vendredi 1 novembre 2013

Eté 2012

Eté 2012:
Thèmes : La méditerranée

Encore une fois, nous retrouvons Lorient avec grand plaisir, Pierrick et Hervé nous attendent à l'aéroport.
Nous assistons à l'arrivée d'Alazado






Puis à la Volvo Race










Charles et Marie sont chez moi encore pour quelques jours avant de partir faire une saison de relevage des vignes près de Cognac.

Le temps gris de Lorient nous incite à voyager hors de la Bretagne.

Les journées passent très vite, nous sommes attendus près de Auch où Ludovic et sa petite famille ont loué un gîte pendant leur séjour en France.

Pour nous y rendre nous passons par La Rochelle puis chez Michel et Brigitte avant de faire un petit détour par Cognac à l'endroit où Charles a stationné son camion. Il s'est mis à la pêche!



Deux jours avec Ludo, Hayley et Chloé, un régal! Les environs sont vraiment très sympas à pieds comme à vélo.











Nous profitons d'être dans cette partie de la France pour aller faire un petit coucou à Claude et Daniėle qui habitent Sarlat. Nos hôtes sont exceptionnels, ils tiennent absolument à nous faire visiter leur magnifique région qu'est le Périgord noir. Nous sommes béats d'admiration devant tant de beaux villages, les habitants ont su garder l'âme de leur habitat. Plus beau l'un, plus beau l'autre, nous nous promettons de revenir plus longtemps une prochaine fois.



















Sur le chemin du retour nous visitons le chantier de l'Hermione à Rochefort.

Juste le temps de refaire nos valises à Lorient avant de prendre l'avion, direction la Corse. L'équipage d'Artémis nous invite pour une croisière de Propriano ( Corse) à Ciutadella ( Baléares, Minorque), en faisant une halte en Sardaigne.







Nous ne voyons pas grand chose de la Corse, je le regrette car je ne connais absolument pas cette île qui m'attire depuis des années.

Nous restons deux nuits en Sardaigne, les paysages de la côte nord ouest sont vertigineux, nous faisons une longue balade pour visiter la grotte de Neptune et ses alentours. L'eau est émeraude, comme il serait bon de nous poser ici un moment!









Mais l'objectif pour le capitaine est de traverser au plus vite vers les Balėares. Nous constituons deux équipes pour les quarts. Jean Pierre-Eva et Denis et moi. La première journée se passe bien, un bon petit vent fait avancer Artemis à bonne allure puis dans la soirée la houle se forme et nous voilà chahutés jusqu'à l'arrivée à Mahon. Nous trouvons un endroit pour nous abriter, les prévisions météo sont alarmistes, le vent va souffler fort. C'est ainsi en Méditerranée.




Au début les Calas (criques) de Minorque nous déçoivent un peu en comparaison de ce que nous avons vu en Sardaigne. Mais petit à petit, le littoral commence à se découper. Les Calas enserrent le bateau, elles sont très étroites et parfois le mouillage devient épique.















La dernière escale est à Ciutadella, nous ne nous lassons pas d'arpenter son centre piétonnier.













Le voyage en bateau est terminé, nous rentrons vers la France en sachant que l'été n est pas encore arrivé à Lorient :(

Heureusement, nous avons nos amis et avec l'association nous faisons quelques sorties, vers Moëlan, chez Aimé, à la pêche aux coques à Gavres etc...
                                   
                                                   Le long du Blavet





Chez Aimé









Il faut déjà repartir vers l'île de Batz où nous sommes attendus par Alain et Sabine qui ont loué une villa vue sur mer.

Les vélos accrochés à l'arrière de la voiture, nous prenons la direction de Roscoff. La Citroën est garée à Roscoff et nous prenons le bac pour l'ile de de Batz où nous séjournons une semaine. Ballades, vélo, pêche rythment nos journées. L'eau est froide mais les hommes mettent tout leur cœur pour nous ramener du poisson, les combinaisons de plongée sont obligatoires.

À peine rentrés à Lorient, Pierrick nous dépose à la gare le 4 septembre, direction Orly pour prendre un avion le lendemain. Un ami de Denis nous a demandé de l'aider à convoyer son bateau d'Athènes à El Kantaoui, Tunisie.

5 septembre: après une très courte nuit à l'hôtel Agil d'Orly nous prenons l'avion direction Athènes. Denis a réservé une chambre au Best Western. Nous faisons un grand repérage de la ville pendant 5 heures, en passant par l'Acropole. La température est élevée, nous rentrons épuisés. Petit tour le soir sur la place Exarchion, nous ne sommes pas loin de la faculté, les jeunes écoutent de la musique, il y a foule.

