dimanche 31 mai 2009

le Portugal



Le Portugal

Samedi 8 Mai :

Départ de Rabat, adieu Maroc, que de belles images qui resteront à jamais gravées dans ma mémoire.
Nous mettons deux jours pour parcourir les 200 M qui nous séparent des côtes Portugaises.
La nuit de veille est dure, nous longeons la côte, les cargos sont nombreux, pas question de relâcher notre attention.


L’Algarve

Premier aperçu des côtes Portugaises, les couleurs incomparables, complètement différentes du Maroc, les côtes découpées, nous invitent !

Portimao, petit mouillage, mais ne nous attardons pas, nous repartons le lendemain pour Lagos.



Denis m’a laissé la barre pour rentrer dans Lagos, je parcours le long chenal mais j’appréhende le moment ou je devrai mettre Harmonie à quai, je ne maîtrise pas du tout le moteur ni le propulseur d’étrave, mais Denis est là pour me conseiller, me donner les directives et à ma grande fierté tout ce passe en douceur.
Yes !!!

Mon premier appontage


Quelle joie de retrouver la civilisation européenne !! Et il faut dire particulièrement celle du Portugal.


La propreté, la beauté des rues avec ces trottoirs pavés de motifs chaque fois différents, la tranquillité lorsque l’on se promène, les magasins achalandés, les terrasses des bars on l’on n’a pas besoin de se cacher pour prendre un verre. Denis est ravi, il jubile ! Il est resté beaucoup plus longtemps que moi au Maroc, et après s’être adapté à la façon de vivre des marocains il est heureux de retrouver le mode de vie européen. L’Europe lui manquait terriblement.

Le temps n’est pas au beau fixe, la chaleur n’est pas encore là, moi qui croyait qu’au Portugal à cette époque de l’année j’allais avoir très chaud !
Nous faisons quand même un petit tour sur la plage et je ne peux m’empêcher de me jeter dans l’océan.
Il y a un éternité que nous ne sommes pas allés sur la plage


Après ces deux jours passés à redécouvrir les petites joies de la civilisation nous partons vers Lisbonne le 12 mai pour 120 milles.


Nous avons navigué avec la pleine lune pour nous éclairer, instant magique ou tous les éléments de la nature nous fascinent et nous impressionnent à la fois.
C’est au petit matin que j’aborde l’entrée du Tage, Denis a veillé une bonne partie de la nuit et me laisse les commandes d’Harmonie.

Géant !! L’embouchure du Tage est large, toute la côte Lisbonnaise est bordée de monuments que nous pouvons admirer en passant. La Tour Belém, le monuments des découvertes, le Christ Roi, le Palais des Hiéronymites, le musé de l’électricité et le grand pont rouge enjambant le fleuve.




La Tour Belem



Monument des découvertes


Une ville, une vraie ville ! Le service des trams et des bus est impeccable, je suis ravie de monter dans ce moyen de locomotion, les portugais savent y faire, ces engins nous plongent dans un passé fait d’un sens de l’esthétique hors du commun. Je ne me lasse pas d’observer les conducteurs, leurs manœuvres avec des boutons et des manivelles d’un autre siècle. Cela ne doit pas être évident de manipuler ces machines !

Denis connait bien Lisbonne, ainsi il peut me faire découvrir les nombreuses facettes de cette capitale, mais encore une fois je suis très étonnée de constater qu’il n’y a pas grand monde. Pas de pollution car très peu de véhicules à part les transports en commun. On dirait que la population est ailleurs. Ce n’est pas désagréable, j’ai l’impression d’avoir la ville pour moi toute seule.
















Le soir nous trouvons un resto dans le quartier Alfama, ancien quartier pauvre, où les restaurants à fado se sont développés.
La concurrence est rude, c’est à celui qui sera le plus convaincant pour attirer le client.

Denis me conseille de gouter le plat traditionnel portugais, la Bacalhau A Braz, mets constitué de morue et de pommes de terre, un peu lourd mais pas mauvais.

Nous écoutons les musiciens et chanteurs, sans être convaincus ! La déception de Denis est grande, il n’arrive pas à retrouver les premières sensations de son initiation au Fado.
Le clou de la soirée est le tour de chant d’une gamine, insignifiante et chantant faux. Nous nous sauvons de cet endroit.
Nous consacrons la journée du lendemain à une visite plus approfondie.


Belle ville chargée d’histoire, les portugais on découvert le monde et rendent hommage à leurs explorateurs par ce superbe monument des découvertes surplombant les rives du Tage.
Ce monastère abrite dans une de ses ailes le musée de la Marine, ou nous passons un long moment à remonter le temps.






Musée de la marine
Le Belem est le gardien du Tage et de la ville, les touristes s’y précipitent, soit comme nous à pied, soit en groupe de zodiacs.


Le Belem

Vendredi 15 Mai







Debout de bonne heure, nous avons une longue journée devant nous : visite de Sintra, résidence préférée des souverains et inscrite au patrimoine de l’Unesco à une demi-heure de Lisbonne.
Nous prenons le train, depuis la gare Russio de Lisbonne et nous arrivons 40 minutes plus tard dans cette magnifique petite ville.
Les maisons sont coquettes, les rues et trottoirs très bien entretenus, tout le chemin nous menant au centre est bordé de statues d’artistes.

Sur la place s’élève le Palais royal, avec ses deux immenses cheminées, lui donnant un air particulier.
Palais Royal de Sintra Cuisine du palais royal

Ces cheminées si volumineuses permettent l’évacuation des fumées lorsque les immenses broches sont en service



Azulejo


La journée ne fait que commencer, nous nous attaquons à l’escalade qui nous mène aux ruines des remparts du château des Maures. Il nous faut déjà quitter le village, ce qui n’est pas une mince affaire, la rue grimpe et n’en finit pas. Ensuite le sentier menant au château est pentu et escarpé, cela me rappelle notre montée sur les pics de Madère. Les jambes ont oublié l’effort, il faut dérouiller tout cela ! Il ne fait pas chaud à l’ombre des arbres, le vent souffle fort à cette hauteur mais le paysage qui s’offre à nous, nous fait oublier nos peines de corps.
Enfin les ruines apparaissent. Je regarde avec incrédulité la longueur et la hauteur des marches. Je prends mon courage à deux mains, je ne suis pas montée jusqu’ici pour rester scotchée en bas ! Denis m’a raconté que la dernière fois qu’il était venu, il avait renoncé à aller tout en haut. Le vertige l’a pris en plein milieu de la montée des marches.
Je veux bien le croire, non seulement la hauteur est impressionnante mais le vent ajoute de sa force pour nous déséquilibrer.
Notre courage est récompensé par une vue imprenable sur la vallée de Sintra. Au loin nous observons la richesse de la région. Des « retiros », luxueuses propriétés où l’on faisait retraite et les « quintas », maisons à mi-chemin entre la ferme et le petit palais s’étalent dans des parcelles de verdures, l’ensemble est féerique.

De là nous voyons également au loin, un château sorti d’un conte de fées, très coloré, le palais de Pena.
Nous nous y rendons en petit bus cette fois.
Très coloré, de style baroque avec des tours gothiques rouges écarlates, des minarets, des dômes mauresques et un donjon. Pour nous accueillir, une sculpture effrayante au dessus de la porte principale.

Le seul problème avec ce palais c’est l’intransigeance de la direction, impossible de prendre des clichés de l’intérieur, Denis se fâche même ! « Pas de photo, monsieur, mettez votre sac à dos devant vous !! ». Au prix des billets d’entrée nous ne pouvons pas immortaliser notre visite par des


photos, frustrant !
Denis se réjouie de pouvoir m’emmener dans le restaurant du château, une très bonne table me dit-il. Nous sommes comme deux ronds de flan, plus de resto, fermé ! Nous n’avons droit qu’à un misérable sandwich à la cafétéria

Nous comblons notre déception par une longue promenade dans le magnifique parc du château. Deux cents ha se joue là une symphonie de verdures aux essences les plus diverses, de rocailles, fontaines et pièces d’eau. Le ravissement nous fait oublier la fatigue, et malgré les chemins escarpés, nous avançons avec jubilation dans cet océan de senteurs.








Chaque partie du parc a un atout, ici le jardin aux camélias, ici les fontaines, là « la grotte aux singes » et puis là, la Cruz Alta, calvaire du XVIème s qui culmine au point le plus haut de la serra, à 529m. Le panorama est majestueux.


Il commence à se faire tard, nous avons un long chemin pour redescendre sur Sintra et prendre notre train. Denis m’avoue qu’il n’a jamais fait ce chemin entièrement à pied lors de ses visites précédentes, nous avons les jambes en compote, mais tellement de sensations dans la tête et le cœur que la fatigue se fait vite oublier.

Restant sur son désir du midi, Denis décide d’aller dîner sur les bords du Tage dés notre retour à Lisbonne. La quête du bon resto commence ! Nous sommes attirés par le repas de consommateurs en terrasse. Ceux ci dégustent une pierrade qui nous met l’eau à la bouche.
Nous sommes en extase devant cette viande à couper au couteau et nos papilles craquent sous tant de douceur.


Samedi 16 Mai







Nous avons un mal de chien à rejoindre notre cybercafé pour avoir des nouvelles de nos proches. Le service de bus et de tram est perturbé. Ne parlant pas portugais nous ne comprenons rien mais nous sommes obligés
de terminer à pied le chemin


nous menant vers le centre. Après avoir fait une rafle de fringues chez Zara nous nous trouvons au beau milieu d’une parade assez burlesque. C’est à cause d’elles que les trams ne circulent plus. Il s’agit de troupes de musiciens de danseurs et de comédiens représentant les régions du Portugal. Ils font un boucan d’enfer avec leurs cloches attachées à la ceinture et font peur aux badauds.
Puis lassés de ces enfantillages nous allons prendre l’ascenseur de rue qui nous offre une belle vue d’ensemble sur le centre ville de Lisbonne.

Nous avons le même problème pour rentrer, il faut trouver un endroit où les bus s’arrêtent, nous en trouvons finalement un mais qui ne va tout à fait dans la bonne direction, ce qui nous oblige à faire le reste du chemin à pied avec une envie pressante !!


Dimanche 17 mai
Nous partons de Lisbonne vers 10H pour une petite navigation qui nous emmène dans la baie de Cascais. Superbe mouillage avec la beauté de la côte comme décor.









Les maisons sont belles, bien entretenues, fleuries et tout cela se marie parfaitement avec les pavés des trottoirs comme seuls les portugais savent les faire.
Cascais est la ville balnéaire chic où les Lisbonnais se rendent le WE, à notre grand étonnement, il n’y a pas grand monde dans les rues et les restaurants, est-ce la crise qui se fait ressentir aussi ici ? Nous avons déjà constaté ce phénomène à Lisbonne.

Lundi 18 mai
Ravitaillement et l’après- midi ballade le long de la côte de Cascais, jusqu’à la grotte de l’enfer.
Mardi 19 Mai
La journée commence mal, plus de courant sur le bateau. Je ne peux plus travailler sur mon ordinateur alors je réveille Denis.
Le jour se lève à peine, malgré cela il saute du lit de bonne grâce et essaie de résoudre le problème en mettant le groupe électrogène en marche.
Un essai puis deux puis trois, rien à faire le moteur démarre mais s’arrête au bout de 30 secondes. C’est la misère, il persiste, rien n’y fait.
Vérification de tous les systèmes, échec !
Qui dit plus d’électricité, dit plus d’eau froide ni chaude, le dessalinisateur ne pouvant faire son travail, au mouillage c’est la galère.
Denis décide de partir vers Peniche, à une quarantaine de mille d’ici pour continuer notre route vers la France, nous savons que la météo n’est pas très bonne mais nous tentons le coup quand même.
C’est pire que ce que l’on pensait, deux heures plus tard nous n’avons fait que 8 milles, le vent allant parfois jusqu’à force 6 dans le nez avec une houle de trois à quatre mètres . Nos estomacs sont mis à l’épreuve, nos corps aussi car nous tapons avec violence dans les vagues, c’est infernal.
Le moteur peine sous les assauts de ces éléments, il s’emballe lorsque le bateau chute dans le creux de la vague, parfois nous avons l’impression qu’il va s’étouffer. Notre vitesse tombe régulièrement jusqu’à 2 nœuds.
Nous souffrons pour lui. Après nous être concertés, nous décidons de faire demi tour. La différence se fait tout suite sentir le moteur ronronne joyeusement avec ses 7,5 nœuds de moyenne.
Nous sommes bien contents de retrouver le calme de notre baie de Cascais.
Cette sortie en mer nous a ouvert l’appétit, mais hélas ! La poisse continue, en pleine cuisson la bouteille de gaz nous lâche. Elle est vide. Bien entendu pour accéder à la recharge c’est tout un parcours.

Dans l’après midi Denis téléphone à un technicien en France pour lui demander de l’aide concernant le groupe électrogène, celui-ci lui donne quelques tuyaux pour une hypothétique réparation, nous avons beau suivre ses instructions, cela ne fonctionne pas, il va falloir attendre d’être en France pour un dépannage.
Nous allons attendre jusque jeudi pour partir, il y a une petite fenêtre météo qui nous permettra sans doute de faire quelques milles. Tant pis, je ne verrai sans doute pas Peniche, ni Nazaré, enfin nous verrons en temps et en heure. Neptune et Eole déciderons pour nous

La journée de mercredi se passe en douceur, petit tour en ville pour internet, déjeuner au cybercafé, et bronzette sur la plage de Cascais d’où nous pouvons admirer route la baie et Harmonie qui nous regarde de son œil droit.
Nous sympathisons avec deux français au mouillage comme nous, Georges et Patrick. Ils sont retraités et naviguent en solitaire en se suivant et s’entraidant chacun sur leur bateau un Feeling 10.90 et un Idylle 10.50. Ce sont des bateaux anciens ayant entre 20 et 25 ans d’ancienneté mais l’ambiance à bord est sympathique. Ils nous invitent à l’apéro le soir, puis à dîner.
Cela fait du bien de passer une soirée comme celle là ! Le contact humain avec des compatriotes nous manquait terriblement, les récits fusent de tous les côtés, le vin coule à flot et les langues se délient facilement.

Mercredi 20 Mai

Nous refaisons un autre essai de sortie de Cascais, direction le nord, en espérant que cette fois ci Eole nous laisse passer !
Les jours se suivent et ne se ressemblent pas, la navigation est très agréable. Nous pouvons même nous faite entièrement bronzer. La nuit nous faisons de grands quarts, jusqu’à minuit pour moi, ensuite Denis jusqu’à 3h30 et je reprends le relai jusqu’à Viana do Castelo.
En longeant les côtes je rencontre beaucoup de cargos, ils m’impressionnent toujours autant, les pêchous sont là aussi mais surtout leurs casiers qui ne sont pas forcément visibles la nuit.
En arrivant à Viana do Castelo, nous constatons avec stupeur que les appareils électriques ne fonctionnent plus . Nous n’avons donc plus de micro-ondes, plus de dessalinisateur, il est vraiment temps qu’Harmonie rentre pour se faire un check up complet. Puis nous faisons un tour dans la ville. Très belles maisons, les rues sont toujours aussi peu peuplées.



Nous passons la nuit au ponton visiteur et nous repartons le lendemain matin pour un mouillage sur les îles Cies en Galice, Espagne.






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