
EL HIERRO
C’est le vendredi 7 novembre que nous levons l’ancre pour la dernière île que nous n’avons pas encore visitée « El Hierro », la plus à l’ouest des Canaries où rares sont les visiteurs du fait de sont éloignement et de son manque d’installations pour les plaisanciers.
La traversée nous déçoit encore une fois, pas un brin de vent et la houle qui devient de plus en plus forte. J’avoue que « la fille de la mer » commence a être fortement incommodée de cette mer qui ne cesse de remuer dans tous les sens. Nous avançons donc au moteur pendant tout le trajet, sept heures à ce rythme!
Vers le milieu de l’après-midi, les nuages commencent à nous recouvrir. Ayant un peu froid, je vais dans ma cabine pour me changer. Ne me méfiant pas de la houle qui s’était un peu calmée, je ne me tiens pas suffisamment aux mains courantes et une grosse vague me fait basculer un arrière, ma tête cognant violemment sur le rebord de la cabine.
Aie, aie, aie!! L’expression « voir mille chandelles » est justifiée. Je les ai vu les chandelles.
Assommée, je suis restée un long moment allongée sur le lit.
Personne n’a rien vu ni entendu. Il me faut un certain temps pour récupérer mais je ne suis pas au top de ma forme tout le reste de la journée.
Nous arrivons au port d’El Hierro vers 16 heures.
Misère! C’est le cas de le dire, juste un haut quai pour accueillir les voiliers.
Pas d’échelle pour sortir du bateau, pas d’eau, pas d’électricité, pas de commerces, enfin rien de rien!
Nous discutons avec des français en partance pour le Cap Vert. Ils ont été obligés de faire demi tour dans la nuit pour cause de panne de pilote automatique.
Ils nous apprennent qu’il existe une marina au sud de l’île,
nous irons demain dès la première heure.
Un marinero nous demande de faire les formalités, Denis revient dépité. Il a réglé presque vingt euros pour une nuit, ces récriminations n’ont pas servi à grand-chose. Il faut que cela se sache! ne venez pas au « Puerto de la Estaca ». Aucun confort, pas d’appro possible!
Pas de commerce veut dire pas de pain, comme j’ai déjà tenté par deux fois d’en faire, Denis met en route le groupe électrogène et la cuisson commence.
Le résultat est cette fois probant. Le pain en accompagnant les poissons pêchés la veille est un délice! Les hommes se régalent. Le repas est agrémenté d’une petite bouteille de blanc du Menetou-Salon Morogues que Denis nous sort de « derrière les fagots ». Nous faisons son affaire à un pain entier.
M.jpg)
Nous partons ce samedi en direction de la marina de Puerto Restinga, quelques milles nous séparent de cet endroit et nous les faisons toujours avec la houle, vent arrière de surcroît!
A notre arrivée, j’ai l’agréable surprise de voir une marina toute neuve, avec des catways et des commerces. Le marinero qui nous accueille est tout sourire, cela me réconcilie avec les espagnols qui, en général, ne sont pas chaleureux.
Je déchante un peu lorsque celui-ci nous explique qu’il n’y a pas moyen d’avoir de branchement électrique n’y d’eau. Bon! C’est toujours mieux qu’à Estaca!M.jpg)
Nous nous pressons de faire nos achats pour le week-end.
Lorsque je m’affaire aux fourneaux, je constate une panne de gaz au milieu de la cuisson de nos merveilleux poissons perroquets. L’opération remplacement de la bouteille est loin d’être simple. Les réserves de gaz sont dans le coffre arrière sous une tonnes de bric à brac. Il faut tout retirer avant de pouvoir brancher une bouteille neuve. C’est rageant lorsque l’on a une faim de loup comme mes hommes!M.jpg)
L’après-midi nous partons faire une longue ballade vers la réserve de l’île. Charles ne pense pas aller trop loin et ne met pas ses chaussures. Les roches volcaniques sont assez coupantes, ses pieds souffrent, alors il nous abandonne en chemin. Nous le retrouvons plus tard dans un petit bar où il a la gentillesse de nous offrir une bière.
Nous trouvons un restaurant
(La
iega orga) qui nous offre la connexion internet et c’est dans cet endroit fort sympathique que nous passons notre soirée en buvant du vin pays et des calamars. Le patron est très courtois, le sourire toujours aux lèvres et j’ai presque droit au baise main à notre sortie.
Dimanche matin Charles ne tient plus en place, il voit s’installer des pêcheurs à la ligne un peu partout. L’envie de montrer ce qu’il peut faire le prend. Il enfile ma combinaison, sort le fusil et plonge.

Très peu de temps après je le vois revenir avec un beau perroquet de 280g et un magnifique sar à grandes lèvres de 430g. Il est tout excité de cette première plongé seul et repart aussitôt.
Nos voisins de ponton, des espagnols, nous interpellent en nous faisant comprendre qu’il est interdit de pêcher dans le port!
Au même moment j’entends Charles m’appeler, il demande que Denis vienne l’aider.
Je vois surgir juste à côté de lui, l’aile d’une Raie Manta .Sur le coup je ne sais pas ce que c’est , j’imagine autre chose vu son énervement et l’impression de stress que j’entends dans sa voix.
Je presse Denis , celui-ci enfile sa combi et plonge sans son fusil, après avoir hésité à le prendre. Grand bien l’en prit!
Il aide Charles qui ne sait plus quoi faire.
La Raie est allongée dans le fond, sur le dos avec la flèche plantée dans la tête mais plus attachée au fusil.
Il nous expliquera plus tard que celle-ci s’est cassée immédiatement après l’impact.
Denis plonge pour récupérer sa flèche, il faut qu’il descende au moins six mètres en apnée.
Il saisit le fil de la flèche et tire dessus, la Raie monte avec elle, puis se décroche et retombe dans les fonds.
Denis décide de laisser la bête où elle est, ils reviennent au bateau.
En même temps, un inspecteur de la réserve arrive vers moi et commence à rouspéter en espagnol, je comprends à peu prêt ce qu’il veut dire et je commence à nous excuser en lui expliquant que nous ne savions pas la législation du port.
Rien ni fait, ni Denis ni Charles n’arrivent à le calmer. Il veut le fusil! Il veut le passeport! Enfin le grand jeu! Finalement Charles lui montre sa carte d’identité en se gardant bien de la lui donner. Un autre inspecteur arrive et prend en photo du fusil. Ils n’ont pas vu les poissons que Charles à pêcher, heureusement!
Nous sommes convoqués le lendemain pour des explications, j’ai bien peur d’une amende sévère, enfin nous verrons bien. La joie d’avoir tiré un Raie est partie, surtout que Denis nous explique qu’ il ne faut pas tirer ce genre de poisson, les raies Manta sont rares et protégées. Un sentiment de culpabilité nous envahit.
Nous espérons que cette bête a pu se relever de sa blessure!
Dans l’après-midi, nous faisons une promenade vers l’autre côté de Restinga, mais nous nous enfonçons dans un no man land caillouteux et nous faisons demi tour en repassant par le centre de la ville.
Le soir Charles se propose de cuisiner sa pêche, il a pêché, il a vidé, il a nettoyé ses poissons et maintenant il va les faire cuire et les manger!!!
Je suis interpellée le lendemain matin par un marinero vers les 8 heures. Nous sommes convoqués au poste, je suppose que c’est pour l’histoire de Charles. Au même moment nos voisins humanitaires prennent le large, le marinero à beau leur crier qu’ils sont convoqués eux aussi, ils nous font des signes d’adieu an criant « CIAO!!!! ».
Leurs séjours ne leur aura pas couté un centime, c’est tant mieux pour eux, mais je me demande s’ils ne vont pas être poursuivis par la police maritime.
Je vois une vedette sortir du port à vive allure, mais soupçons seraient ils confirmés?
Les hommes partent donc à leur convocation, au bout d’un moment je vois revenir la vedette avec une grande barque de pêche amarrée sur son bâbord. Cette barque est remplie d’africains.
Nous assiston
s, en directe, au triste
spectacle, d’un sauvetage d’immigrés clandestins. L’histoire n’est pas gaie! Nous sommes là, sur le quai, impuissant devant tant de détresse, de misère. L’émotion nous envahit. Quoi faire? Que dire? Juste assister à ce débarquement de pauvres hères presque mourants. Les secours se pressent, ils sont efficaces! Nous saurons plus tard, en lisant le journal qu’ils étaient 123 à bord. Qu’ils naviguaient depuis 20 jours, assoiffés, déshydratés, épuisés, ils erraient depuis une semaine au large sans trouver leur chemin.
Le bilan provisoire est de deux morts et quatorze dans un état critique.
Sur une photo que Denis a prise, nous constatons l’indifférence de certaines personnes. Le contraste entre la mort et la vie est stupéfiante!
Cette image ne nous quittera pas avant longtemps, nous y pensons et repensons encore.
Nous avons loué une voiture pour la journée, alors c’est en traînant le pied que nous partons pour notre excursion. A près ce que nous venons de voir, l’amusement n’ai pas au goût du jour.
Cette île est très belle, un côté aride et un côté vert. P
eut être commençons nous à être trop habitués à ces paysages somptueux, ou sommes nous encore sous le choc émotionnel de ce matin? En tout cas nous n’apprécions pas à sa juste valeur les paysages que nous offre El Hierro. De plus le couperet d’une amende possible est suspendu au dessus de nos têtes, tout cela contribue au sentiment de quitter vite cette île.
M.jpg)
La ballade est pourtant très belle, nous visitons le sanctuaire de la señora de Los Reyes, patronne de l’île, puis les falaises de El Golfo aux panoramas époustouflants et vertigineux.
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Le
midi nous nous arrêtons par hasard dans un petit restaurant à Frontera « El restaurante Joya Belgara » au décor intérieur fait de plantes vertes et au patron chaleureux. La paella n’est pas aussi bonne qu’il le prétend mais nous passons un grand moment dans la joie et la bonne humeur retrouvée.
La patronne nous fait rire lorsqu’elle nous dresse la table. Avant de poser les assiettes sur la table, elle souffle dedans en postillonnant, ce qui nous met dans un état d’hilarité contagieux. Denis l’imite à la perfection!!
M.jpg)
Nous continuons notre route sur Valverde ( capitale de l’île) en essayant de prendre contact avec le loueur pour laisser la voiture ce soir au lieu de demain. Nous avons hâte de quitter El Hierro, pour toutes les raisons que je viens d’invoquer et aussi parce qu‘un coup de vent est annoncé.
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La chose étant faite, nous prenons le bus qui nous ramène sur Restinga. Nous prenons la météo dans notre petit restaurant internet et c’est vers 9 heures, après avoir mis Harmonie en état de naviguer que nous prenons le large pour une nuit de navigation vers Tenerife, Las Galletas.
C’est le vendredi 7 novembre que nous levons l’ancre pour la dernière île que nous n’avons pas encore visitée « El Hierro », la plus à l’ouest des Canaries où rares sont les visiteurs du fait de sont éloignement et de son manque d’installations pour les plaisanciers.
La traversée nous déçoit encore une fois, pas un brin de vent et la houle qui devient de plus en plus forte. J’avoue que « la fille de la mer » commence a être fortement incommodée de cette mer qui ne cesse de remuer dans tous les sens. Nous avançons donc au moteur pendant tout le trajet, sept heures à ce rythme!
Vers le milieu de l’après-midi, les nuages commencent à nous recouvrir. Ayant un peu froid, je vais dans ma cabine pour me changer. Ne me méfiant pas de la houle qui s’était un peu calmée, je ne me tiens pas suffisamment aux mains courantes et une grosse vague me fait basculer un arrière, ma tête cognant violemment sur le rebord de la cabine.
Aie, aie, aie!! L’expression « voir mille chandelles » est justifiée. Je les ai vu les chandelles.
Assommée, je suis restée un long moment allongée sur le lit.
Personne n’a rien vu ni entendu. Il me faut un certain temps pour récupérer mais je ne suis pas au top de ma forme tout le reste de la journée.
Nous arrivons au port d’El Hierro vers 16 heures.Misère! C’est le cas de le dire, juste un haut quai pour accueillir les voiliers.
Pas d’échelle pour sortir du bateau, pas d’eau, pas d’électricité, pas de commerces, enfin rien de rien!
Nous discutons avec des français en partance pour le Cap Vert. Ils ont été obligés de faire demi tour dans la nuit pour cause de panne de pilote automatique.
Ils nous apprennent qu’il existe une marina au sud de l’île,
nous irons demain dès la première heure.Un marinero nous demande de faire les formalités, Denis revient dépité. Il a réglé presque vingt euros pour une nuit, ces récriminations n’ont pas servi à grand-chose. Il faut que cela se sache! ne venez pas au « Puerto de la Estaca ». Aucun confort, pas d’appro possible!
Pas de commerce veut dire pas de pain, comme j’ai déjà tenté par deux fois d’en faire, Denis met en route le groupe électrogène et la cuisson commence.
Le résultat est cette fois probant. Le pain en accompagnant les poissons pêchés la veille est un délice! Les hommes se régalent. Le repas est agrémenté d’une petite bouteille de blanc du Menetou-Salon Morogues que Denis nous sort de « derrière les fagots ». Nous faisons son affaire à un pain entier.
M.jpg)
Nous partons ce samedi en direction de la marina de Puerto Restinga, quelques milles nous séparent de cet endroit et nous les faisons toujours avec la houle, vent arrière de surcroît!
A notre arrivée, j’ai l’agréable surprise de voir une marina toute neuve, avec des catways et des commerces. Le marinero qui nous accueille est tout sourire, cela me réconcilie avec les espagnols qui, en général, ne sont pas chaleureux.
Je déchante un peu lorsque celui-ci nous explique qu’il n’y a pas moyen d’avoir de branchement électrique n’y d’eau. Bon! C’est toujours mieux qu’à Estaca!
M.jpg)
Nous nous pressons de faire nos achats pour le week-end.
Lorsque je m’affaire aux fourneaux, je constate une panne de gaz au milieu de la cuisson de nos merveilleux poissons perroquets. L’opération remplacement de la bouteille est loin d’être simple. Les réserves de gaz sont dans le coffre arrière sous une tonnes de bric à brac. Il faut tout retirer avant de pouvoir brancher une bouteille neuve. C’est rageant lorsque l’on a une faim de loup comme mes hommes!
M.jpg)
L’après-midi nous partons faire une longue ballade vers la réserve de l’île. Charles ne pense pas aller trop loin et ne met pas ses chaussures. Les roches volcaniques sont assez coupantes, ses pieds souffrent, alors il nous abandonne en chemin. Nous le retrouvons plus tard dans un petit bar où il a la gentillesse de nous offrir une bière.Nous trouvons un restaurant
(La
iega orga) qui nous offre la connexion internet et c’est dans cet endroit fort sympathique que nous passons notre soirée en buvant du vin pays et des calamars. Le patron est très courtois, le sourire toujours aux lèvres et j’ai presque droit au baise main à notre sortie.Dimanche matin Charles ne tient plus en place, il voit s’installer des pêcheurs à la ligne un peu partout. L’envie de montrer ce qu’il peut faire le prend. Il enfile ma combinaison, sort le fusil et plonge.

Très peu de temps après je le vois revenir avec un beau perroquet de 280g et un magnifique sar à grandes lèvres de 430g. Il est tout excité de cette première plongé seul et repart aussitôt.
Nos voisins de ponton, des espagnols, nous interpellent en nous faisant comprendre qu’il est interdit de pêcher dans le port!
Au même moment j’entends Charles m’appeler, il demande que Denis vienne l’aider.
Je vois surgir juste à côté de lui, l’aile d’une Raie Manta .Sur le coup je ne sais pas ce que c’est , j’imagine autre chose vu son énervement et l’impression de stress que j’entends dans sa voix.
Je presse Denis , celui-ci enfile sa combi et plonge sans son fusil, après avoir hésité à le prendre. Grand bien l’en prit!
Il aide Charles qui ne sait plus quoi faire.
La Raie est allongée dans le fond, sur le dos avec la flèche plantée dans la tête mais plus attachée au fusil.
Il nous expliquera plus tard que celle-ci s’est cassée immédiatement après l’impact.
Denis plonge pour récupérer sa flèche, il faut qu’il descende au moins six mètres en apnée.
Il saisit le fil de la flèche et tire dessus, la Raie monte avec elle, puis se décroche et retombe dans les fonds.
Denis décide de laisser la bête où elle est, ils reviennent au bateau.
En même temps, un inspecteur de la réserve arrive vers moi et commence à rouspéter en espagnol, je comprends à peu prêt ce qu’il veut dire et je commence à nous excuser en lui expliquant que nous ne savions pas la législation du port.
Rien ni fait, ni Denis ni Charles n’arrivent à le calmer. Il veut le fusil! Il veut le passeport! Enfin le grand jeu! Finalement Charles lui montre sa carte d’identité en se gardant bien de la lui donner. Un autre inspecteur arrive et prend en photo du fusil. Ils n’ont pas vu les poissons que Charles à pêcher, heureusement!
Nous sommes convoqués le lendemain pour des explications, j’ai bien peur d’une amende sévère, enfin nous verrons bien. La joie d’avoir tiré un Raie est partie, surtout que Denis nous explique qu’ il ne faut pas tirer ce genre de poisson, les raies Manta sont rares et protégées. Un sentiment de culpabilité nous envahit.
Nous espérons que cette bête a pu se relever de sa blessure!
Dans l’après-midi, nous faisons une promenade vers l’autre côté de Restinga, mais nous nous enfonçons dans un no man land caillouteux et nous faisons demi tour en repassant par le centre de la ville.
Le soir Charles se propose de cuisiner sa pêche, il a pêché, il a vidé, il a nettoyé ses poissons et maintenant il va les faire cuire et les manger!!!
Je suis interpellée le lendemain matin par un marinero vers les 8 heures. Nous sommes convoqués au poste, je suppose que c’est pour l’histoire de Charles. Au même moment nos voisins humanitaires prennent le large, le marinero à beau leur crier qu’ils sont convoqués eux aussi, ils nous font des signes d’adieu an criant « CIAO!!!! ».
Leurs séjours ne leur aura pas couté un centime, c’est tant mieux pour eux, mais je me demande s’ils ne vont pas être poursuivis par la police maritime.
Je vois une vedette sortir du port à vive allure, mais soupçons seraient ils confirmés?
Les hommes partent donc à leur convocation, au bout d’un moment je vois revenir la vedette avec une grande barque de pêche amarrée sur son bâbord. Cette barque est remplie d’africains.
Nous assiston
s, en directe, au triste
spectacle, d’un sauvetage d’immigrés clandestins. L’histoire n’est pas gaie! Nous sommes là, sur le quai, impuissant devant tant de détresse, de misère. L’émotion nous envahit. Quoi faire? Que dire? Juste assister à ce débarquement de pauvres hères presque mourants. Les secours se pressent, ils sont efficaces! Nous saurons plus tard, en lisant le journal qu’ils étaient 123 à bord. Qu’ils naviguaient depuis 20 jours, assoiffés, déshydratés, épuisés, ils erraient depuis une semaine au large sans trouver leur chemin.Le bilan provisoire est de deux morts et quatorze dans un état critique.
Sur une photo que Denis a prise, nous constatons l’indifférence de certaines personnes. Le contraste entre la mort et la vie est stupéfiante!
Cette image ne nous quittera pas avant longtemps, nous y pensons et repensons encore.
Nous avons loué une voiture pour la journée, alors c’est en traînant le pied que nous partons pour notre excursion. A près ce que nous venons de voir, l’amusement n’ai pas au goût du jour.
Cette île est très belle, un côté aride et un côté vert. P
eut être commençons nous à être trop habitués à ces paysages somptueux, ou sommes nous encore sous le choc émotionnel de ce matin? En tout cas nous n’apprécions pas à sa juste valeur les paysages que nous offre El Hierro. De plus le couperet d’une amende possible est suspendu au dessus de nos têtes, tout cela contribue au sentiment de quitter vite cette île.M.jpg)
La ballade est pourtant très belle, nous visitons le sanctuaire de la señora de Los Reyes, patronne de l’île, puis les falaises de El Golfo aux panoramas époustouflants et vertigineux.
M.jpg)
Le
midi nous nous arrêtons par hasard dans un petit restaurant à Frontera « El restaurante Joya Belgara » au décor intérieur fait de plantes vertes et au patron chaleureux. La paella n’est pas aussi bonne qu’il le prétend mais nous passons un grand moment dans la joie et la bonne humeur retrouvée.La patronne nous fait rire lorsqu’elle nous dresse la table. Avant de poser les assiettes sur la table, elle souffle dedans en postillonnant, ce qui nous met dans un état d’hilarité contagieux. Denis l’imite à la perfection!!
M.jpg)
Nous continuons notre route sur Valverde ( capitale de l’île) en essayant de prendre contact avec le loueur pour laisser la voiture ce soir au lieu de demain. Nous avons hâte de quitter El Hierro, pour toutes les raisons que je viens d’invoquer et aussi parce qu‘un coup de vent est annoncé.
M.jpg)
La chose étant faite, nous prenons le bus qui nous ramène sur Restinga. Nous prenons la météo dans notre petit restaurant internet et c’est vers 9 heures, après avoir mis Harmonie en état de naviguer que nous prenons le large pour une nuit de navigation vers Tenerife, Las Galletas.
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