6 septembre: Nous repartons pour une grande visite de l'Acropole qui est beaucoup plus impressionnant que les différentes images vues auparavant.




















La chaleur est écrasante, j'imagine que cela doit être pire en plein été. Heureusement des petites fontaines sont à la disposition des touristes et nous pouvons nous reposer sur des bancs en pierre protégés du soleil par de grands murs. Denis a acheté un livre sur Athènes, les descriptions de ce que nous voyons nous aident à mieux comprendre l'histoire des différents peuples qui ont participé aux nombreuses constructions et rénovations de ce lieu magique, malheureusement aussi de ses nombreuses destructions.

Petit tour en métro vers le Pirée. C'est le grand port qui se trouve près d'Athènes et c'est de là que partent tous les ferries pour les Cyclades. Nous devons y prendre le nôtre pour rejoindre Pierre Yves le lendemain.

7 septembre: Un jour particulier pour moi, je fête mon année d'abstinence. Direction le port, malheureusement il n'y a plus de place sur le ferry de 14h, nous devons donc attendre le bateau de 17h30. C'est vers l'île de Poros que nous nous dirigeons sur un aéroglisseur. PY nous attend, nous découvrons la " Chora" de l'île de Poros. PY m'explique que dans ces îles toutes les capitales prennent le nom de l'île et les habitants les appellent  "Chora".







Nous découvrons PylAnn, Bénéteau Océanis de 46 pieds. Petit tour du propriétaire avant d'aller faire une ballade au soleil couchant vers le point culminant de Poros. Toujours ses fameuses ruelles blanchies à la chaud, bordées de figuiers et de bougainvillées. Le spectacle est magnifique, le ciel nous offre sa parade de couleurs du soir. PY nous emmène dîner dans une taverne, " le Platanos", poivrons, fetas et calamars grillés puis cochon de lait à la broche, sous un immense platane qui recouvre entièrement la terrasse.

Il faut nous réhabituer au clapot du bateau, l'endormissement est difficile à cause de la chaleur et des mouvements de PylAnn.

Nous décidons de rester une journée à la marina, pour nous habituer au bateau, faire les courses et décider quelle option prendre pour la navigation, en effet, les prévisions météo ne sont pas bonnes, le vent va être fort pendant quelques jours, force 7 à 8.

8 septembre: nous partons du port de Poros vers18h pour Nenion un petit mouillage calme tout près de Poros. Que la nuit est douce, plus de bruit, juste ce qu'il faut pour être en forme en vue de la navigation qui nous attend.













9 septembre: navigation de Poros à Kythnos 45 milles nautiques, vent force 7, très grosse houle, PY est malade très rapidement, l'amarinage est difficile, nous perdons le capot du feu de navigation avant du bateau et à moitié  chemin, la grand voile se déchire sur 60 cm, les hommes l'affalent et nous ne naviguons plus qu'avec petit bout de génois aidés du moteur, il reste encore 20 Mn à parcourir. En entrant dans les toilettes, je m'aperçois que la douche est en position ouverte, les coups de butoir des vagues sur la coque du bateau ont fait tomber le pommeau de douche sur le robinet qui s'est ouvert et l'eau s'est écoulée doucement. Résultat, nous nous retrouvons avec une seule cuve d'eau douce :(

Après 7 h de navigation nous arrivons enfin sur notre lieu de mouillage, dans l'île de Kythnos, baignade bien méritée et petit repas préparé par mes soins, côtes de porc et pommes de terre sautées.

Une nuit de réparation nous est salutaire.












10 septembre: vue les circonstances, il nous faut un endroit ou nous puissions réparer la grand voile et faire le plein d'eau, nous partons donc en direction de Seriphos à 20 Mn de là. Vent arrière, mer croisée, 25 à 30 noeuds de vent, une horreur! Cette allure ne me convient pas du tout, j'attrape rapidement un gros mal de tête. PY décide de faire une halte au mouillage de Mega Livadhi pour déjeuner tranquillement, le vent souffle encore très fort, la baignade prévue ne tente personne, nous reprenons donc la mer pour aller vers le seul port de l'île et y faire nos réparations.

Lim.Livadhi, nous mouillons au centre de la baie sans venir au quai, le vent est trop puissant pour que nous puissions nous y amarrer. Il faut attendre que tout se calme. nous

Nous mettons l'annexe à l'eau pour visiter ce petit coin, mais c'était sans compter sur notre malchance. Impossible de démarrer le moteur de l'annexe, Denis prend le relais mais rien y fait, alors démontage du moteur, contrôle du carburateur, de la bougie. La réparation prend plus de temps que prévu. Enfin le Mercury 4 cv démarre.

