La Gomera
Lundi 20 Octobre
Je me lève de bonne heure pour préparer Harmonie à cette traversée pour La Gomera, il faut tout vérifier, tout attacher et ranger, préparer la grand voile.
Les pleins sont faits, nous voilà parti pour 27 milles.
Il n’y a pas de vent, c’est encore pire que tout, pas un brin, nous mettons le moteur, nous suivons de près Tana, ils sont partis 10 minutes avant nous.
La moitié du chemin se fait au moteur avec encore de la houle. Après avoir passé la pointe de Tenerife, le vent se met à souffler. Denis après avoir largué la grand voile, lance le Solent.
Mais le vent monte toujours plus fort, et il décide d’enrouler le Solent pour lancer la trinquette.
Harmonie gîte sur bâbord d’ une façon un peu excessive pour moi. Le vent monte parfois jusqu’à 25 nœuds et nous sommes au prés serré, alors les sensations sont fortes, il faut que je m’accroche pour rester en équilibre, le stress monte.
Il finit par venir et prend un ris dans la grand voile, ouf la vitesse est toujours aussi importante mais la navigation plus confortable.
C’est maintenant que je me rends compte qu’Harmonie est un bateau spécialement conçu pour la vitesse.
Nous arrivons au port de La Gomera avec un longueur d’avance sur Tana qui lui a fait le trajet au moteur contre le vent.
M.jpg)
Un marinero nous installe le long du quai en attendant l’ouverture des bureaux à16 heures. Peu de temps après nous avons notre place serré comme des sardines entre deux bateaux. La manœuvre est hasardeuse, les pare-battage en prennent un coup, tout le monde est sur le qui-vive! Enfin tout ce passe bien, nous ne sommes pas trop mal installés. Après le nettoyage du bateau et de nos personnes nous allons à l’exploration de San Sebastian de La Gomera. Les rues piètonnes sont toutes en longueur, quelques belles maisons nous montrent leur facade, les portes de l’église sont ouvertes en grand, laissant les rayons du soleil frapper les fresques, étonnant!
M.jpg)
Denis qui connait un peu cette ville me montre la promenade du port, endroit un peu sauvage à l’écart du bruit et de l’agitation du centre.
En fin d’après midi, Denis décide de bricoller la trinquette qui a tendance à se cintrer. L’étai n’est pas assez tendu. Ma force est mise à l’épreuve, il faut soulever la base de l’enrouleur pour pouvoir atteindre le système de réglage de l‘étai. Ensuite harnaché comme un alpiniste, Denis me refait le coup de Tarzan.
M.jpg)
Je le hisse en haut du mât pour qu’il puisse régler le haut de la trinquette.
On dirait qu’il a fait cela toute sa vie, j’aime mieux le savoir sur le pont d’Harmonie qu’en haut du mât qui se balance avec la houle.
Le lendemain nous partons avec une voiture de location pour une exploration de l’île, le temps est au beau fixe et nous pensons passer une excellente journée. Nous prenons la route à l’inverse de celle conseillée par les guides, c’est-à-dire, la côte est.
La route est sinueuse et nous offre des vues époustouflantes. M.jpg)
M.jpg)
Malheureusement plus nous montons et plus les nuages nous entourent, la visibilité se réduit. Malgré cet inconvénient, nous nous arrêtons pour visiter le site du parc national de Garajonay, la végétation est dense avec ses pins et ses lauriers, il y a selon les guides un peu plus de 400 espèces végétales différentes. M.jpg)
C’est étonnant, des bus entiers amènent des touristes qui viennent visiter cet endroit.
Tout le monde est en admiration contemplative devant cette forêt, mais moi, je doit admettre que cela ne m’émeut pas outre mesure. Nos forêts de France sont, je trouve, beaucoup plus belles. Il faut dire que sur les Canaries, c’est rare d’avoir cette végétation surtout lorsqu’on regarde les îles les plus à l’est comme Lanzarote et son absence de végétation.M.jpg)
Nous descendons vers Valle Gran Rey où Denis m’offre un succulent repas. Mon choix se porte sur des calamars frits à la sauce Roquefort, le tout servi avec des morceaux de pêche et d’ananas, arrosé avec un blanc de la région, le Roque Cano, un délice!
Après ce copieux repas, il faut absolument éliminer, nous décidons de remonter dans la montagne pour visiter le plus haut sommet de l île, « l’Alto de Garajonay » à 1470 mètres.
Les conditions météo ne sont pas terribles, et je ne suis pas très bien équipée pour une ascension sous la pluie. Denis me prête gentiment sa veste, et moi je lui donne mon pull. Je suis morte de rire, cela le cintre, nous avons l’air de deux clowns, mais qu’à cela ne tienne, nous nous lançons dans cette montée bénéfique pour notre organisme.
Le vent souffle en rafales, la pluie cingle nos visages, le froid nous engourdit le bout des doigts et tout cela pour arriver au sommet sans aucune visibilité sur le paysage alentour.
La bonne humeur est quand même là, nous rions de cette purée de poix, le bonheur est là!
Un gardien, qui garde je ne sais quoi, dort dans sa petite cabane, quel métier! Il ne doit pas voir grand monde par ici.
M.jpg)
Nous rentrons par le sud en traversant Playa Santiago, les montagnes sont différentes, nous retrouvons les paysages désertiques des Canaries avec ses falaises striées aux couleurs minérales de toute beauté et une vue splendide du port de San Sebastian, où Harmonie nous attend.
Grâce à notre voisin de ponton, nous avons su que dans ce port, un allemand habitant sur son bateau vend des amplificateurs récepteurs wifi.
En effet, cette marina nous offre la connection à internet mais pas la puissance ni la qualité. Denis décide donc de faire appel à ses services pour avoir une connection correcte, les tarifs ne sont pas prohibitifs, il nous demande 98€, pour l’achat et l’installation. J’en profite pour lui demander s’il peut faire quelque chose pour mon ordi qui ne s’allume plus qu’en mode sans échec et ne me permet plus d’aller sur internet. Il me réinstalle Vista et en deux heures tout fonctionne à nouveau normalement. J’avais bien peur de rester sans mon ordi jusqu’à la fin de mon séjour! Il me demande 24€ pour cette réparation salutaire pour moi. Je peux à nouveau contacter Justine et Charles qui vient d’arriver à Lyon chez sa soeur.
Cela fait un bien fou de les voir et de les entendre par MSN.
Le jour suivant notre ballade en voiture, nous sommes invités sur Tana. Coco et Gégé nous reçoivent commes des rois. Nous bavardons comme de vieux amis, ils nous racontent leur rencontre et surtout leurs voyages autour du monde. Nous nous promettons de nous écrire car nous partons le lendemain pour La Palma.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire