TENERIFE
C’est seulement le samedi 11 octobre que nous reprenons la mer, avec grand enthousiasme.
Enfin le bon air du large, je déchante un peu car la houle ne nous quitte pas et le vent nous fait tourner en bourrique. La petite vitesse du bateau permet la pêche d’une bonite qui nous fera au moins deux repas. Nous apercevons un petit groupe de dauphins, mais ils ne viennent pas jouer avec nous.
C’est seulement le samedi 11 octobre que nous reprenons la mer, avec grand enthousiasme.
Enfin le bon air du large, je déchante un peu car la houle ne nous quitte pas et le vent nous fait tourner en bourrique. La petite vitesse du bateau permet la pêche d’une bonite qui nous fera au moins deux repas. Nous apercevons un petit groupe de dauphins, mais ils ne viennent pas jouer avec nous.
Un deuxième groupe un peu plus tard passe près du bateau et plus tard, juste avant d’arriver à Santa Cruz de Tenerife, nous voyons arriver à bâbord une famille de grands dauphins, impressionnants de majesté dans leur déplacement.
Sur le ponton, nous attendent Richard, dit le Merlan du bateau Marie Alice et son acolyte du bateau Jomandy en partance pour le Cap Vert.
Sur le ponton, nous attendent Richard, dit le Merlan du bateau Marie Alice et son acolyte du bateau Jomandy en partance pour le Cap Vert.
Le bateau amarré à coté de nous, Maranatha, abrite une famille de jeune français avec leurs deux jeunes enfants, Alex, Véronique, Mariana et Paul, ils ont pris une année sabbatique et vont jusqu’aux Antilles.
Le dimanche nous flânons dans Santa Cruz, ville très décevante, sale, aucune âme. Nous tombons sur un défilé pour la fête nationale, lamentable!!! Quelques groupes disparates et des musiciens jouant faux de surcroît!
En rentrant, nous apercevons Xara au ponton, cette vision me donne du baume au cœur, la journée ne se terminera pas si mal que ça!!
Je croise Floriane aux douches du port, ils sont arrivés aussi, génial ! Nous sommes comme des adolescents qui retrouvent leurs copains, pourtant nous les connaissons à peine.
Nous allons prendre des nouvelles de Christian et Martine, leur demander comment s’est passé leur voyage jusqu’ici. Nous racontons le nôtre et nous finissons la discussion sur leur pont devant un verre.
A notre retour sur Harmonie, nous rencontrons un brestois qui vient d’arriver, et un peu plus tard, dans la soirée un autre français. Le port se rempli peu à peu de nos compatriotes.
Lundi, nous allons aux nouvelles de nos proches via internet, manque de chance pour moi, tout le monde travail et je n’arrive à joindre personne, je laisse donc des messages en espérant pouvoir les appeler avant notre départ pour un autre port.
En rentrant, une belle surprise nous attend. Denis pensait pouvoir faire un petit somme, cela est vite réglé.
Il y a quelque chose d’anormal sur le pont, mais je ne sais pas encore à quoi servent tous les nables de pont (orifices pour remplir les réservoirs). En regardant celui de tribord, je vois un truc bizarre, marron et très odorant. J’interpelle Denis, qui commençait à s’endormir : Viens voir, il y a quelque chose de suspect sur le pont!!
Mort de rire, pas vraiment! Aie, aie, aie!! L’évacuation des toilettes est bouchée, et pour les connaisseurs, sur un bateau, c’est la cata!
Je vois son visage changer de couleur, en plus c’est de ma faute, j’ai jeté des lingettes dans les WC, sans savoir les risques.
Denis commence par essayer de vidanger le réservoir à eaux noires par l’intérieur : pas bien!
Une grande quantité de vous savez quoi, s’écoule dans les fonds sur les trois quart du bateau, une odeur pestilentielle envahit aussitôt Harmonie. Comme dit l’expression, nous sommes dans la m… jusqu’au cou, la nausée monte dans ma gorge.
Nous réfléchissons comment faire, Alex du bateau voisin vient à la rescousse. Il a une petite pompe. Sans trop y croire, Denis tente le coup, et nous entendons un petit flop sous le bateau! Miracle, cela se débouche, nous voyons nos tracas s’enfuir dans la mer!
La journée n’est pas finie pour autant, lavage du réservoir, puis des fonds qui contenaient une multitudes de choses. Les vestes rangées dans la placard des toilettes sont souillées aussi. Un travail énorme, il faut absolument retirer toutes les odeurs et désinfecter l’ensemble. Puis vraiment en fin d’après-midi, lorsque tout est rangé, c’est à notre tour de passer au désinfectant.
Je dois ici, tirer mon chapeau à Denis, il est resté stoïque, pas une remarque, pas une critique à mon encontre, pourtant il y avait de quoi être furax, donc , merci à toi mon tendre Denis pour ta patience.
Nous avions prévu un petit apéro sur notre pont avec les deux français, et le couple de Xara, nous sommes prêts juste à temps, les odeurs ont disparues!
Jacques de ZEN, arrive et nous discutons de bateau, bien entendu. Le temps passe et personne d’autre n’arrive! Comme il connaît le propriétaire de GIN FIZZ, il se propose de voir pourquoi il n’est pas là. A son retour, il nous explique que Gérard, c'est son prénom, était au téléphone avec les parents d’une de ses élèves, celle-ci venait de décéder suite à un accident. Triste nouvelle! Nous avons un petit moment de vide!
Christian et Martine ne viennent pas non plus! Dommage! Ils devaient nous dire s’ils partageaient la voiture que nous louons demain.
Après cette journée, forte en émotion le sommeil est salvateur.
Mardi, départ 9h 30, Denis nous a loué une voiture.
Le temps est au beau, nous partons à l’assaut de El Teide. Sur notre route nous nous arrêtons à San Christobal de la Laguna au nord-ouest de Santa Cruz.
Nous trouvons également de nombreux édifices baroques. A l’intérieur les patios fleuris et les galeries en bois ouvragé ravissent nos yeux.
Nous aimons visiter les églises et ici nous tombons sur « San Francisco Real Santuario Del Santisimo Christo de la Laguna ». L’intérieur d’une antichambre est recouverte de fresques originales noires et orange, assez intimidantes ma foi.
Nous reprenons notre route car nous devons être en bas du téléphérique pour 14h, la visite du Teide est réglementée pour ceux qui désirent monter jusqu’au sommet. C’est notre cas et nous avons du, la veille, faire des démarches pour avoir le permis d’escalade. Nous ne savions pas ce qui nous attendait!
Nous empruntons donc la route montagneuse menant au Teide, Sommes nous bien aux Canaries? La végétation est aussi dense que dans les Vosges, à la seule différence, en plus des sapins il y a des eucalyptus.
André Breton disait de lui :
« Teide admirable, prends ma vie! Tourne sous mes mains rayonnantes et fais miroiter tous mes versants. Je ne veux faire avec toi qu’un seul être de ta chair, de la chair des méduses, qu’un seul être qui soit la méduse des mers du désir. Bouche du ciel en même temps que des enfers, je te préfère ainsi énigmatique, aussi capable de porter aux nues la beauté naturelle que tout englouti. » .JPG)
Il faut nous restaurer avant d’entamer cette ascension. Nous nous arrêtons dans un restaurant, La OROTAVA, au croisement des routes à EL PORTILLO, où la vue sur la vallée est imprenable!
Nous sommes au pied de « La caldera (chaudière) de Las Canadas Del Teide », une des plus vastes coulée de lave du monde. C’est un immense étendue où les couleurs, allant du blanc au noir, du violet au rouge, nous submergent de tant de diversité.
Nous arrivons au départ du téléphérique, il se trouve à 2356 m d’altitude et nous percevons déjà la fraîcheur de la montagne. Les pulls sont les bienvenus! Il ne faut pas avoir le vertige pour prendre ce téléphérique, il monte un dénivelé de 1199 m.
La sensation est forte! Mais le paysage majestueux occupe toutes nos pensées.
Arrivés au terminal du téléphérique, nous commençons notre ascension pour nous hisser 200 m plus haut et atteindre le sommet à 3718m.
Après quelques mètres, Denis étant, comme d’habitude, parti en passant la cinquième! (lol!) , j’aperçois un garde demandant les permis. Je le crie à Denis, qui ne l’a pas vu et ne m’écoute pas.
Nous nous engageons donc sur le sentier menant à un panorama mais pas au sommet et seulement là Denis est bien obligé de constater que nous n’avons pas pris le bon sentier.
Arrivés au terminal du téléphérique, nous commençons notre ascension pour nous hisser 200 m plus haut et atteindre le sommet à 3718m.
Après quelques mètres, Denis étant, comme d’habitude, parti en passant la cinquième! (lol!) , j’aperçois un garde demandant les permis. Je le crie à Denis, qui ne l’a pas vu et ne m’écoute pas.
Eh, hop, demi tour, nous retrouvons notre garde qui prend les permis et notre véritable ascension commence.
Les cardiaques s’abstenir! 200 m de dénivelé, pour atteinte El Pilon (le sommet) à 3718 m.
Les cardiaques s’abstenir! 200 m de dénivelé, pour atteinte El Pilon (le sommet) à 3718 m.
Cette montée est pour moi un calvaire.
Fumeuse, mes poumons manquants d’oxygène, j’ai le cœur qui s’emballe. Fort heureusement, j’arrive à le réguler très vite, je m’arrête souvent, je respire lentement pour ré oxygéner mes muscles et enfin la récompense est là!
Je suis sur le sommet de la plus haute montagne d’Espagne. Moi qui ne suis pas très fière lorsqu’il n’y a pas de protection du vide, je me laisse séduire à monter sur le dernier rocher d’El Pilon.
Féerique!
Les nuages n’arrivent pas à me gâcher le spectacle, des fumerolles nous envoient leurs odeurs sulfureuses, nous mettons nos mains à leur sortie, c’est brûlant, les guides disent que ces vapeurs peuvent atteindre les 90°.
Nous restons un long moment, nos esprits rêvent, nos pressions disparaissent, nous ne pensons plus à rien! Juste à regarder cette nature si majestueuse.
Mais il est l’heure, il faut songer à la descente, le téléphérique ne nous attendra pas.
Je garderai un souvenir impérissable de cet endroit, il est à jamais gravé dans mon cœur.
Nous descendons vers le sud, en passant nous admirons les monolithes de Roques de Garcia.
Denis veut s’arrêter à la Playa de Las Galletas, Pour repérer notre prochaine escale, nous prenons les renseignements nécessaire à notre arrivée.
Au retour nous nous arrêtons au centre commercial avant Santa Cruz « Carrefour ». Il y a vraiment tout ce que nous ne trouvons pas habituellement, et nous en profitons pour acheter quelques gâteries.
Le lendemain nous sommes à l’ouest! Est-ce l’effet de l’altitude d’hier? Toujours est-il que nous passons la journée à dormir, manger et préparer nos récits.
Le soir venu, nous sommes invités par Jacques sur son bateau ainsi que Gérard.
Cela fait du bien de se retrouver en société, les discussions vont bon train, et les anecdotes marines fusent de tous les côté, sauf du mien. Mais qu’à cela ne tienne, je leur en met plein la vue avec ma connaissance œnologique. Ils ne pensaient pas qu’une femme pouvait parler pendant des heures d’un sujet, qui habituellement est censé être réservé exclusivement à la gente masculine.
De l’apéritif nous passons à la pizza, et la soirée se termine avec une certaine hilarité dans l’air. Heureusement notre bateau n’est pas loin, nous nous laissons bercer par le léger roulis d’Harmonie.
Nous devions partir ce matin mais Denis profite de la grasse matinée et cette journée s’écoule encore sereinement jusqu’à notre retour du point informatique, les toilettes ne fonctionne plus. Cette fois c’est la pompe, après démontage, nous nous apercevons que l’arrivée d’eau de mer ne passe plus. Le sel a formé un énorme bouchon, plus de peur que de mal.
Nanou, ma cousine me téléphone pour me donner des nouvelles de France.
Elles ne sont pas bonnes, les français commencent à retirer l’argent épargné, et elle s’inquiète pour mon patrimoine, moi qui suis si loin. Merci ma cousine chérie de tant de sollicitude, je t’aime.
Nous avons également réfléchi pour savoir comment nous allons nous organiser pour l’arriver de Charles dans une quinzaine de jour et de celle de Nathalie et de Stéphane que devront théoriquement nous rejoindre vers le 15 novembre.
Après le repas du soir, nous sommes conviés à rejoindre Gérard sur son bateau, il y a là trois autres bretons, Charles, Dan et Loul, les discussions arrosées vont bon train sur l’économie actuelle.
Nous partons le vendredi 17, pour Las Galletas, vers 10 heures, non sans avoir salué nos voisins, Steve et Hilary sur Modestine, Franck et Floriane sur Australe.
Le moteur est de rigueur ce matin , pas de vent, pendant une heure nous allons à petite vitesse, la houle est encore là! Puis petit à petit, le vent commence à monter et Denis lance le Solent. C’est vent arrière que nous filons à 7-8 nœuds avec un vent qui monte jusqu‘à 25 nœuds, l’attention est grande, la houle nous malmène.
Mon estomac tient le coup, je ne suis pas malade, je commence à avoir le pied marin, Denis va s’allonger et je me met à penser.
Je ne m’ennuie pas, j’observe la mer, la côte. Je suis heureuse! J’aime l’océan, j’aime naviguer! Je m’amuse à sentir Harmonie sous mes pieds, c’est une valse à mille temps que nous joue la mer, nous la suivons, nous l’anticipons!
Oui, je me sens en Harmonie!

A plat ventre sur la proue du bateau, je vole au-dessus des vagues, Harmonie monte très haut et redescend en glissant, je suis les mouvements du bateau, il m’emmène vers des sensations et des plaisirs incommensurables.
Quelle belle navigation, des moments comme ceux là, j’en demande et redemande.
Las Galletas
Ce samedi nous avons décidé de nous reposer, petit tour en ville pour internet, restaurant où nous dégustons une lotte entière arrosée d’un petit vin blanc local savoureux, moment tendre et intense de sincérité.
Le dimanche nous faisons un peu de PMT, mais le temps est maussade, la mer pas très chaude et les poissons nous font la tête.
Par contre les fonds sont beaux par ici, il y a du corail et les variétés de poissons nombreuses.
J’ai des problèmes avec mon ordinateur portable, j’ai du me choper un virus à ma dernière connexion et je n’arrive plus à entrer en mode normal. C’est vraiment pas de chance, après mon téléphone, c’est au tour de mon ordi, j’espère qu’il va pouvoir tenir jusqu’à la fin du séjour, en espérant trouver une solution sur internet.
Le dimanche se passe tranquillement, nous faisons la connaissance des propriétaire de Tana, Colette, dite Coco et de Gérard, dit Gégé, des vendéens en partance pour les Antilles. Coco a habité vers Languidic, le fief de mon père et connait mon oncle Gérard, maire d’Hennebont.
Le monde est vraiment petit, ils vont aussi comme nous vers La Gomera avant de poursuivre leur périple.
Nous essayons une dernière fois de trouver cette fichue boulangerie dont Coco m’a vanté le pain, impossible, tant pis cela sera pour une autre fois.
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