18h: nous sommes à terre, cela fait un bien fou! Un bon jus de fruits à la terrasse d'une taverne. Le vent souffle toujours aussi fort, je croise les doigts pour que notre retour sur PylAnn se passe bien car autrement ramer avec le vent dans le nez ne va pas être du gâteau.











La nuit est bien mouvementée, les rafales de vent atteignent les 37 nœuds, houlala! Heureusement pour nous notre ancre est bien accrochée, nous sommes perplexe, nous scrutons le plan d'eau, le vent n'a pas l'air de vouloir mollir. Patience, il nous en faut, nous voyons des voiliers essayer de venir se mettre au quai sans y arriver. Un bateau quitte le port et revient deux heures plus tard avec son mât cassé et les voiles à l'eau.

Heureusement en fin d'après midi le vent baisse un peu. PY décide d'aller nous mettre quand même au quai. Les manœuvres de mes deux hommes se passent à la perfection, des grecs nous aident pour les amarres. Nous y sommes, ouf!

Vite, nous prenons le premier bus pour aller tout la haut sur la colline visiter la Chora, le cœur de la ville, les maisons et les ruelles encore et encore blanchies à la chaud. De minuscules passages ombragés nous mènent  vers l'église qui se tourne vers la mer. La majorité des habitations sont fermées, est ce parce que c'est abandonné ou est ce des maisons de vacances? C'est par ce qu'il est l'heure de la sieste!

Je surcharge mon appareil photo d'images, c'est tellement beau!

Nous décidons de redescendre à pieds et nous laissons PY à l'arrêt de bus car ses genoux le font beaucoup souffrir.

Nous ne regrettons pas cette ballade d'une heure. Le paysage aride de cette partie de l'île est de toute beauté.

Retour au bateau, Denis se remet au travail sur le moteur de l'annexe pendant que PY  fait le plein de carburant de Pylann et moi le ravitaillement en produits frais.

Malheureusement malgré tous ses efforts, Denis n'arrive à rien, nous décidons de faire appel à un réparateur demain.

Une pensée toute particulière pour mon Titou qui faite ses 24 ans aujourd'hui, joyeux anniversaire mon chéri!









12 septembre: un aller retour chez le mécanicien pour les garçons, moteur sous le bras

Une bougie toute neuve et un petit nettoyage spécial du moteur et le voilà reparti, il est tout neuf!

Le Meltem a disparu, nous faisons le voyage vers Sifnos en grande partie au moteur. PY nous emmène vers le nord ouest de l'île, dans un petit mouillage bien abrité. Denis et moi profitons de cette halte pour faire une nage jusqu'à la plage, quel calme! 

Nous devons trouver un endroit encore mieux abrité pour réparer la grand voile, nous partons donc vers Vathi au sud de notre position.

Nous nous amarrons à un magnifique quai, tout neuf dans cette petite bourgade de l'île de Sifnos. Il n'est plus l'heure de faire des réparations aussi nous allons faire un tour sur la grande plage où nous rencontrons un couple de français installés ici depuis 15 ans. Ils nous donnent des renseignements utiles sur notre prochaine escale, petit arrêt dans un restaurant pour prendre un verre et capter internet.

13 septembre: la matinée est bien remplie pour tout l'équipage. PY et Denis s'affaire à la réparation de la grand voile et moi je profite d'avoir de l'eau à volonté pour un nettoyage des équipés. Nous finissons notre labeur vers 14h, la grand voile est réparée et remise en place, déjeuner rapide et en route pour Milos.

Nous avons quelques problèmes au lancement de la grand voile, elle se met en coquetier sur la partie haute. Après bien des essais, elle se remet toute seule en bonne position. La navigation se fait malgré tout au moteur, nous avons une mer d'huile, le spectacle est magnifique, les nuages se reflètent sur la mer, c'est assez irréel comme sensation.

Nous arrivons en début de soirée à Milos en passant devant deux rochers en forme de chien a l'entrée de la baie. Nous longeons le village de Klima célèbre pour secs maisons aux balcons peints de toutes les couleurs et ses garages á bateaux qui font son originalité. Au port de Milou, nous sommes à quai, électricité à volonté. Un bonheur pour moi, je vais pouvoir recharger mes appareils qui en ont bien besoin. Nous trouvons un loueur de voiture pour visiter l'île le lendemain.

14 septembre : levés de bonne heure, une longue journée nous attend. Notre véhicule est une fiat panda, pas terrible mais nous ferons avec, 30 la journée et l'essence est à 1,97 le litre!

Nous faisons plusieurs haltes pour visiter aussi bien le littoral que l'intérieur.


























Tout d'abord, Tripiti avec son théâtre et ses catacombes puis Plaka, chef lieu de l'ile où nous faisons l'ascension de la colline jusqu'aux ruines du Kastro qui a été construit pour la protection du village contre les pirates. Nous ne pouvons malheureusement pas visiter la cathédrale Korfiatissa, car nous tombons sur un enterrement, nous écoutons néanmoins les chants qui s'élèvent de la nef, émouvant! La Plaka est composée de petites ruelles blanchies à la chaud comme la Chora de Serifos, nous passons également voir la copie de la Venus de Milo au musée de l'archéologie. Nous prenons la direction de Polonia et  pouvons admirer un site de baignade pittoresque entre deux parois rocheuses.

Arrêt déjeuner dans une taverne de poisson ( Kapetan Nicolaos) starters et moussaka, devant le petit port qui abrite les barques de pêcheurs mouillant dans la baie. Un bac assure la liaison avec l'ile de Kimonos, juste en face.

Nous traversons l'ile dans l'autre sens en passant par des routes qui ne sont en aucun cas carrossables, nous souffrons d'être autant chahutés. Cette partie de l'ile a des paysages très contrastés, tantôt boisés et riants, tantôt désertiques et austères. Les falaises sont ocres rouges et jaunes.

Par endroit nous traversons d'immenses étendues creusées par les bulldozers, nous passons de l'éblouissement à la consternation. Plusieurs vallées entières sont complètement mises à nu pour extraire la roche qui donne du ciment. Ces chantiers énormes défigurent cette si belle île, des milliers d'hectares perdus pour qui? Pourquoi? Les collines sont arasées, je pense que les gardiens de chèvres ne reconnaissent plus leur environnement naturel.

Mais malgré tout nous sommes sous le charme de ce coin des Cyclades et nous nous promettons d'y revenir.

Retour vers Milou, avitaillement, et petit arrêt au café d'en face pour internet. Nous partirons demain matin de bonne heure, une longue route nous attend. Nous allons vers Malte en faisant deux arrêts au sud du Péloponnèse. Donc deux jours pour ces deux mouillages puis 3 ou 4 jours pour la traversée vers Malte. Cela fera 7 jours sans faire d'approvisionnement car il n'y a pas de grandes villes au sud du Péloponnèse.

Voilà, fin des Cyclades! À nous Malte!


6 heures du mat, le réveil sonne! Drrrrrring! Le capitaine est déjà debout, le moteur tourne, branle bas de combat, une longue navigation vers le Péloponnèse. Le vent n'est pas au rendez vous, le moteur tourne une bonne partie de la journée, nous arrivons même à déjeuner dans le cockpit, steak tartare préparé par PY.

Vers la fin de l'après midi, avant le cap Malée, sans crier gare le vent se lève d'un coup. Nous prenons un ris puis deux, puis trois et le génois est à moitié enroulé. Malgré tout cela Denis doit prendre la barre, le bateau part au lof. Denis a beaucoup de mal à maintenir le bateau, le vent monte de plus jusqu'à 40 nœuds, force 8, nous frisons le 9, nous sommes devant la cap Malée, pour la petite histoire, c'est ici, dit on qu'Ulysse se perdit en mer, et fut poussé vers la terre des Lotophages.

" J'aurais pu rentrer tranquillement a la maison, cette fois, mais lorsque j'arrivai prés de Malea, le courant m'emporta en mer et une forte brise du nord me prit et m'emmena au delà de Cythere" l'Odyssée.

Les marins appellent ce cap, le petit cap Horn.

Note de l'IMRAY: dicton: {si tu passes Malée, oublie ton pays}

Impressionnant! Cela me rappelle de mauvais souvenirs lors de notre arrivée à Luis Correa au Brésil.

Nous longeons les côtes du Péloponnèse en espérant que le vent tombe au mouillage. Ce qu'il fait, mais cela ne dure pas longtemps, juste pour nous permettre de dîner sereinement puis nous voyons de gros nuages se rapprocher et des éclairs illuminer le ciel sans étoile. Un vrai feu d'artifice, des zébrures de tout les côtés, le baromètre descend en flèche, le vent remonte à 35 noeuds, nous scrutons l'écran de contrôle pour voir si le bateau bouge sur son ancre, cela n'a pas l'air d'être le cas. Nous tenons, enfin pour l'instant! La nuit promet d'être longue si cela ne se calme pas.












Le spectacle est pourtant beau, la lumière de l'orage arrive à transparaître à travers les nuages, cela fait une drôle d'impression.

Nous nous demandons si la foudre va nous épargner. L'ambiance à bord est comme le temps, électrique, nous sommes tous plus ou moins énervés. PY ne dors pratiquement pas de la nuit, il faut dire que le vent monte crescendo, jusqu'à 46 nœuds relevés au petit jour.

16 septembre: bonne fête Didite

Il fait encore bien noir lorsque je me lève, l'orage est toujours présent mais le vent tombe doucement. La bateau a bien tenu.

Nous levons l'ancre sous la pluie en espérant aller vers le soleil.

Nous ne faisons qu'une petite nav vers Porto Kayo, environ 20 Mn, une bonne partie au moteur faute de vent, c'est le comble!

Porto Kayo est un minuscule petit village avec quand même au minimum trois tavernes et une mini supérette, nous arrivons avec le soleil mais il se voile en milieu d'après midi.

Petite sieste pour tout le monde, il faut nous remettre de nos émotions.

Pour nous dégourdir les jambes avant la longue traversée qui nous attend, nous faisons une longue ballade vers le monastère puis vers la pointe sud de la baie.

Je me demande comment font les habitants pour rester dans un endroit aussi aride, loin de tout. Ils ne sont pas connectés au monde, pas de liaison internet. Juste une minuscule supérette pour le minimum vital.

Par contre le peu d'âme que nous rencontrons se montre d'une exceptionnelle gentillesse.

Pour ma fête et avant d'être enfermés dans le bateau pour quelques jours nous décidons d'aller dîner chez Maria, le repas n'est pas aussi fabuleux que je m'y attendais, pourtant nous avons une belle dorade coryphène. Par contre la note est salée. La crise ne fait en rien baisser les prix.

17 septembre: Nous levons l'ancre à neuf heures, nous passons le cap Tainaron au moteur puis aussitôt le cap nous touchons un vent entre 15 et 17 nœuds au près serré.


La journée s'écoule lentement au rythme du bateau, voile puis moteur et voile, préparation du déjeuner (poulet basquaise), sieste, écriture, lecture vidéos et jeux.

Le premier quart est assuré par Denis de 21h à minuit, suivi par PY de minuit à 3h et en dernier Edith de 3h à 6h.

Mais, même en repos, nous ne dormons pas beaucoup, nous sommes sur un rail (paquebots croissants notre cap) et devons rester prêts à intervenir, nous devons également mettre souvent le moteur car les batteries  se déchargent très rapidement. Je constate que PylAnn a un gros problème d'énergie.

18 septembre:









À 10h, heure française, nous sommes au 35°51.060 N et 19°54.557E, distance parcourue, 132Mn, notre vitesse est tombée à 4 noeuds, nous faisons route au 268° pour un vent d'ouest de 13 noeuds (grand voile et génois).

Les cargos, comme par enchantement, disparaissent de notre vue dés le lever du jour.

Nous sommes au ralenti, le bateau et l'équipage. Vingt-quatre heures de mer et nous comptons déjà les heures qui nous restent.

Rien à signaler, déjeuner, les restes de la veille avec des pommes de terre en robe de chambre, sieste, lecture, jeux et vidéos, dîner, PY nous concocte une recette bulgare faite de fromage blanc, de concombres, d'ail et de pistaches.

Un magnifique coucher de croissant de l'une nous souhaite bonne nuit. Les quarts reprennent au moteur toute la nuit, le brouillard se lève au quart de Denis et lorsque je me lève à 3 h, je me retrouve dans un environnement bizarre. Pas un souffle de vent, le brouillard sur l'horizon et la nuit sans lune. Que le bruit du moteur et de la baume, cela donne la chair de poule.

19 septembre:

Les hommes sortent le matériel de pêche, nous croisons un gros flotteur de filet de pêcheur qui a du être trainé jusqu'ici. En dessous nous apercevons une multitude de poissons, demi-tour pour tenter de les attraper avec notre ligne de traîne. Pas de chance, cela sera pour une autre fois, les poissons ont sûrement vu notre manège!

10h45: position: 35°52.145 N, 17°16.067 E, distance parcourue 259 Mn, vitesse au moteur 5,4 noeuds, route au 274°, reste à faire, 135Mn.

