordinateur portable, j’ai du me choper un virus à ma dernière connexion et je n’arrive plus à entrer en mode normal. C’est vraiment pas de chance, après mon téléphone, c’est au tour de mon ordi, j’espère qu’il va pouvoir tenir jusqu’à la fin du séjour, en espérant trouver une solution sur internet.
Le dimanche se passe tranquillement, nous faisons la connaissance des propriétaire de Tana, Colette, dite Coco et de Gérard, dit Gégé, des vendéens en partance pour les Antilles. Coco a habité vers Languidic, le fief de mon père et connait mon oncle Gérard, maire d’Hennebont.
Le monde est vraiment petit, ils vont aussi comme nous vers La Gomera avant de poursuivre leur périple.
Nous essayons une dernière fois de trouver cette fichue boulangerie dont Coco m’a vanté le pain, impossible, tant pis cela sera pour une autre fois.