Déjeuner: salade de chou rouge, pâtes à la carbonara, salade de fruits

Dîner: salade de poulpe, pâtes aux champignons, salade de fruits

20 septembre:

Dans la nuit, je me réveille en sursaut croyant entendre Py me dire que c'est mon quart, je suis complètement perdue, Denis est sur le pont, il n'est que 23h45, j'ai encore plus de trois heures à dormir. Nous restons quand même un moment ensemble pour un café.

Le début de mon quart de 3h du matin se passe bien jusqu'à ce que j'aperçoive au loin, de plus en plus de feux de cargos. Je passe un long moment à les observer dans le noir, je ne comprends pas bien ce qui se passe. Ils sont de plus en plus nombreux au fur et à mesure de notre approche. J'hésite, je ne sais pas comment fonctionne le radar de PylAnn, jattends puis je me décide à réveiller Denis, de toute façon son temps de repos est presque terminé.

Lui non plus n'arrive pas à déterminer, dans un premier temps, les trajectoires de ces dizaines de cargos. Le radar allumé nous indique qu'ils sont en stationnement. C'est impressionnant de voir tous ces échos sur le radar. Le jour se lève, nous pouvons voir de visu cette immense aire d'attente. De loin, les bateaux semblaient très proches les uns des autres mais en réalité ils gardent une bonne distance entre eux. Le premier que nous passons est un gazier de GDF. Nous traversons toute la zone tranquillement.

Tous les cargos sont vides, leur ligne de flottaison est haute. Il y en a au moins une cinquante étalés sur plusieurs milles. Les questions sont nombreuses: pourquoi sont-ils là? Attendent-ils du fret? Ont-ils des instructions précises pour attendre ainsi? Est ce l'effet de la crise? Questions sans réponses



























Nous arrivons à l'entrée du port de la Valette à 11h, ponton visiteur, 86 plus notre consommation d'énergie. Aie! La douloureuse, nous ne resterons qu'une nuit et pour l'instant direction la station de bus pour aller visiter la vieille ville.

Nous pouvons nous installer confortablement dans les fauteuils du Royal Malta Yatch Club pour nous connecter à internet, car malheureusement nous ne captons rien sur PylAnn.  La salle est climatisée, le serveur parle anglais. Après avoir donné des nouvelles à nos proches, consulté nos mails nous partons vers le centre à la découverte de La Valette. Nous demandons des renseignements à une passante, elle parle un anglais parfait, je sais que les Maltais pratique cette langue dans la haute société, un reste de la longue occupation de l'île par les anglais.

Je suis déjà venue ici dans les années 90, mais mes souvenirs étaient en dessous de l'impression de grandeur que donne  cette citée. Des ruelles étroites avec de hauts bâtiments anciens. De nombreuses habitations sont ornées d'images de la vierge. Des églises sont construites dans pratiquement chaque rue, des niches avec des statues de saints pratiquement á chaque carrefour et des points de vues sur la mer à couper le souffle tout autour des remparts. Il faut dire que la ville à été le siège de l'ordre religieux de Saint Jean (ordre de Malte) pendant presque 3 siècle.

Nous admirons, les peinture au plafond de l'église St. Jean, le jardin de "Upper et Lower Barrakka", la Cloche géante commémorant les morts de la seconde guerre mondiale, la construction du nouveau théâtre ( du moderne au milieu de l'ancien). Les rues et ruelles montent et descendent, les jambes sont à l'épreuve après ces quelques jours passés sur le bateau, mais c'est avec un large sourire que nous prenons le chemin du retour. Pour ma part, j'adore cette ville, pour une si petite île, l'architecture est monumentale, toute son histoire est y est inscrite.

Ce soir,  l'équipage est fatigué, pendant notre absence, PY a eu quelques petits problèmes techniques, la résistance du ballon d'eau chaude est hors service, Il a fait plusieurs magasins pour la remplacer, en vain. La seule boutique pouvant lui procurer une pièce de rechange était déjà fermée. De plus samedi 21 est un jour férié ici, c'est l'anniversaire de l'indépendance, donc il ne pourra réparer qu'en Tunisie.

Tout le monde au lit pour récupérer. Demain visite de Rabat, au cœur de l'île.

21 septembre:

Lever matinal, direction la station de bus que nous avons prise hier, le transport en bus est ridiculement bas sur Malte, 2,60 pour un ticket qui nous permet de voyager n'importe où et toute la journée. Ce premier bus nous emmène au cœur de La Valette, puis nous en prenons un autre pour Rabat. Sur notre chemin nous longeons sur plusieurs kilomètres un aqueduc en pierre qui sépare la la zone en deux.

Mdina, c'est le cœur historique de la ville de Rabat, la capitale ancienne avant La Valette, les Maltais n'hésite pas à rénover et embellir leur patrimoine.


























Comme à La Valette, nous trouvons ici de magnifiques demeures en pierre et de superbes  églises qui servent aussi de tombeaux pour les chevaliers de Malte et les nombreux prêtres et archevêques qui ont officié dans ces lieux. Le sol est recouvert de stèles décorées avec les noms et dates des défunts.

Les plaques des rues sont en faïence, et les calèches donnent à cette ville un air pittoresque.

Nous sortons de Mdina pour nous diriger vers le cœur de Rabat, PY et Denis sont venus ici en 2005 et connaissent un restaurant qui leur a laissé un bon souvenir. Rabat n'a rien à envier à La Valette, pour ma part, je la préfère, car elle est plus petite, pas de circulation de voitures ou très peu et le concentré d'architecture est impressionnant.

Nous trouvons la cathédrale St. Paul. À  l'intérieur, des personnes préparent une cérémonie de mariage, des fleurs blanches lui donnent un air de fête.

Le fameux restaurant, " Le Grotto" se trouve sur la place, cuisine française et maltaise. La patronne nous accueille avec un large sourire, PY se rappelle à son bon souvenir. Malgré la superstition du marin nous mangeons du lapin et Denis des paupiettes, tout cela est excellent, notre hôtesse nous dépanne même de lait et d'eaux gazeuses qui nous font défaut.

Nous ne trainons pas, PY veut absolument reprendre la mer dans la journée. le temps de rentrer à bord et de régler le port nous ne serons pas partis avant 17h.


Direction Blue Lagon, mouillage et lieu touristique sur l'île de Comino. Petite île ente Malte et Gozo. Comme nous arrivons en fin d'après midi, il n'y a que quelques bateaux.

22 septembre:

Le soleil se lève sur Comino, la beauté de ce lieu se révèle au soleil. Les fonds sont de sable blanc, ce qui donne cette couleur turquoise à la mer au fur et à mesure que la lumière s'y reflète. C'est une toute petite île, mais nous ne pouvons pas nous empêcher d'aller arpenter ses collines arides.















 Le soleil tape fort malgré l'heure matinale. Les locaux installé déjà les chaises longues et parasols en vue de l'arrivée massive des touristes. Le moindre espace est utilisé. C'est assez surprenant, comme il n'y a pas réellement  de plage, les commerçants installent leurs matériels sur des rochers, même en pente. Cela ne doit pas être très confortable!

Nous nous dirigeons vers la batterie de l'île. Encore une place forte qui culmine l'île. Belle vue sur Gozo et Malte. Les navettes et divers bateaux de transport affluent, c'est l'heure de pointe. Nous nous sauvons vite de cet endroit devenu un vrai boulevard.

Py nous emmène vers un endroit magique.












Dwejra, baie presque circulaire et protégé par le fabuleux Fungus Rock au milieu de l'entrée. L'endroit a un aspect plutôt menaçant avec ses hautes falaises tout autour. Fungus Rock doit son nom au type de moisissure qui y était autrefois recueilli pour ses propriétés médicinales, peut être pour des pansements antiseptiques ou pour une potion aux propriétés antibactériennes.

Mais le summum de la visite est l'arche qui se trouve dans la baie juste à côté.  Majestueuse de hauteur et d'ouverture, elle fait le plaisir des touristes et des plongeurs. À son pied, une grande fosse très profonde permet aux plongeurs expérimentés de pratiquer leur sport dans de très bonne condition.

Le mouillage est rouleur et donc bruyant, le ressac frappe la falaise et le bateau va au gré de cet éternel va et vient. La nuit est mouvementée, impossible de fermer l'oeil. La fatigue commence à s'accumuler.

24 septembre:

Dernière longue navigation en direction de la Tunisie.

Distance à parcourir, 393 Mn. La journée sous voiles se passe bien mais quand vient le soir, le vent se lève et la houle se forme. Pendant le quart de Denis je n'arrive pas à me reposer tellement le bateau donne du gîte. Un hublot de ma cabine n'a pas été correctement fermée et je me reçois un bon bol d'eau de mer en pleine figure. Pas terrible pour recouvrer le sommeil.

Nous naviguons au près, lorsqu'il est temps de prendre mon quart, je n'ai qu'une seule envie, c'est de fermer les yeux. Le soleil est long à se lever. Les garçons sont également épuisés. Nous devons souvent mettre le moteur en marche car l'énergie à bord nous fait défaut.

Nous passons devant l'île Linosa.

En fin de matinée nous approchons des côté de la Tunisie. Le mausolée de Monastir sert d'amer. Plus nous nous rapprochons et plus le vent devient chaud. À quai cela devient même insupportable. Les autorités nous disent que cela fait plusieurs jours maintenant que le vent du désert souffle sur la ville. Une mince pellicule de sable recouvre tout. Les bateaux à quai ont une couleur uniformément sable, les véhicules aussi.

Petit tour vers la médina en passant visiter le Mausolée de la famille Bourguiba

Les tensions qui ont eu lieu la semaine dernière entre les arabes et la France ne se ressentent plus. Sauf peut être un petit peu lors de notre visite au Mausolée.

Sur notre ponton, les gens se connaissent bien apparemment, ils sont là depuis un bout de temps et cela rend cette escale très sympathique.

Nous faisons la connaissance d'un jeune couple, Mathilde et Nicolas, de supers bricoleurs qui sont à Monastir pour une année, le temps de remettre leur bateau en état.

Enfin une longue nuit calme! En plus le vent à changer de direction et nous apporte une petite brise rafraîchissante.

Je suis assez déçue par cette ville qui est connue dans le monde entier. Nous étions tellement enchantés de notre voyage au Maroc en 2009! Rien d'exceptionnel, donc, pour cette partie de la Tunisie.

25 septembre:

PY veut absolument faire un approvisionnement de poisson, Monastir en a un fabuleux, paraît-il.

Nous y allons de gaieté de cœur, car notre envie de poisson va crescendo.

Toutes les variétés  y sont. Les marchands crient fort pour qu'on les remarques. D'énormes thons, des soles, rougets,  requins,  dorades,  calamars etc...sont sur les étales.

Tout donne envie!

Les prix sont hors compétition, ici la vie n'est vraiment pas cher.

J'ai oublié mon appareil photo, dommage!

La chaleur est grande,  les odeurs de poissons en plus, il nous faut nous désaltérer.

Notre premier thé à la menthe, j'ai encore plus soif après, il est délicieux mais un peu trop sucré pour moi.

Py est ravi, les cabas sont remplis, nous pouvons rejoindre PylAnn. Au déjeuner, tartare de thon, prépare par le capitaine, tout simple, avec seulement du sel du poivre et un filet d'huile d'olive, un délice!

Mathilde m'offre un café, ce qui nous permet de faire plus ample connaissance. Je lui laisse des bouquins mais malheureusement il est temps de partir. El Kantaoui est à 15 Mn, bien entendu, pas de vent le moteur tourne encore et encore.

El Kantaoui, la manœuvre pour l'amarrage est délicate, la place de PylAnn est dans un angle de quai, mais le capitaine connaît bien son bateau est la manœuvre est parfaite.

Jolie marina, très touristique, rien à voir avec Monastir. Première impression, ça me plaît.

Nous partons vers la plage, une  très grande plage de sable blanc avec des parasols en paille. Puis nous nous dirigeons sur le côté nord à la recherche d'un hôtel pour le reste de notre séjour.

Une longue marche qui nous fait passer devant un zoo et un parc d'attraction. Cela grouille de touristes. Cette avenue est bruyante, les hôtels de ce côté sont extrêmement chers. Nous renonçons et faisons demi-tour vers le bateau.

PY est à bord, il nous concocte un assortiment de poisson, tartare de thon, crevettes, rougets et calamars. Le repas est digne d'un quatre étoiles.

Nous captons internet grâce au restaurant qui se trouve à côté du bateau, le restaurant les Émirs, merci à eux!

Une bonne nouvelle pour nous, Py nous dit que nous pouvons rester à bord une journée de plus, donc nous aurons toute la journée de demain pour nous dégoter un hôtel. Nous avons décidé de rester sur El Kantaoui, les plages nous plaisent et nous avons envie de profiter du confort, tels qu'une grande salle de bain avec de l'eau chaude, des wc ou l'on ne se cogne pas et un grand lit qui ne roule pas, avant notre retour en France.

Fin

Notre séjour sur PylAnn est terminé. Nous passons les trois jours restants à l'hôtel El Hanna au bord de la mer. L'endroit est luxueux avec piscine et bon service, le tarif pas du tout élevé. Par contre, internet n'est capté que dans le halle d'entrée et il n'y a qu'une seule chaîne de télévision française.

Malgré les conditions de vent peu favorable, nous avons apprécié notre convoyage, cela nous a permis de connaître encore un peu plus la méditerranée et d'en apprécier sa richesse, avec un skippeur d'une grande générosité. Merci Pierre-Yves.

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